Luc Charles-Dominique

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Luc Charles-Dominique, né le à Tiznit (Maroc), est un ethnomusicologue français.

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Luc Charles-Dominique
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Il est professeur émérite à l’Université Côte-d'Azur depuis 2020, et membre honoraire senior de l’Institut universitaire de France depuis 2013[1]. Il a reçu le Prix de l’Académie Charles Cros en 1986, 1987, 1988, 2005, 2007 et 2019. Il est médaillé de l’Université de Nice en 2013, 2019 et 2025. entre autres prix, il reçoit le Prix international de Musicologie Mahmoud Guettat (Tunisie) en 2018, les prix France Musique : sélections du Prix des Muses en 2019 et Claude Samuel en 2025., ainsi que le Prix de la Société française de Musicologie en 2025.

Champs d’études

  • Anthropologie musicale historique (personnage historique du « ménétrier », ritualisation de la vie sociale, politique et religieuse de l’ancienne France, symbolique du sonore, symbolique sociale, politique et religieuse des instruments de musique)[2].
  • Histoire critique de l’ethnomusicologie de la France (XIXe-XXe siècle),
  • Ethnomusicologie des musiques occitanes, en particulier de la tradition de violon en Gascogne,
  • Anthropologie de la patrimonialisation et des revivalismes musicaux.

Biographie

La carrière de Luc Charles-Dominique s’est articulée autour de deux axes, le premier dans le domaine de la pratique musicale et de l’action culturelle, le second dans celui de la recherche en ethnomusicologie et anthropologie et dans l’Enseignement supérieur[3].

Violoniste et hautboïste, Luc Charles-Dominique intègre en 1977 l’orchestre des Ballets Occitans de Toulouse et l’équipe permanente du Conservatoire Occitan de Toulouse (aujourd’hui Centre Occitan des Musiques et Danses Traditionnelles. La même année, il crée avec Claude Sicre le groupe Riga-Riga et intègre en 1982 le groupe Lo Jaç avec Claude Roméo et Jean-Claude Maurette. En 1985, il devient directeur musical du Conservatoire Occitan. En 1988, il crée la Couble des Hautbois du Conservatoire Occitan et cofonde le groupe Calabrun avec Pierre-Marie Blaja en 1995.

Entre 1979 et 2002, il participe à l’enregistrement de huit disques et grave un album en soliste, Musique des Violoneux de Gascogne. De 1985 à 1990, il assure la conception et la direction musicale de la collection Musiques et Voix Traditionnelles Aujourd’hui[4], coproduite par le Conseil Régional de Midi-Pyrénées et Radio-France (5 disques, dont le dernier est un double album).

En 1999, il devient directeur du Centre Languedoc-Roussillon des Musiques et Danses Traditionnelles (Montpellier). Il y crée, entre autres, la collection discographique « Atlas Sonore en Languedoc-Roussillon » (valorisation de la mémoire musicale régionale). En 2004, il assure la direction artistique du projet discographique « Bodega, bodegaires ! Anthologie de la cornemuse du Haut-Languedoc ». Enfin, il est à l’origine de la création du musée de la Musique du Centre Internacional de Música Popular de Céret (Pyrénées-Orientales), grâce à la donation par Heinz Stefan Herzka et Verena Nil de leur collection d’instruments de musique du monde.

Luc Charles-Dominique a inscrit son activité musicale dans le courant du folk music revival. Il a été administrateur de la Fédération des associations de musiques et danses traditionnelles jusqu’en 2004.

Luc Charles-Dominique est formé en anthropologie sociale et historique de l’Europe, au sein du Centre d’Anthropologie des Sociétés rurales de Toulouse (CNRS/École des Hautes Études en Sciences Sociales). Son cursus, sous la direction de Daniel Fabre, connaît une première période qui s’achève en 1986 avec son mémoire de l’EHESS sur le thème de la Corporation des ménétriers de Toulouse[5], puis une seconde, de 1995 à 2001, où il soutient son DEA et sa thèse de doctorat sur le thème Musiques de Dieu, Musiques du Diable. Anthropologie de l’esthétique musicale française, du Moyen Âge à l’âge baroque.

En 2005, Luc Charles-Dominique est nommé Maître de conférences en ethnomusicologie à l’Université Côte d’Azur, après avoir assuré, entre 1994 et 2005, de nombreuses charges d’enseignement en ethnomusicologie dans les universités Toulouse-Jean-Jaurès, Côte d’Azur, Lille III, François Rabelais à Tours, Paris-Sorbonne, Paul Valéry à Montpellier, au CESMD de Poitiers.

