Léon II (empereur byzantin)

empereur byzantin en 474 From Wikipedia, the free encyclopedia

Léon II (latin : Flavius Valerius Leo Iunior Augustus), né entre 467 et 469 et mort en 474, est un empereur de l'Empire romain d'Orient durant l'année 474. Petit-fils de l'empereur Léon Ier, qui règne de 457 à 474, il lui est apparenté par sa mère, Ælia Ariadnè, tandis que son père est l'aristocrate originaire d'Isaurie, Zénon.

Précédé parLéon Ier
Co-empereurZénon
Suivi deZénon
Faits en bref Empereur romain d'Orient, Règne ...
Léon II
Empereur romain d'Orient
Image illustrative de l’article Léon II (empereur byzantin)
Léon II représenté sur un solidus.
Règne
- (~10 mois)
Période Dynastie thrace
Précédé par Léon Ier
Co-empereur Zénon
Suivi de Zénon
Biographie
Nom de naissance Flavius Valerius Leo Iunior
Naissance ~467
Décès
Père Zénon
Mère Ælia Ariadnè
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Comme Léon Ier est dépourvu d'héritier mâle, son petit-fils devient assez vite le successeur désigné, surtout après l'élimination du général Aspar en 471. Léon II est d'abord nommé césar, probablement en 472, puis couronné comme coempereur par Léon Ier à l'automne 473. Il lui succède à la mort de ce dernier en janvier 474. Alors très jeune, sa régence est de fait assurée par son père, Zénon, couronné également comme coempereur à la mort de Léon Ier.

Cependant, Léon II meurt à l'automne 474, apparemment de cause naturelle. Une source isolée affirme qu'il survit jusqu'à l'époque de Justinien (r.  527-565), mais il s'agit fort probablement d'une confusion avec un autre personnage. De manière générale, la chronologie exacte des événements de sa brève existence reste sujette à débats entre les historiens.

Biographie

Buste d'un empereur romain en marbre.
Buste de Léon Ier, grand-père de Léon II, conservé au musée du Louvre.

Origines familiales

Léon II est le fils de Zénon et d'Ælia Ariadnè, elle-même fille du souverain Léon Ier, qui règne sur l'Empire byzantin de 457 à 474 et qui n'a pas de fils. Ainsi, par sa mère, Léon II est apparenté à l'empereur régnant au moment de sa naissance, lequel est lui-même issu d'un milieu relativement modeste et doit surtout son ascension impériale à l'influence d'Aspar[1]. Celui-ci, chef d'origine germanique, ne peut espérer devenir empereur mais jouit d'une grande influence à la cour impériale, à tel point qu'il peut imposer Léon Ier sur le trône en 457. Finalement, Léon Ier parvient à se détacher de son influence et le fait assassiner en 471, ainsi que son fils, Ardabur. Dans l'intervalle, Léon s'est efforcé de consolider des alliances grâce à ses filles, notamment Ælia Ariadnè. Elle épouse vers 466 ou 467[2] Zénon, originaire d'Isaurie et qui fait figure depuis quelques années de principal concurrent à Aspar. Cette lutte de pouvoir, parfois décrite comme des oppositions ethniques entre chefs barbares et aristocrates romains, en particulier ceux d'origine isaurienne, est en partie contestée à ce jour, au profit d'alliances entre différentes grandes familles et groupes d'influences[3].

Quoi qu'il en soit, le mariage entre Zénon et Ælia Ariadnè donne rapidement un fils, en la personne de Léon, homonyme de son grand-père. Il est vraisemblablement né en 467 car Jean Malalas, suivi par la Chronique de 1234, qui s'appuie sur l'histoire ecclésiastique de l'auteur du VIe siècle Jean d'Éphèse, rapporte qu'il meurt à l'âge de sept ans[3]. Toutefois, la Vie de Daniel le Stylite, une hagiographie, relie la naissance de Léon II au mariage entre Zénon et Ariadnè, lequel est lié à l'élévation au consulat de Zénon, qui intervient en 469, ainsi qu'à sa nomination comme magister militum. Sur cette base, Rafal Kosinski estime que le mariage intervient en 468[4]. Il devient alors délicat d'envisager une naissance de Léon II avant cette année. Elle interviendrait plus vraisemblablement en 469. Dans une recherche de cohérence entre cette hagiographie et le récit de Jean Malalas, plus tardif, Brian Croke estime que la nomination de Zénon comme magister militum est à rattacher à sa campagne militaire contre les Huns et les Goths en 467, mais cette interprétation ne fait pas consensus[5]. Il est également possible de citer la campagne militaire qui intervient en Thrace en 469, notamment la répression de la tentative de révolte d'Anagaste, pour expliquer que les sources indiquent que Léon II naît alors que Zénon est absent de Constantinople[6]

