Après des études de droit, il est avocat à Székesfehérvár[1] et devient l'une des principales figures des mouvements d'opposition dans le comitat de cette ville, Fejér. Il est élu député du comitat de Somogy dans la dernière Assemblée des ordres (rendi országgyűlés) de Pozsony avant la Révolution hongroise de 1848, et fait partie de l'aile gauche de l'opposition[2].
Dans la nouvelle Assemblée nationalede 1848 fondée pour la première fois sur la démocratie représentative, il représente la circonscription de Csákvár du comitat de Fejér. Il devient le dirigeant de la minorité radicale, écrit dans le journal Nép-Elem («L'élément populaire», dans le sens de classe populaire), et est le fondateur et premier président de la Société pour l'Égalité (Egyenlőségi Társaság). Il dirige à partir de la division chargée de la police et des affaires postales au sein du gouvernement provisoire de la Révolution hongroise, le Comité de défense du pays (Országos Honvédelmi Bizottmány) présidé par Lajos Kossuth[2].
En tant qu'homme politique représentant par son point de vue extrémiste la terreur révolutionnaire, il devient impopulaire[3]. Les partisans d'un arrangement dans les formes légales avec le nouvel empereur d'Autriche François-Joseph, appelés «parti de la paix» (Békepárt), font de lui leur principale cible au sein de l'Assemblée qui a dû déménager début 1849 à Debrecen, l'appelant «ministre de la police» et chef des «flamants roses» qui exigent le «terrorisme» révolutionnaire. Il est notamment accusé dans le journal Esti Lapok par son rédacteur en chef, l'écrivain Mór Jókai, et par le journaliste et député Lajos Kovács de détournement des diamants du comte Ödön Zichy, exécuté par le général hongrois Artúr Görgey pour sa trahison supposée en faveur du général croate Josip Jelačić[2]. Le «parti de la paix» obtient ainsi la démission du «ministre aux diamants»[3], qui renonce également à son mandat de député en mais est cependant réélu par la circonscription de Csákvár[2].
À la chute de la Révolution hongroise en , il s'exile en Suisse, puis à l'automne 1850 aux États-Unis, où il vit encore une soixantaine d'années comme fermier, se retirant de la vie publique et même de la compagnie d'autres émigrés hongrois[2]. Il s'établit d'abord à une quinzaine de miles au nord de la colonie hongroise de New Buda dans l'Iowa[4], puis à Palatka en Floride et enfin à Good Hope (comté de Douglas) dans le Missouri[5],[6].
Notes et références
↑(de) Eva Obermeyer-Marnach et Leo Santifaller, Österreichisches Biographisches Lexikon 1815-1950. [«Encyclopédie biographique autrichienne»], vol.5, Vienne, Académie autrichienne des sciences, , 448p. (ISBN978-3-7001-0187-1, lire en ligne), «Madarász von Kisfalud, László», p.397.
12345(hu) Ágnes Kenyeres (dir.), Magyar életrajzi lexikon II. (L–Z) [«Encyclopédie biographique hongroise»], Budapest, Akadémiai kiadó, , 1099p. (ISBN978-963-05-2497-1, lire en ligne), «Madarász László».
12(hu) Bernadett Fatér (dir.) et al., Zalai Életrajzi Kislexikon [«Petite encyclopédie biographique de Zala»], Zalaegerszeg, Deák Ferenc Megyei Könyvtár, , 287p. (ISBN963-7267-29-8, lire en ligne), «Madarász László, kisfaludi».
↑(en) Béla Vassady, «New Buda: A Colony of Hungarian Forty-eighters in Iowa», The Annals of Iowa, State Historical Society of Iowa, vol.51, no1, , p.26-52 (ISSN0003-4827, lire en ligne), p.32, note 19.
↑(hu) Tivadar Ács, New-Buda, Budapest, , 322p. (OCLC881378896, lire en ligne), p.86; d'autres sources indiquent à tort pour sa mort un nom de lieu Goodhopen ou l'État d'Iowa.