En 2008, il devient Professeur des Universités au sein de l’Université Côte d’Azur et membre senior de l’Institut universitaire de France en 2013. De 2010 à 2024, il a dirigé dix thèses d’ethnomusicologie[6]. Il a cofondé, en 2011 à l’Université Paris-Sorbonne, les Journées doctorales d’Ethnomusicologie. Enfin, en 2009, il a créé avec l’ethnomusicologue québécoise Monique Desroches un cadre d’échanges d’enseignements et de recherches entre l’Université Côte d’Azur et la Faculté de Musique de l’Université de Montréal.

Membre de la Société française d’ethnomusicologie depuis 1995, du comité éditorial des Cahiers d’Ethnomusicologie depuis 2013, il cofonde le Centre international de recherches interdisciplinaires en ethnomusicologie de la France en 2007. En 2008, il cofonde et codirige, aux éditions L’Harmattan, la collection Ethnomusicologie et anthropologie musicale de l’espace français, devenue en 2013 Anthropologie et musiques. Il est membre du Laboratoire interdisciplinaire récits, cultures et sociétés (Université Côte d’Azur) et membre associé du Laboratoire d’ethnomusicologie et d’organologie de l’Université de Montréal.

Recherches, travaux

Les recherches de Luc Charles-Dominique se situent en anthropologie musicale historique, en ethnomusicologie de la France et en anthropologie de la patrimonialisation musicale. Entre 1977 et 1989, il mène en parallèle une recherche ethnomusicologique de terrain sur les traditions populaires de violon en Gascogne, et réalise après 1990 de nombreux entretiens sur le thème de la patrimonialisation musicale en France.

C’est surtout à l’étude du personnage historique du ménétrier en France, du XIVe au XVIIIe siècle, qu’il s’est consacré depuis 1980 ainsi qu’au rôle joué par cette musique dans la ritualisation politique, sociale et religieuse française de ces époques[7]. Outre les modalités historiques d’association de ces musiciens (corporations, confréries, associations temporaires), Luc Charles-Dominique a étudié les modalités du jeu musical collectif des ménétriers[8], la facture de leurs instruments, le rapport de ces musiciens à l’oralité, ainsi que la symbolique sociale, politique et religieuse des instruments de musique et du sonore en général[9].

Ses recherches ainsi que le regard critique qu’il porte sur l’ethnomusicologie de la France des années 1930 à 1970 environ, ont incité Luc Charles-Dominique à adopter la théorie des transferts culturels, notamment dans son étude des interrelations entre les Roms[10], présents en Europe occidentale et en France depuis le début du XVe siècle, et les populations locales, en particulier les ménétriers[11]. Cette posture théorique en faveur de l’anthropologie musicale historique, il l’a théorisée notamment dans son projet de recherches de l’Institut universitaire de France, « Histoire générale et anthropologie des musiques populaires en France », qui a fait l’objet de deux ouvrages aux éditions Brepols : Les « bandes » de violons en Europe. Cinq siècles de transferts culturels. Des anciens ménétriers aux Tsiganes d’Europe centrale, 2018, 676 p. et Musiques et musiciens des fêtes urbaines et villageoises en France (XIVe-XVIIIe siècles), 2024, 1064 p[12].

Luc Charles-Dominique a publié environ 175 articles, chapitres d’ouvrages collectifs, comptes rendus, etc., dont un article dans The Cambridge Companion to French Music (2015) et la notice « France : History, Culture and Geography of Music » dans la Sage Encyclopedia of Ethnomusicology (USA, 2019). Il a réalisé 6 expositions et participé à de nombreuses émissions, parmi lesquelles Carnet de Voyage (France Musique), réalisée par Édouard Fouré Caul-Futy en 2015, sur le thème « Une ethnomusicologie de la France : entre histoire et mémoire ». Enfin en 2011, il a réalisé avec l’Université Côte d’Azur, la ressource filmique « 5 cours conférences d’ethnomusicologie »[13] d’une durée totale de 15 heures environ, traitant de l’anthropologie de l’organologie, des symboliques historiques du sonore, des musiques de la mort et de la patrimonialisation musicale en France.

