Ma thèse en 180 secondes

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Camille Lakhlifi, premier prix du jury de l'Alliance Sorbonne-Paris-Cité lors de l'édition 2023 de Ma thèse en 180 secondes.

Ma thèse en 180 secondes est un concours international de vulgarisation scientifique ouvert aux doctorants francophones du monde entier. Les doctorants doivent présenter leur sujet de recherche, en français et en termes simples, à un auditoire profane et diversifié. Chaque étudiant(e) doit faire, en trois minutes, un exposé clair, concis et néanmoins convaincant sur son projet de recherche.

Inspiré du concours de Three Minute Thesis (en) (3MT), conçu en 2008 à l’université du Queensland en Australie, le concept est repris en 2012 au Canada sous le nom « Votre soutenance en 180 secondes » par l'Association francophone pour le savoir (Acfas)[1],[2], qui ajoute une dimension politique (montrer comment l'argent public est utilisé) et un côté spectaculaire au dispositif[3][réf. incomplète]. L'idée est reprise en 2013 par l'université de Lorraine (sous le nom « Ta thèse en 180 secondes ») et l'université de Liège[4], qui envoie deux lauréats à Québec hors-concours. En 2014, l'Acfas souhaite étendre le projet à l’ensemble des pays francophones, ce qui se fait progressivement lorsque le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et France Universités créent « Ma thèse en 180 secondes » en 2014, en insistant sur l'aspect de vulgarisation, qui restera la motivation principale des participants[3][réf. incomplète].

En 2014, quatre pays francophones participent à la première édition internationale[5] de Ma thèse en 180 secondes, dont la finale internationale se déroule au Cœur des sciences de l'Université du Québec à Montréal : la Belgique, la France, le Maroc et le Canada.

En 2015, le nombre de pays participants est multiplié par deux. Huit pays sont alors représentés lors de la finale internationale qui se déroule à Paris dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne le . Aux pays précédents s'ajoutent le Burkina-Faso, le Cameroun, le Sénégal et la Tunisie. Ces nouveaux pays sont portés par l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF).

En 2016, trois pays s'ajoutent à l'édition internationale de Ma thèse en 180 secondes : le Bénin, porté par l'AUF, l'Indonésie et la Suisse. Dix pays sont alors représentés lors de la finale internationale, le au Théâtre national Mohammed-V de Rabat : la Belgique, le Bénin, le Cameroun, la France, l'Indonésie, le Maroc, le Canada, le Sénégal, la Suisse et la Tunisie.

Organisation

L'objectif commun à tous les pays francophones participants au concours est de mettre en avant les jeunes chercheurs en attirant l'attention du public sur la recherche actuelle[6]. Le concours commence par la sélection des représentants de chaque université, qui peut être ouverte au public non-scientifique[7]. Des épreuves régionales sont organisées entre candidats de différentes universités[6], suivies des finales nationales[8] et d'une finale internationale[9],[10].

L'exercice proposé aux candidats consiste à présenter ses travaux de doctorat, en français et en termes simples, à un auditoire profane et diversifié en trois minutes exactement[8]. Chaque étudiant doit faire un exposé clair, concis et néanmoins convaincant avec l’appui d’une seule diapositive[11]. Il est souvent abordé sous l'angle de l'humour[10], utilisant des références à la culture populaire et des métaphores variées[7]. Les finales reprennent des codes des émissions de télévision[8].

Dans chaque pays, le concours Ma thèse en 180 secondes est porté par des organisations différentes :

Analyse

Selon l'analyse publiée par une équipe de sociologues en 2021[3][réf. incomplète], les orateurs sont majoritairement satisfaits de participer à une action de vulgarisation, de s'entraîner à parler en public, de gagner en autonomie. Certains d'entre eux sont conscients d’être instrumentalisés par leurs universités, qui disent leur soutien aux doctorants alors que ceux-ci sont en situation très précaire[1].

Cependant, la spectacularisation l'emporte sur l'objectif de vulgarisation : il s'agit moins de faire passer des connaissances et d'expliquer comment la recherche fonctionne, notamment en apportant des preuves de ce que l'on dit, que de gagner un concours. Passer sous silence les difficultés de la recherche et son aspect collectif est même anti-scientifique. La compétition inhérente à ce qui est présenté comme un jeu reflète de façon cynique celle que ces apprentis chercheurs auront à affronter pour décrocher un poste puis des financements[1],[16].

Selon le sociologue Stéphane Le Lay, Ma thèse en 180 secondes « est un révélateur, une miniature ethnographique du monde de l’enseignement supérieur et de la recherche. Ça souligne bien l’état de désolation du champ académique. Parce que, quand on en arrive à mettre en place des dispositifs comme ça pour recréer du lien, des ambiances sympa et mettre en lumière les travaux des doctorants, c’est que, d’une certaine manière, on a échoué à créer des collectifs cherchant à s’inscrire davantage dans la collaboration que dans la compétition permanente pour des ressources rares »[1].

Lauréats

Voir aussi

Notes et références

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