D'autres dates ont parfois été avancées. Ainsi, Norman Baynes interprète le texte de Jean Malalas comme impliquant que Léon II est dans sa septième année à sa mort. Il aurait donc eu six ans en 474 et serait ainsi né en 468, mais la plupart des historiens, dont Brian Croke, ne le suivent pas[7]. De même, l'hypothèse avancée par Lane Fox d'une naissance en 471 est généralement rejetée. Elle s'appuie sur le fait qu'Ælia Ariadnè aurait d'abord épousé Patrice, un fils d'Aspar, en 468, avant d'en divorcer l'année suivante, ce qui paraît peu vraisemblable[8].

Léon II césar

Portrait d'un jeune empereur sur la page d'un manuscrit.
Portrait de Léon II dans le Mutinensis gr. 122 du XVe siècle.

Rapidement, Léon II apparaît comme l'héritier présomptif du trône. Alors que Léon Ier est déjà âgé, puisqu'il a autour de 67 ans à la naissance de son petit-fils, la question de sa succession devient centrale. Au Ve siècle, le principe dynastique est très relatif. Tant Marcien (r.  450-457), le prédécesseur de Léon Ier, que Léon Ier lui-même sont arrivés au pouvoir au travers de manœuvres de palais entre les différents groupes d'influence qui dominent Constantinople. Pour consolider la position de Léon II, son grand-père le fait d'abord nommer césar, la plus haute dignité après l'empereur, généralement décernée au successeur[9]. Ce fait est attesté par le récit de Nicéphore Calliste Xanthopoulos. Si celui-ci est écrit plusieurs siècles après l’événement, il s'appuie probablement sur des textes aujourd'hui perdus, notamment l'histoire ecclésiastique de Théodore Anagnostès, datée du début du VIe siècle[10]. Là encore, la date exacte de la nomination de Léon II comme césar est sujette à débat. Il paraît peu probable qu'elle intervienne avant 471, date de la mort d'Aspar, car celui-ci a fait nommer césar son propre fils, Patrice, en 470. Par ailleurs, il est probable que Léon ait envisagé de nommer son beau-fils Zénon comme césar. Il en aurait été dissuadé par l'impopularité relative de celui-ci à Constantinople, mal-aimé en raison de ses origines isauriennes et de convictions religieuses insuffisamment favorables au concile de Chalcédoine. Il est également possible que Léon ait douté de ses aptitudes au gouvernement[11].

Quoi qu'il en soit, face à la dégradation semble-t-il rapide de son état de santé, Léon Ier nomme son petit-fils césar. Une interprétation traditionnelle, portée par Otto Seeck notamment, suivie par la Prosopography of the Later Roman Empire par exemple, place cette accession à l'automne 473, soit dans les dernières semaines de vie de Léon Ier[12]. Un élément est plus spécifiquement rattaché à la nomination de Léon II comme césar. Elle intervient à peu près au même moment qu'une éruption du Vésuve. C'est ce que rapporte Théodore Anagnostès mais aussi Georges Cédrène, qui s'appuie probablement sur des éléments venant de Jean Malalas. Selon Cédrène, c'est alors qu'il préside formellement des jeux liés à cette nomination que de la cendre venant de l'éruption recouvre Constantinople[13]. Or, selon Marcellinus Comes, plus proche témoin de l'éruption, celle-ci intervient bien en 472, mais il ne la relie pas à la nomination de Léon II comme césar. Toutefois, sur la base d'autres récits, des historiens comme Seeck préfèrent dater cette éruption de 473. En outre, les défenseurs de la thèse de l'année 473 rappellent que Jean Malalas indique comme durée de règne pour Léon II un an et vingt-trois jours et qu'il accède au consulat en 474. Il est alors traditionnel pour un souverain de devenir consul l'année suivant son intronisation. Rafal Kosinski plaide également pour l'année 473, mettant en exergue que toutes les pièces de monnaie faisant figurer Léon II le représentent avec une couronne, l'attribut des Augustes. Il n'existerait donc pas de pièces de la période lors de laquelle il est césar car celle-ci aurait été très brève. Il souligne enfin que Marcellinus Comes écrit que la mort de Léon Ier intervient juste après qu’il a nommé son petit-fils comme césar[14],[15].