Bibliographie

Ouvrages

  • 800 ans de musique populaire à Toulouse, Toulouse, Conservatoire Occitan, 1984.
  • Musique populaire en pays d’Oc, Toulouse, Loubatières, 1987.
  • Musiques et chants de la Révolution dans le Midi toulousain, Toulouse, Conservatoire Occitan, Comité Liberté Égalité Fraternité, 1989.
  • Les ménétriers français sous l’Ancien régime, préface de François Lesure, Paris, Klincksieck, 1994.
  • Musiques savantes, musiques populaires : les symboliques du sonore en France : 1200-1750, Paris, CNRS, 2006.
  • Les « bandes de violons en Europe : cinq siècles de transferts culturels. Des anciens ménétriers aux Tsiganes d’Europe centrale, Turnhout (Belgique), Brepols, 2018.
  • Musiques et musiciens des fêtes urbaines et villageoises en France (XIVe-XVIIIe siècle), Turnhout (Belgique), Brepols, 2024.

Direction d'ouvrages

  • Charles-Dominique Luc, Jérôme Cler (dir.), La Vocalité dans les pays d’Europe méridionale et dans le bassin méditerranéen, Actes du colloque international de La Napoule, mars 2000, Parthenay, FAMDT, 2002.
  • Charles-Dominique Luc, Pierre Laurence (dir.), Les hautbois populaires. Anches doubles, Enjeux multiples, Parthenay, FAMDT, 2002.
  • Charles-Dominique Luc, Yves Defrance (dir.), L’Ethnomusicologie de la France : de « l’ancienne civilisation paysanne » à la globalisation, Actes du colloque de Nice, nov. 2006, Paris, L’Harmattan, 2008.
  • Charles-Dominique Luc, Laurent Aubert (dir.), Mémoire, traces, histoire, édition des Actes du colloque de Nice Mémoire, traces et histoire dans les musiques de tradition orale (16-17 octobre 2008), Cahiers d’ethnomusicologie, n° 22, 2009.
  • Charles-Dominique Luc, Yves Defrance, Danièle Pistone (dir.), Fascinantes étrangetés. La découverte de l’altérité musicale en Europe au xixe siècle, Paris, L’Harmattan, 2014.
  • Charles-Dominique Luc, Denis Laborde (dir.), « Migrants musiciens », Cahiers d’Ethnomusicologie, n° 32, 2019.
  • Charles-Dominique Luc (dir.), « Couleurs sonores », Cahiers d’Ethnomusicologie, n° 34, 2021.
  • Charles-Dominique Luc, Raffaele Pinelli (dir.), Restitutions et patrimonialisations musicales : (re)lire les sources de la musicologie, Université Côte d’Azur (édition numérique), 2022.

Articles internationaux

  • « Traditional Music and its Ethnomusicological Study », The Cambridge Companion to French Music, edited by Simon Trezise, Cambridge University Press, 2015, p. 245-270.
  • « France : History, Culture and Geography of Music » dans la Sage Encyclopedia of Ethnomusicology, Sage Publishing, USA, 2019.

Discographie

  • 2000. Luc Charles-Dominique (Violon). Musique des violonneux de Gascogne. Titres : 1. Rondeau n°1 | 2. Ronsdeaux n°12 et n°7 | 3. Scottishes "la vague" et "rose de mai" | 4. Suite de 5 rondeaux #2 | 5. Suite de 2 rondeaux | 6. Rondeaux n°5 et n°17 | 7. Mazurka "la pimpante" | 8. Les 7 sauts | 9. Suite de 4 rondeaux #1. Label : Cinq Planètes. Code Barre 3521383401781
  • 1986. Le Conservatoire Occitan - Les cornemuses Vol 1 collection Musiques et Voix Traditionnelles Aujourd’hui
  • 1987. Le Conservatoire Occitan. La danse Vol 2 collection Musiques et Voix Traditionnelles Aujourd’hui
  • 1988. Le Conservatoire Occitan. Les Hautbois Vol 3 collection Musiques et Voix Traditionnelles Aujourd’hui
  • 1989. Le Conservatoire Occitan. Les Violons et les Flûtes Vol 4 collection Musiques et Voix Traditionnelles Aujourd’hui
  • 1990. Le Conservatoire Occitan. Les Voix Vol 5 collection Musiques et Voix Traditionnelles Aujourd’hui

Ressources en ligne

Conférences en ligne

  1. Anthropologie des classifications instrumentales ;
  2. Anthropologie de l’organologie ;
  3. Les symboliques du sonore en France au Moyen Âge et à l’âge baroque : de l’histoire sociale de la musique à l’anthropologie musicale historique ;
  4. Les musiques de la mort en Occident (étude diachronique et synchronique) ;
  5. La patrimonialisation des musiques dites « traditionnelles » en France, du xixe siècle à nos jours (l’ethnomusicologie de la France).

Ressources universitaires en ligne

Entretiens

Émissions radiophoniques

Références

Liens externes

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