Loïk Le Priol
militant d'extrême droite français
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Loïk Le Priol, né le à Athis-Mons, est un militant d'extrême droite français. Il est condamné en à quatre ans de prison, dont deux avec sursis, pour avoir torturé un ancien président du Groupe union défense (GUD) en . Il est aussi mis en cause comme co-auteur dans l'assassinat du rugbyman argentin Federico Martín Aramburú le à Paris.
| Naissance | |
|---|---|
| Nom de naissance |
Loïk Frédéric Marie Le Priol |
| Nationalité | |
| Domiciles |
Brest (- |
| Formation | |
| Activités |
Entrepreneur (depuis ), fusilier-marin, militant politique |
| Père |
Denis Le Priol (d) |
| Membre de |
Groupe union défense (années 2010) |
|---|---|
| Arme |
Marine nationale (- |
| Unité | |
| Grade militaire |
Quartier-maître (depuis ) |
| Condamné pour | |
| Distinctions |
Biographie
Famille
Loïk Le Priol est issu d'une famille d'extrême droite : son père, Denis Le Priol, ancien parachutiste au 17e régiment du génie parachutiste de Montauban, responsable de l'Union nationale des parachutistes et propriétaire d'une boutique de réparation de Jeep militaires, a été proche de la Fédération d'action nationale et européenne (FANE) ; l'une de ses sœurs fut responsable Île-de-France du Renouveau français, mouvement national-catholique[1].
Carrière, militantisme et premières affaires de violence
Début de carrière dans l'armée
Loïk Le Priol s'engage à l'École des mousses en 2010. À la sortie de cette école, il est affecté dans les fusiliers marins. Désireux d'intégrer les Forces spéciales de la Marine nationale, il réussit le stage commando et devient commando marine. Il est affecté au commando de Montfort, ce qui l'amène à participer à des opérations extérieures au Mali à partir de 2013. Sa participation aux combats au Mali lui vaut d'être récompensé par deux citations[1],[2],[3]. Selon Le Point, il aurait participé à des opérations d'élimination de chefs djihadistes au Mali entre 2013 et 2015[4]. Son casier judiciaire mentionne une condamnation pour violences en 2013[5].
Il écope de deux sanctions disciplinaires en 2014 et 2015 pour avoir commis une négligence dans l’observation d’une consigne ou d’une prescription, puis pour avoir enfreint sciemment un règlement militaire ou une consigne[6].
Acte de violence allégué à Djibouti
Selon Marianne, en mission à Djibouti en 2015, il aurait frappé et étranglé une prostituée à Arta, ce qui a conduit la France à verser 350 000 francs Djibouti (l'équivalent de 1 700 €) en guise de réparation, à l'État djiboutien[2],[7],[8]. Selon Mathieu Molard, rédacteur en chef de StreetPress, « l'armée française a payé pour le tirer d'affaire et il a échappé à une condamnation »[9],[5].
Retour en France et militantisme
Il est rapatrié en 2015 en raison d'un trouble de stress post-traumatique, selon Var-Matin[3].
De retour en France, il milite au sein du syndicat d'extrême droite Groupe union défense (GUD)[1], dont il serait devenu un des leaders selon le site antifasciste du Réseau d'étude, de formation et de lutte contre l'extrême droite et la xénophobie (REFLEXes)[2]. D'après Le Point, depuis son retour de mission en 2015, il fréquente les milieux d'extrême droite « quasiment à plein temps » et poursuit pendant un temps une relation avec l'une des filles de Frédéric Chatillon, ancien militant du GUD proche de Marine Le Pen[4].
Entrepreneuriat
En , il lance avec sa compagne de l'époque, Louise Boucher[10], la marque de vêtements « Babtou Solide Certifié », visant un public identitaire[11] (le mot babtou est obtenu par inversion des syllabes de toubab, un terme utilisé en Afrique de l'Ouest pour désigner les Blancs d'ascendance européenne[12]). Des personnalités d'extrême droite comme Julien Rochedy ou Christian Piquemal en font la promotion[11]. L'entreprise est radiée du registre national du commerce et des sociétés en . Le Priol se lance ensuite comme revendeur indépendant pour une société de ventes multiniveaux[2], puis rejoint l'entreprise de réparation et de location de Jeep militaires de son père[13].
En , il apparaît aux côtés de son ami Romain Bouvier au volant d'un véhicule de l'avant blindé de l'armée française dans le clip La Zone du rappeur Ninho[4].
Affaires judiciaires
Condamnation pour violences
En , son ami Romain Bouvier et lui, ivres, agressent à coup-de-poings américains et de gaz lacrymogène deux personnes de 19 ans qui se prenaient en photo devant la Jeep de Le Priol. Une des victimes se voit prescrire six jours d'interruption temporaire de travail. Bouvier et Le Priol sont condamnés en 2017 à une peine d'un an de prison avec sursis et à 2 000 € chacun pour le préjudice moral[à vérifier][4],[14],[15].
Affaire Édouard Klein
Le , avec la complicité de quatre autres personnes — Logan Djian alors chef du Groupe union défense (GUD), Romain Bouvier, Kleber Vidal et Geoffrey Le Noir[16] —, Loïk Le Priol humilie, tabasse et menace de mort Édouard Klein, ancien président du GUD. Dans la vidéo de la scène de violence, qu'il filme lui-même, on le voit déshabiller la victime, la frapper, et la menacer de le sodomiser en brandissant un couteau[1],[17],[18]. Pour ces actes de torture, Loïk Le Priol et Logan Djian sont mis en examen et placés en détention provisoire[19]. Après dix jours d'incarcération, ils versent chacun une caution de 25 000 € et sont libérés. Leurs cautions auraient été payées par la société Financière Agos d'Axel Loustau, un Gudard, et « une entreprise détenue par des proches de Djian, chargée de la propagande électorale de candidats frontistes lors des élections régionales de 2015 »[20],[21],[22].