Toutefois, d'autres historiens, comme Brian Croke, préfèrent s'appuyer sur la combinaison du récit de Marcellinus Comes et de Georges Cédrène pour placer l'accession à la dignité de césar vraisemblablement en octobre 472, soit juste avant l'arrivée de la cendre provenant du Vésuve. Cette chronologie peut également s'accorder avec la question du consulat. Si Léon II devient césar tard dans l'année 472, le consul pour l'année 473 est déjà désigné, ce qui reporte celui de Léon II à 474. En outre, les historiens partisans de cette chronologie rappellent que la durée d'un an et vingt-trois jours est moins liée à la fonction de césar qu'à celle d'Auguste[16]. Vincent Puech défend aussi la thèse de l'année 472[17].

Léon II coempereur

Feuillet en ivoire représentant une impératrice.
Feuillet de diptyque impérial représentant l'impératrice Ariane, mère de Léon II, conservé au musée national du Bargello.

Finalement, si Léon II devient césar en 472, c'est un an après, à l'automne 473, qu'il accède à la dignité d'Auguste, ou bien au tout début de l'année 474 pour les historiens plaçant la nomination de Léon II comme césar à la fin 473. Son grand-père est alors très malade et, en associant son petit-fils à la fonction suprême, espère garantir au mieux sa succession. Cette association au pouvoir est confirmée par les quelques pièces de monnaie qui les montrent tous deux conjointement sur la même face. Peter Crawford souligne d'ailleurs que ces preuves numismatiques font pencher pour un couronnement comme coempereur à l'automne 473, ce qui laisse suffisamment de temps aux ateliers monétaires d'adapter leurs frappes avant la mort de Léon Ier[18]. Surtout, la formule Salus Reipvblicae est gravée sur les pièces, faisant référence au salut de l'État, pour symboliser la perspective d'une succession pacifique et donc la continuité de l'Empire dans la stabilité[19]. Par ailleurs, Léon II est souvent nommé Leo Ionuior Augustus, soit Léon Auguste junior, ce qui explique également son surnom de « Léon le Petit », pour le distinguer de son grand-père.

Le couronnement de Léon II comme empereur est relativement bien connu car rapporté par le De ceremoniis ou Livre des cérémonies rédigé par Constantin VII et qui s'appuie sur Pierre le Patrice. L'événement a lieu dans l'Hippodrome et est organisé par le magister officiorum Eusebius. Il rassemble la population, des ambassadeurs étrangers et les différents corps de l'armée. Dans un premier temps, les habitants en appellent à Léon Ier, repris en latin par les militaires, jusqu'à ce que l'empereur apparaisse dans la kathisma, accompagné du Sénat. Léon II est alors toujours dans le Grand Palais avec le patriarche Acace de Constantinople. Léon Ier semble particulièrement affaibli puisque les soldats autant que les habitants l'invitent rapidement à s'asseoir[20]. Différentes acclamations ont alors lieu, tant en faveur de l'empereur que de son petit-fils. Celui-ci est finalement couronné par son grand-père et Léon II peut alors saluer la foule. Vincent Puech souligne à cet égard la particularité du couronnement d'un coempereur, qui est clairement le fait de l'empereur régnant et dans lequel, par exemple, le patriarche occupe une fonction plus secondaire, se contentant de réciter une prière[21]. Par la suite, l'éparque et le Sénat offrent une couronne en or au jeune coempereur, tandis que celui-ci promet à chaque soldat cinq pièces de cuivre et une livre d'argent[22]. Enfin, l'élévation au titre impérial s'accompagne de la nomination de Léon II comme consul pour l'année 474[23].

Le règne conjoint des deux Léon ne dure que quelques semaines car Léon Ier meurt le [note 1],[24]. Léon II est alors le seul empereur, mais, trop jeune pour gouverner, la régence est assurée par sa mère, bientôt accompagnée par Zénon. Celui-ci est alors contesté par une partie de l'élite, incarnée par la grand-mère de Léon II, Vérine, la veuve de Léon Ier, qui a constitué son propre réseau de clientèles. Assez vite, pour sécuriser sa position, Zénon est couronné lui-même coempereur, lors d'une cérémonie similaire à la précédente. Tant pour Vincent Puech que pour Rafal Kosinski, c'est le Sénat byzantin qui intercède en faveur de Zénon, même si d'autres interprétations vont dans le sens d'un rôle affirmé de Vérine ou d'Ælia Ariadnè[17]. La date du est la plus souvent retenue, sur la base de la chronique connue sous le nom d’Auctarium Prosperi Havniense, même si celle du 9 février est aussi défendue, sur la foi du récit de Jean Malalas[17]. Ainsi, Léon II ne règne qu'un bref moment seul et peu de pièces de monnaie témoignent de cet intermède. Néanmoins, deux types monétaires ont survécu. Sur l'un, il est représenté tenant l'orbe crucigère, se tenant sur une sorte d'estrade, qui est absente sur le deuxième type monétaire. Par la suite, il est représenté aux côtés de son père[25].

