Cette force choisie comptait 2 500 hommes (ce qui semble être sa composition habituelle). À la bataille de Crimisos, en 341 av. J.-C., quand l'armée carthaginoise fut vaincue par celle de Timoléon, qui commandait l'armée de Syracuse, le bataillon sacré fut anéanti.
Dans la Vie de Timoléon, Plutarque décrit ainsi l'armée carthaginoise qui s'approchait de la rivière Crimisos :
« On découvrit alors le Crimèse, et l’on vit les ennemis sur le point de le passer. En tête, venaient leurs quadriges, formidablement équipés pour le combat, et, derrière, dix mille fantassins à écus blancs. On devinait que c’étaient des Carthaginois à l’éclat de leur équipement, à la lenteur et à l’ordre de leur marche. Après eux, les soldats d’autre provenance affluaient, opérant le passage en tumulte et en désordre[2].»
Lors de cette bataille, Plutarque chiffre les pertes de l'armée carthaginoise (mercenaires compris) à 10 000 hommes, dont 3 000 étaient carthaginois:
« [...] sur dix mille ennemis morts, il y eut trois mille Carthaginois, grande perte pour leur cité. Car ni pour la naissance, ni pour la richesse, ni pour la réputation, ceux-là n’avaient leurs supérieurs ; et l’on ne rapporte pas que jamais les Carthaginois proprement dits aient eu autant de morts dans un seul combat ; car, la plupart du temps, c’étaient des Libyens, des Ibères et des Numides qu’ils employaient pour la bataille. Ainsi les étrangers faisaient les frais de leurs défaites[2].»
Dans la même bataille, Diodore de Sicile chiffre les pertes de la légion sacrée à 2 500, et les pertes totales de l'armée carthaginoise à 10 000 morts et 15 000 prisonniers, en majorité des mercenaires[3].
Des documents parlent d'une unité d'élite qui a combattu sur l'aile droite de la Phalange de long après leur disparition à la bataille de Crimisos[4]. Si l'on s'en tient à cette hypothèse, la légion sacrée aurait participé à la malheureuse bataille de Tunis contre Agathocle de Syracuse en 310 av. J.-C., ses effectifs augmentèrent jusqu'à 12 000 hommes[4]. C'est aussi le chiffre qui apparaît à la bataille de Bagradas en 255 av. J.-C., et ce chiffre de soldats recrutés est aussi similaire pour s'opposer au soulèvement des Mercenaires en 240 av. J.-C..