Elle est la fille de Anna de Visme et de Louis Rossier, pasteur protestant suisse en poste à Amiens (France) durant les années 1846-1851.
Elle se marie avec le révérend et professeur arménien Garabed Thoumanian. Le couple est chassé d'Arménie et s'exile en Grande-Bretagne[2]. En 1906, ils créent un orphelinat et une école destinés aux Arméniens à Oakhurst[3], dans la ville de Chigwell[4].
En 1911, à Londres, elle participe avec son mari au premier Congrès universel des races, l'un des évènements pionniers de la lutte contre le racisme. Malgré son expulsion de l'Empire ottoman, elle embrasse les délégués turcs présents, afin de symboliser la nécessité de travailler ensemble[5],[2].
En 1914, elle publie un manifeste pour la paix dont le thème est « La guerre est faite par l'homme, elle doit être défaite par la femme ». Elle propose l'organisation de réunions féminines hebdomadaires, jusqu'à ce que les différends à l'origine des conflits soient résolus[6],[2].
En 1915, elle se rend à La Haye (Pays-Bas), où elle représente l'Arménie au congrès international des femmes qui s'y tient[2]. Il s'agit d'un rassemblement de la minorité pacifiste du mouvement féministe international, qui n'avait pas accepté le ralliement de la plupart des organisations féministes de l'époque à l'effort de guerre dans leur patrie d'origine. Lucy Thoumaian arrive le , alors que le génocide arménien commence[7]. Elle est présente à la tribune du congrès, qui se termine en mai. Elle reste cependant aux Pays-Bas jusqu'en novembre, cherchant désespérément à obtenir des informations sur de nombreux membres de sa famille qu'elle avait vus pour la dernière fois à Merzifon (Arménie)[4].
↑Maureen Moynagh et Nancy Forestell, Documenting First Wave Feminisms: Volume 1: Transnational Collaborations and Crosscurrents, University of Toronto Press, , 397– (ISBN978-1-4426-6410-4, lire en ligne)
↑Jill Liddington, The Road to Greenham Common: Feminism and Anti-militarism in Britain Since 1820, Syracuse University Press, , 91– (ISBN978-0-8156-2539-1, lire en ligne)
↑Arshavir Shirakian (translated by Shirakian, Sonia), Կտակն էր Նահատակներուն [Gdagn er Nahadagnerin] [«The legacy: Memoirs of an Armenian Patriot»], Boston, Hairenik Press, (OCLC4836363)
↑(en-GB) The National Archives, «The Discovery Service», sur discovery.nationalarchives.gov.uk (consulté le )