Luigi Ventura

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Luigi Ventura, né le à Borgosatollo, dans la province de Brescia en Lombardie (Italie), est un archevêque catholique italien, nonce apostolique en France de à . Il est condamné par un tribunal civil français à 8 mois de prison avec sursis pour agressions sexuelles en 2020.

Luigi Ventura est ordonné prêtre le . Il est diplômé en lettres modernes. Entré au service de la diplomatie du Saint-Siège en 1978, il a été en poste au Brésil (en), en Bolivie (en) et en Grande-Bretagne.

Sa carrière se poursuit à Rome au sein de la section pour les relations avec les États de la Secrétairerie d'État. Il fut l'assistant personnel du secrétaire d'État Agostino Casaroli.

Le , Jean-Paul II le nomme évêque titulaire avec le titre d'archevêque in partibus d'Equilium (de), et est consacré par le cardinal Angelo Sodano avec comme co-consécrateurs Bruno Foresti (it) et Giovanni Battista Re. Jean-Paul II l'envoie comme nonce apostolique en Côte d'Ivoire, au Burkina Faso (en) et au Niger (en). En 1999, il est nommé nonce apostolique au Chili (en), puis en 2001 nonce apostolique au Canada.

Il est nommé par le pape Benoît XVI nonce apostolique en France le [1], succédant à Fortunato Baldelli, rappelé à Rome au mois de juin précédent. Il remet ses lettres de créance au président Nicolas Sarkozy le suivant[2].

En 2019, Frédéric Martel, dans une enquête du magazine Slate, décrit le réseau de Luigi Ventura comme « un point de ralliement, à Paris, d'une certaine droite ultra-conservatrice, homophobe et, pour une part, secrètement gay. »[3]

Le , le Vatican accepte sa démission pour raison d'âge[4].

Agressions sexuelles

Le , le journal Le Monde annonce que Luigi Ventura fait l’objet d'une enquête pour « agression sexuelle »[5],[6]. À la suite de la parution de cette information, plusieurs autres hommes rapportent, en février[7],[8] et mars[9] 2019, avoir été victimes de comportements similaires de sa part. Bénéficiant de l’immunité diplomatique, le nonce ne peut être entendu sous contrainte[10], aussi le parquet de Paris annonce-t-il le avoir prié le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères de transmettre au Vatican une demande de levée de l'immunité du nonce[11],[12]. Confronté les 22 et à ses accusateurs, Luigi Ventura nie les faits et dénonce un « complot de la ville de Paris »[13],[14].

Selon Frédéric Martel, « les penchants homosexuels de Luigi Ventura étaient en fait un secret de polichinelle et ses attouchements sexuels insistants avaient depuis longtemps fait le tour du petit monde des catholiques bien informés. »[3] Frédéric Martel soutient que Ventura avait déjà fait partie « du réseau homophile autour du premier secrétaire d'État de Jean-Paul II, Agostino Casaroli, puis fut un proche du très controversé Angelo Sodano, le second secrétaire d'État du pape polonais ». Au Chili, il aurait contribué à faire en sorte que les scandales sexuels ne soient pas divulgués. Après avoir été nommé au Canada, une plainte est également déposée contre lui en 2008 pour agression sexuelle, il est exfiltré « discrètement » vers la France[3].

Le , le premier plaignant français, Mathieu de La Souchère, rencontre le prêtre Hans Zollner, jésuite et psychologue membre de la commission pontificale pour la protection des mineurs[15] ; rencontre à l’issue de laquelle il déclare qu’il lui a été annoncé que la demande de levée d’immunité resterait sans suite, et qu’il portait plainte au Vatican[16]. Le lundi suivant, le , le Vatican annonce avoir levé l’immunité diplomatique de Luigi Ventura, à la demande de celui-ci et après avoir attendu la conclusion de l’enquête préliminaire à laquelle il avait « librement participé »[15]. Le ministère français des Affaires étrangères annonce le même jour avoir reçu du Saint-Siège la notification de la levée d'immunité diplomatique de son ambassadeur à Paris[17],[18]. Pour le vaticaniste Jean-Marie Guénois, « la décision du Saint-Siège n’est pas une reddition sous pression médiatique »[19].

Mardi , le procureur de la République, Alexis Bouroz, requiert à son encontre dix mois de prison avec sursis, estimant que « la matérialité des faits est d’une simplicité affligeante, et les infractions caractérisées »[20], mais évoquant l'expertise qui conclut à une altération du discernement liée à une « maladie cognitive » de l’évêque[21], le tribunal correctionnel le déclare coupable d'agressions sexuelles sur cinq hommes en 2018 et 2019 et le condamne le suivant à 8 mois de prison avec sursis, avec inscription au FIJAIS[22],[21],[23]. Non-présent à son procès pour des raisons médicales, il ne fait pas appel de la décision[24],[25].

Succession apostolique

Notes et références

Liens externes

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