Lyon à la préhistoire

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Lyon à la préhistoire est une période longtemps considérée par les historiens comme inexistante, la fondation romaine de la cité restant jusqu'à la fin du XXe siècle le point de départ de l'occupation humaine de la ville. Toutefois, de nombreuses fouilles archéologiques ont progressivement mis au jour des signes de présence celte permanente ou de long terme et la vision des historiens a fortement évolué depuis lors.

La présence humaine est ainsi attestée depuis l'épipaléolithique, avec des traces de groupes de chasseurs-cueilleurs.

Céramiques campaniformes.

La présence humaine sur le site antique est attestée à différentes périodes mais sa permanence n'est pas avérée[c 1]. Le plus probable est que la région ait été parcourue par des groupes de chasseurs-cueilleurs durant l'épipaléolithique, fixé entre 12500 et 9600 av. JC et le mésolithique (entre 9600 et 6000 av JC.). La fin de la glaciation libère l'accès à la Saône et au Rhône, facilitant les déplacements[a 1].

Néolithique

C'est au néolithique qu'apparaissent les premières traces de sédentarisation à Lyon[N 1] et dans la plaine du Velin. C'est par des trous de poteaux, la présence de foyers, de fours, d'outils en silex et de sépultures qu'a été identifiée une certaine sédentarisation, sans qu'il soit possible d'affirmer qu'elle a été permanente. C'est à partir des années 3500-2500 av. JC que d'autres traces, essentiellement la présence de céramiques importées, indiquent l'apparition de courants d'échanges suivant les deux voies d'eau[a 1].

Âge du bronze

Char processionnel, musée Lugdunum.

Comme auparavant, les indices archéologiques montrent que même à cette période, les communautés villageoises ne se fixent pas définitivement sur un site. Ce sont « de petits établissements ruraux, développés de manière temporaire par des communautés agropastorales soumises aux crues et à l'épuisement des sols, mais aussi capables de mobilité, afin de tirer le meilleur parti des écosystèmes locaux »[a 2].

À l'âge du bronze (−2 200 à −800), le site est faiblement occupé, conformément à l'appauvrissement régulier des sols : sont découverts des foyers culinaires (vers −2 000 à −1 500, rue Mouillard) et une sépulture à incinération en urne (rue Gorge de Loup), des traces d'habitat (site de La Croix-Rousse) et un dépôt d'objets en bronze (trésor de Vernaison).

Premier âge du fer

De nombreuses traces d'habitat ont été découvertes dans le quartier de Vaise (rue Marietton, rue du Souvenir, quartier de Gorge de Loup, rue du Dr Horand) : fragments de balsamaire rhodien en verre bleu, traces de poteaux, de maisons de bois et torchis, foyers domestiques, restes alimentaires, palissades, tombes, cultures céréalières, céramiques abondantes (notamment des amphores de vin d'origine étrusque et marseillaise), objets en fer (épée)[c 2].

Ces traces attestent l'existence d'un relais de commerce de vin entre le littoral méditerranéen et le nord (VIe siècle av. J.-C.). En l'absence d'artéfacts plus élaborés, on ne peut à ce stade parler de village ou de ville[c 2].

Second âge du fer

Gobelet d'argent avec des divinités gauloises. Musées Lugdunum.

En 1989, l'analyse de Christian Goudineau réfute la présence d'une importante occupation pré-romaine du site[1] malgré les découvertes faites sur le site du clos du Verbe Incarné et sous l’hôpital Sainte-Croix à Fourvière. Les archéologues ont longtemps suggéré qu’il s’agissait de vestiges de camps militaires romains.