L'enquête interne de l'armée lui vaut de perdre son contrat militaire en [3],[23]. Il en est renvoyé après deux ans d'arrêt maladie[5], « au motif de son implication dans des actes de violence graves, incompatibles avec l'état de militaire »[16].
Les cinq hommes sont renvoyés devant le tribunal correctionnel pour « violences volontaires aggravées » pour trois circonstances : en réunion, sous la menace d'une arme et avec préméditation. Le procès, maintes fois reporté, s'ouvre le [5],[16],[24],[25]. Le , Le Priol écope de quatre ans de prison dont deux fermes[26],[27] ; ses complices Bouvier et Djian sont condamnés à cinq ans de prison dont trois avec sursis, Vidal à trois ans sous bracelet électronique dont un avec sursis et Le Noir à deux ans de prison avec sursis[26].
Affaire du meurtre de Federico Martín Aramburú
Le , peu avant 6 heures du matin, Loïk Le Priol, pistolet à la ceinture[28], et Romain Bouvier, tous deux membres du Groupe union défense (GUD) et sous contrôle judiciaire — ils ont interdiction de se voir[26] — sont attablés à un bar parisien. Quelques tables à côté d'eux, sont installés le rugbyman argentin Federico Martín Aramburú et son ancien coéquipier néo-zélandais Shaun Hegarty, de passage dans la capitale française pour assister au match de rugby France-Angleterre du tournoi des Six Nations 2022.
Selon une reconstitution des faits par le journal sportif L'Équipe grâce aux vidéos de surveillance, une première altercation survient lorsqu'un client alcoolisé est remis en place par Le Priol. Hegarty intervient alors pour demander au militant de mieux parler à cet individu, ce qui donne lieu à une confrontation physique entre les deux hommes. Plus tard, Aramburú attrape Le Priol par la capuche et le fait chuter. Une bagarre éclate entre les deux, rapidement rejoints par Hegarty et Bouvier[28].
Les deux groupes sont ensuite séparés par les videurs du bar et repartent chacun de son côté. Au moment de partir, Le Priol s'écrit « Je vais le tuer, lui ! » et exhibe son pistolet ainsi qu'un brassard police[28].
Aramburú et Hegarty descendent le boulevard Saint-Germain et font halte dans un hôtel pour soulager leurs blessures. Quand ils sortent de l'hôtel, Le Priol et Bouvier les rejoignent dans une jeep conduite par Lyson Rochemir, la petite amie de Le Priol[29].
Bouvier est le premier à repérer les rubgymen sur lesquels il fait feu à quatre reprises, sans toucher personne. Le Priol arrive peu de temps après en courant et abat Federico Martín Aramburú de six balles dans le dos. Le rugbyman meurt sur les lieux du drame[30],[31],[32],[33].
Rapidement identifiés grâce à des témoins et des images de vidéosurveillance[34], les trois suspects de l'affaire sont tour à tour arrêtés, mis en examen et placés en détention provisoire. La conductrice de la jeep est interpellée le , mise en examen pour complicité d'assassinat et écrouée[35],[36]. Bouvier est appréhendé par la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) à Sablé-sur-Sarthe le [37], puis mis en examen pour assassinat et « détention d'armes » de catégories B et C et incarcéré à la prison de la Santé[38].
La cavale de Le Priol prend fin dans la nuit du 22 au lorsqu'il est contrôlé à la frontière entre la Hongrie et l'Ukraine au niveau du village de Záhony. Les autorités hongroises découvrent alors trois couteaux, un gilet pare-balles et un casque dans sa voiture[39]. En garde à vue, il leur indique qu'il a une formation militaire et qu'il souhaite combattre en Ukraine contre l'invasion russe[40]. Le , il comparaît devant le tribunal de Budapest qui annonce son intention de le remettre aux autorités françaises[41]. Le , il atterrit à l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle où il est placé en rétention judiciaire[42],[43] avant d'être présenté à la juge d'instruction chargée de l'enquête. À la demande de son avocat et du procureur de la République[44], l'audience se déroule à huis clos, pour préserver la sérénité des débats selon le parquet, et en raison « des menaces de mort [...] de la communauté basque, de l’extrême gauche et de l’ultragauche » qui pèseraient sur la famille de Loïk le Priol selon son avocat. À l'issue de l'audience, Loïk Le Priol est mis en examen pour assassinat et placé en détention provisoire en raison d'un risque de « réitération »[45].
En , Lyson Rochemir est remise en liberté sous contrôle judiciaire après neuf mois de détention provisoire, les deux autres principaux suspects restant détenus[46].
Des injures racistes et un mobile raciste sont avancés[47],[48].
En , le parquet de Paris requiert un procès pour assassinat contre Le Priol et Bouvier, et complicité pour Lyson Rochemir, qui conduisait le véhicule, et pour complicité, recel de malfaiteur et soustraction d’objet de preuve pour Antony Sorrentino, un ami de Romain Bouvier, suspecté de l'avoir aidé dans sa cavale, et d'avoir détruit ses habits et l'arme du crime[49],[50],[51]. Après qu'un arrêt d'appel est cassé par la Cour de cassation en raison de certaines contradictions relatives aux incriminations des principaux suspects de cette affaire[52], la cour d'appel de Paris décide en que les prévenus seront jugés par la Cour d'assises de Paris[53]. Le conseil de Le Priol, pour qui « il n’y a aucune preuve de la préméditation », devra notamment démontrer que le port d'une arme sans raison, les menaces après la bagarre et la poursuite des rugbymans ne constituent pas une préméditation de commettre un meurtre[53].
Le procès est prévu du 7 au [50].