Madan Sara
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En Haïti, deux catégories de marchandes font bouger l'économie haïtienne. Il y a, premièrement, les marchandes, communément appelées les Madan sara[1], qui vendent soit en promenant dans les rues, soit en s'installant dans des marchés publics et deuxièmement, celles qui possèdent leur propre affaire ou commerce. Seules les femmes font partie de cette catégorie des Madan sara, c'est donc un secteur spécifiquement genré[2],[3].
Madansara (Madan Sara), mot agglutiné[4] ou mot composé[5] en créole haïtien, vient de deux mots en langue française Madame Sara.
Les Madan sara tirent leur nom d'un oiseau jaune (famille des passereaux) se nourrissant au cours de son vol. D'après la petite histoire, c'est grâce à une dame de la haute société nommée Sara qui aurait apporté l'oiseau en Haïti à l’époque coloniale d'où le nom Madame Sara, Madansara lui est attribué[6],[1].
L'oiseau nommé Madansara est actif, bruyant et très mobile à l'instar des femmes marchandes qui achètent ou vendent leurs marchandises au rythme de leurs déplacements, qui peuvent se faire de la campagne vers la ville, mais aussi d’Haïti vers les États-Unis ou vers la Martinique. Les marchandes dites Madansara sont les Poto mitan de la société haïtienne et jouent un rôle prépondérant dans l'économie du pays, particulièrement, dans le secteur commercial informel.
Conditions de travail
C'est grâce aux Madan Sara que les produits agricoles, récoltés dans les différents recoins du pays, parviennent dans les marchés publics comme dans les supermarchés à Port-au-Prince. Elles nourrissent une partie importante de la population a travers un voyage pénible entre des villes de province et la capitale d'Haïti. Le Nouvelliste en parle en ces termes : « Les camions destinés à ce genre d’activité n'offrent aucun confort. Elles voyagent comme les aliments, comme des matériaux. Du haut de ces engins inconfortables, elles ne sont pas épargnées par la colère de la nature. Elles subissent de plein fouet les méfaits du soleil à son paroxysme, de la pluie et de la poussière. Cette situation n'est pas la plus difficile. Depuis ces trois derniers mois, elles se disent régulièrement maltraitées, rançonnées, violées par des bandits armés travestis en militants politiques. En arrivant à Port-au-Prince, dans de telles conditions, le prix final des produits double, car la rançon est désormais incluse dans le coût des marchandises »[7].