À Fourvière, les analyses sont réinterprétées par l’archéologie récente et les datations sont reculées. Ces traces, que l’on pensait contemporaines de la fondation de la colonie romaine, interprétées d'abord comme étant celles d'un camp militaire, sont en fait plus anciennes d’une cinquantaine ou d’une centaine d’années : les fossés découverts, larges de plusieurs mètres et long de plusieurs centaines de mètres, délimitent de vastes enclos comportant de très nombreux ossements d'animaux et tessons d’amphores à vin provenant d’Italie. On ne peut conclure à un habitat permanent en la quasi-absence d’objets liés à la vie quotidienne[c 3], mais ces fossés et les restes associés sont typiques d'un grand sanctuaire. L’interprétation de ces dizaines de milliers d’amphores et d’ossements, qui suggèrent la présence de plusieurs milliers de convives rassemblés dans ces enclos, donne vie aux immenses banquets gaulois décrits dans les textes (Phylarque, Histoires, cité par Athénée IV, 34). La multiplicité du phénomène dans le périmètre de Fourvière n’est pas anodine, ni la position du site, dans le territoire des Ségusiaves, mais à la frontière avec les Allobroges (installés rive gauche du Rhône) et avec les Ambarres (installés entre Rhône et Saône). Les sites identiques fouillés en Gaule, souvent aussi en position frontière, indiquent qu’il s’agit de grands sanctuaires fédéraux où plusieurs peuples pouvaient se retrouver.

Dans le quartier Saint-Vincent[c 4], les fouilles effectuées en trois points de la zone montrent une occupation durant la période dite de Hallstatt : traces de charbon de bois, fragments de céramiques domestiques. Du début du Ier siècle av. J.-C. au IVe siècle, on trouve un atelier de potier, des fours circulaires, une aire de stockage, des céramiques campaniennes.

Bien que la fondation de la colonie romaine soit datée avec certitude de 43 av. J.-C., le site de la rue du Souvenir atteste l’existence d’un emporium antérieur à la colonie[c 5]. Situé à la frontière du monde romain (la cité allobroge de Vienne est à moins de 30 km au sud et son territoire, qui fait partie de la Provincia, commence juste de l'autre côté du Rhône), l’emporium faisait le pont entre les cultures romaines et gauloises et servait également de port de transbordement (le goulet d’étranglement de la Saône à Pierre-Scize interdisait la navigation). La céramique indigène retrouvée lors des fouilles traduit l’intensité du commerce entre Ségusiaves et Éduens, ces derniers étant eux-mêmes « amis » des Romains dès le IIe siècle av. J.-C.

maquette du murus gallicus, réalisée par Nicolas Hirsch (Service archéologique de la Ville de Lyon).

Une autre fouille réalisée en 2014 livre des informations sur l'occupation pré-romaine de la colline de Fourvière[2]. Les restes d'un mur de défense gaulois sur plus de trente mètres, possiblement édifié par des Ségusiaves, ont été mis au jour. Conforme à la description que fait Jules César dans la Guerre des Gaules des systèmes de fortification gaulois, ce murus gallicus est composé par « un important remblai conforté par un assemblage en couches entrecroisées de poutres horizontales fixées entre elles par de grands clous en fer. Le tout étant recouvert d'un parement en pierre sèche »[§ 1]. Cette découverte, inespérée et exceptionnelle, permet de confirmer l'existence d'un oppidum gaulois dont la fortification, qui semble de type Vertault/Alesia selon la classification constituée par S. Fichtl, est donc chronologiquement récente au sein de l'âge du fer[§ 2]. Toutefois, ce mur ne permet pas d'affirmer avec certitude qu'il existait bien une agglomération gauloise à cet endroit. « Son ampleur est inconnue, son usage parait éphémère, sa datation est tardive (autour de la conquête césarienne ou de la fondation de la colonie romaine) et son usage exact demeure par conséquent à préciser ». Il faut remarquer également que César ne mentionne pas la colline dans sa Guerre des Gaules, et que le reste des découvertes archéologiques de Fourvière n'a fourni que des indices de présence occasionnelle[a 3].

Zones archéologiques

Historiographie

Bibliographie

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