Lucrezia Tornabuoni

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Lucrezia Tornabuoni
Portrait de Lucrezia Tornabuoni, attribué à Domenico Ghirlandaio,
National Gallery of Art, Washington D.C.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Domicile
Activités
Famille
Maison de Tornabuoni (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Père
Francesco Tornabuoni (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Nanna di Niccolo di Luigi Guicciardini (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Conjoint
Enfants
Blason
Œuvres principales
La ystoria della devota Susanna (d), Istoria di Ester (d), Vita di Tubia (d), Lettres (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Lucrezia Tornabuoni (ou Lucrèce), née en 1427 à Florence et morte le à Florence, est l'épouse de Pierre de Médicis et la mère de Laurent le Magnifique. Elle a également laissé une œuvre poétique.

Lucrezia Tornabuoni est née en 1427. C’est la fille de Francesco Tornabuoni et de Selvaggia Alessandri. Elle est issue d’une vieille famille de la noblesse florentine, les Tornaquinci, dont un des ancêtres, Giovanni Tornaquinci, participa à la bataille de Montaperti contre les Siennois en 1260[1]. Les Ordonnances de justice promulguées en 1292-1293 interdirent aux nobles d’accéder aux charges publiques, sauf s’ils renonçaient à leur titre de noblesse et changeaient de nom. C‘est ce que fit le grand-père de Lucrezia, Simone Tornaquinci, qui changea son nom en Tornabuoni. En 1444, Lucrezia épousa Pierre de Médicis. Ainsi les Médicis qui, en deux générations, étaient passés de la bourgeoisie moyenne de Florence aux plus hautes fonctions de la cité, s’alliaient-ils à une famille au passé beaucoup plus prestigieux que le leur. Le frère de Lucrezia, Giovanni, fut lui-même directeur de la filiale romaine de la banque Médicis et sa sœur, Dianora, épousa Tommaso Soderini, un partisan des Médicis.

Elle eut sept enfants avec Pierre. Quatre survécurent à leur petite enfance, Bianca Maria (1445-1505), Lucrezia, appelée aussi Nannina pour la distinguer de sa mère (1448-1493), Lorenzo (Laurent,1449-1492), Giuliano (Julien, 1453-1478). Maria (1455-1479), la fille naturelle de Pierre, fut élevée avec eux. Après la conjuration des Pazzi (1478), Lucrezia Tornabuoni éleva également le fils naturel de Julien de Médicis, Jules (le futur Clément VII).

Lucrezia Tornabuoni mourut le . Le jour même de sa mort, Laurent écrivit à Eléonore d’Este : « Votre excellence peut imaginer ma désolation, car, en perdant ma mère, j’ai perdu aussi l’unique refuge à tous mes ennuis, l’unique soulagement à tous mes tourments. »

Son statut, son influence

Le rôle des femmes dans la vie publique florentine était limité. Le type d’activité jugé le plus recommandable pour elles était de se consacrer à des œuvres charitables. Lucrezia Tornabuoni contribua ainsi à un fonds qui attribuait des dots à des jeunes femmes pauvres (Monte delle’ doti). Elle fit plusieurs dons à des hôpitaux, comme l’hôpital San Paolo de Florence. Elle avait la réputation de se rendre à l’hôpital Santa Maria Nova de Florence pour y nourrir les pauvres. Elle visitait les couvents, leur faisait des dons réguliers pour les fêtes de Pâques, de la Toussaint, de Noël. Sans douter de sa piété, ces actions charitables permettaient également aux Médicis d’étendre leur base politique jusqu’aux plus pauvres et aux échelons les plus bas de la hiérarchie ecclésiastique[2].

Lucrezia Tornuaboni avait suffisamment d’influence sur son mari et sur Laurent le Magnifique pour que des gens de toute condition sollicitent son appui ou sa protection, comme le montre sa correspondance. Une nonne du couvent de San Domenico à Pise intervient auprès d’elle pour faire cesser le pillage par les soldats florentins des fermes attenant au couvent. Les notables de Galeata demandent son aide pour un prêtre qui avait fabriqué de la fausse monnaie. La dernière reine de Bosnie elle-même, Katarina Kosača Kotromanić, réfugiée à Rome après la conquête de son pays par les Turcs lui demande d’intervenir auprès de la filiale romaine de la banque Médicis[3].

Parfois Lucrezia Tornuaboni eut l’occasion de dépasser le simple cadre assigné aux femmes à Florence. Ainsi montra-t-elle son sens politique en conseillant à son mari de rappeler à Florence Filippo Strozzi, qui vivait exilé à Naples, à un moment où sa médiation avec le roi de Naples pouvait être utile à Florence. Elle s’acquitta au mieux de la mission diplomatique que Pierre de Médicis lui confia en 1467, lorsqu’elle vint à Rome pour rencontrer Clarisse Orsini, la future épouse de Laurent le Magnifique. Il s'agissait d’alerter le Pape de la menace que faisait peser Venise contre Florence.

Une des entreprises les plus remarquables de Lucrezia fut la rénovation des thermes de Bano a Morba (près de Larderello), Ces bains avaient été célèbres sous l’antiquité (on parlait alors des Aquas Volaternas) puis avaient décliné. Sous son contrôle, on refit les canalisations, on construisit un hôtel et une muraille fortifiée pour protéger les installations. Sa correspondance et son livre de compte à double entrée montrent également une femme qui sait gérer les biens privés des Médicis, des échoppes, des fermages, des rentes tirées de la location de propriétés.

Son œuvre, son mécénat

Notes et références

Voir aussi

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