Macuse est une ville côtière de la province de Zambézie, au Mozambique, en Afrique de l'Est[1]. Elle est située dans l’estuaire du Rio Macuse qui se jette dans l’océan Indien entre Ponta Namerruma et Ponta da Barra, à 2 milles marins plus loin au Nord-Est[2]. Macuse est à une courte distance[3] (environ 35 km[4]) au Nord-Est du port fluvial de Quélimane[3], la capitale provinciale[4]. Elle est située à environ 180 milles marins au Nord-Est de Beira[2].
Futur port
Le principal atout économique de Macuse est son port de commerce[5]. Bien que petit, il occupe une position stratégique le long de l'océan Indien, et permet de relier l'arrière-pays du Mozambique aux routes maritimes internationales. Il est actif principalement dans l'exportation de produits de la mer issus de la pêche locale, et de produits agricoles tels que la noix de cajou et le coton[1]. C’est un point important de passage pour le coprah issu des plantations des environs. À son apogée, environ 35 000 tonnes de coprah annuelles étaient exportées depuis le port, dont 18 000 tonnes provenaient de Boror (le principal producteur et opérateur du port) et le reste de propriétés familiales. Les estimations actuelles sont de seulement 13 000 tonnes exportées par an. Environ 90% arrivent au port à partir de barges fluviales et maritimes, et le reste par camion[2]. Il existe des projets d’amélioration des infrastructures du port, pour pouvoir accueillir des navires plus grands et augmenter les capacités de manutention de fret. Les projets mettent l'accent sur la durabilité et visent à minimiser l’empreinte environnementale tout en renforçant l’efficacité opérationnelle[1].
Il existe depuis 2013 un projet de construction à proximité de Macuse d’un port en eau profonde[4],[6], associé à une ligne de chemin de fer de 525 km de longueur pour relier le port aux mines de charbon[7] du bassin houiller de Moatize[4], dans la province de Tete. Une liaison est également prévue vers les mines de Chitima. Cela serait un trajet beaucoup plus court que celui vers les ports de Beira ou de Nacala pour l’exportation du charbon extrait des mines de Chitima[7]. Actuellement, les minerais extraits sont convoyés vers les ports de Nacala ou de Beira lors de longs trajets via le réseau routier[6], et en transitant via le Malawi vers Nacala[4]. Le corridor ferroviaire devrait permettre d’opérer un report modal route-rail pour limiter la dégradation précoce du réseau routier[6], et de relier les ressources intérieures des provinces occidentales à la mer par un itinéraire entièrement situé au Mozambique, sans franchir de frontières internationales[4]. Le port pourrait également gérer les exportations de bois[6],[7].
Le gouvernement a attribué en 2013[4] la concession de ce projet, annoncé comme l’un des plus importants du secteur portuaire mozambicain, au groupe Thai Mozambique Logística (TML), consortium constitué de l’Italian-Thai Development de Thaïlande et d’autres entreprises mozambicaines. Le projet prévoit un terminal charbonnier flottant et d’autres installations portuaires[6]. Le site proposé comprend deux parcelles de terrain de chaque côté du Rio Macuse[7], près de son embouchure[4], d’une superficie de 2,4 km2 du côté de Macuse (district de Namacurra) et 2,9 km2 du côté de Supinho[4],[6] (district de Nicoadala), soit au total 5,3 km2)[4],[7].
En prévision du début de la construction, les personnes vivant dans la zone ont été déplacées[7]. Cela concerne environ 70 familles des sites de Macuse et Supinho qui devraient été réinstallées d’ici dans le nouveau village de Sopinho, avec des logements, un centre de santé, des systèmes d’eau courante, des routes et un marché. De plus le statut environnemental de la région nécessite des évaluations d’impact environnemental pour les mangroves, les pêcheries et les écosystèmes côtiers. Des consultations publiques sont en cours pour atténuer les conflits avec les populations locales[4].
Le projet a longtemps peiné à démarrer, coincé à l’étape de mobilisation du financement[6], et la construction a été reportée à plusieurs reprises par rapport aux objectifs initiaux (2016-2021)[4]. En , TML a annoncé la mobilisation de 500 millions de dollars américains[4],[6],[8] pour lancer la construction du port, principalement pour l’infrastructure de la phase 1 comprenant un parc logistique, un terminal de carburant et des installations d’exportation initiales. Ce financement couvre le coût du port, estimé à 800 millions de dollars US, le reste étant destiné au chemin de fer (environ 1,9 milliard de dollars US). En , la société américaine Ethos Asset Management Inc. a engagé 400 millions de dollars US supplémentaires dans le financement de TML pour le port et le chemin de fer. Cela porte le financement total garanti à environ 900 millions de dollars US, TML cherchant à obtenir le solde par des appels d'offres internationaux[4]. Le financement du projet bénéficie d’une garantie de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) de la Banque mondiale[6]. L’exécution des travaux a été attribuée par contrat au groupement d'entreprises formé par Mota-Engil Mozambique[6],[7] et China National Complete Engineering Corporation, une filiale de la[6]China Machinery Engineering Corporation[6],[7].
Notes et références
(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé «Macuse» (voir la liste des auteurs).