Finalement, Léon II ne survit guère longtemps à son grand-père. La dernière loi faisant figurer son nom date du . Selon Jean Malalas, il meurt en novembre de la même année mais la date du 9 décembre est aussi citée, dès lors que la durée du règne de Léon II aurait été d'un an et vingt-trois jours à partir de son couronnement sous Léon Ier, tandis que Théodore Anagnostès évoque une durée de dix mois à partir de fin janvier, ce qui confirmerait le mois de novembre[26],[12]. Les causes de cette mort précoce ne sont pas certaines, mais, là encore, un consensus se dégage pour évoquer une maladie, même si le contexte politique tendu de l'époque, bientôt suivi par l'usurpation de son grand-oncle Basiliscus en 475, favori de Vérine, a pu laisser supposer un empoisonnement ou toute autre forme d'assassinat, sans qu'aucune preuve ne puisse l'appuyer[27],[28]. Quoi qu'il en soit, sa mort précipite certainement la contestation ouverte contre Zénon, dont la légitimité déjà fragile pâtit fortement de la perte de son fils apparenté à Léon Ier. Ainsi, Zénon est contraint à l'exil dès janvier 475, ne parvenant à revenir au pouvoir qu'à l'été 476[26],[29]. Quant à Léon II, il est probablement enterré dans l'église des Saints-Apôtres, aux côtés de la tombe de son grand-père, elle-même placée dans le mausolée de Constantin le Grand[30].

Monnayage

Du fait de la brièveté du règne de Léon II et en raison de la coexistence de périodes de règne conjoint avec son grand-père puis avec son père, entrecoupées d'un bref intermède lors duquel Léon II est seul sur le trône, le monnayage de Léon II a pu poser quelques difficultés aux numismates. Il demeure difficile d'identifier des pièces lui étant uniquement rattachées. Si Brian Croke associe certaines pièces à cet intermède, Philip Grierson et Melinda Mays sont plus prudents[31]. Il est généralement représenté aux côtés de Zénon ou bien le statut impérial de celui-ci est rappelé par la formule « D[ominus] N[oster] Leo et Zeno P[erpetui] Aug[usti]  » (Notre Seigneur. Léon et Zénon perpétuels Augustes) qui figure sur les pièces. Le plus souvent, les deux souverains sont représentés assis côte à côte sur le trône, et autant les semissis que les tremissis sont particulièrement rares. Ce sont surtout des solidi qui ont été retrouvés. Quant aux monnaies de bronze, les nummi, elles semblent également particulièrement rares voire inexistantes[32]. Un exemplaire d'une telle pièce est malgré tout référencé par Mike Markowitz, peut-être lancée à l'occasion d'un donativum. Elle représente l'empereur associé à la figure de la Victoire au revers[33].

Hypothèse de survie

Deux faces d'une monnaie en or, représentant sur une face un empereur et sur l'autre deux empereurs trônant côte à côte.
Solidus représentant Léon II à l'avers et au revers, cette fois trônant à côté de son père.

Une légende colportée par Victor de Tunnuna rapporte que Léon II ne serait en fait pas mort mais aurait été emmené dans un monastère par sa mère et remplacé par un garçon au physique similaire. Un tel fait accréditerait alors l'idée d'une menace pesant sur Léon II, nécessitant de le dissimuler. Il aurait ensuite pu vivre jusqu'à l'époque de Justinien Ier (r.  527-565) comme clerc[35]. Le récit de ce chroniqueur étant généralement considéré comme fiable, cet élément a parfois posé question. Toutefois, selon Brian Croke, qui a écrit un article pour expliquer cet épisode, il s'agit vraisemblablement d'une confusion avec le fils d'Armatus, nommé Basiliscus, comme le grand-oncle de Léon II qui tente d'usurper le trône. Quand cet usurpateur du nom de Basiliscus est renversé en 476, Armatus est l'un de ses principaux soutiens. Dans un premier temps, dans un geste de conciliation, son fils, Basiliscus, est nommé césar par Zénon. Basiliscus aurait alors pris le nom de Léon, moins sensible politiquement car ne le rattachant pas à son homonyme usurpateur. Toutefois, une fois le trône de Zénon affermi, Armatus est mis à mort, et Basiliscus aurait été contraint de se réfugier dans un monastère, gardant le nom de Léon. Tous ces éléments contribuent à expliquer la confusion entre lui et Léon II[36].

Notes et références

Annexes

Liens externes

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