Madeleine Bourdouxhe
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Madeleine Bourdouxhe est l'aînée d'un couple de Liégeois, dont son père Julien qui travaille dans l'industrie et fondera une entreprise de machines-outils. Elle grandit à Grivegnée. Son enfance est marquée par l'exil en France lors de la Première Guerre mondiale, qui fait qu'elle est scolarisée un temps à Paris. À la fin du conflit, ses parents reviennent à Liège puis partent pour Bruxelles[1].
En 1927, après des études de philosophie à l'Université libre de Bruxelles, elle épouse le mathématicien Jacques Muller. Ensemble, ils fréquentent les milieux surréalistes de Bruxelles et se lient, à la fin de la guerre, avec Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre.
Elle vit un temps à Paris où les cercles littéraires l'accueillent avec enthousiasme. Elle est découverte par Jean Paulhan, qui fait publier son premier roman, La Femme de Gilles, par Gallimard en 1937[2].
Elle s'engage dans le soutien aux Républicains espagnols[3]. Lorsque la Belgique est de nouveau envahie par les Allemands, la famille se réfugie en France libre, avec leur bébé Marie née à ce moment-là[2]. Madeleine Bourdouxhe s'implique dans la résistance à l'occupant, notamment en portant chez Paul Éluard des feuillets anti-nazis ou en abritant une femme juive[2]. Elle s'oppose à toute forme de collaboration, refuse d'être publiée par des éditeurs sous tutelle nazie[2]. Elle publie ainsi deux récits chez des éditeurs bruxellois indépendants : À la recherche de Marie (chez Libris en 1943) et Sous le pont Mirabeau (chez Lumière en 1944).
Après la guerre, Jean-Paul Sartre publie Les Jours de la femme Louise dans les Temps modernes, et Simone de Beauvoir analyse À la recherche de Marie dans Le Deuxième sexe[2]. Madeleine Bourdouxhe publie ensuite des nouvelles ou des extraits de romans dans différentes revues : La Nouvelle Revue française (Paris), Empédocle (Paris), Atlantic (Boston), Monde nouveau (Bruxelles).
En 1956, Gallimard refuse Mantoue est trop loin, ce qui la blesse et la pousse à se détourner du monde de l’édition. Il faudra attendre 2019 pour qu’il soit publié de manière posthume par les Éditions Névrosée[4].
En 1964, elle devient secrétaire perpétuelle de la Libre Académie de Belgique, qui se démarque de l'Académie officielle[2].
Elle meurt à Bruxelles, le [5].
Elle a écrit assez peu de livres : cinq romans dont deux seulement (La Femme de Gilles et À la recherche de Marie) ont été publiés de son vivant, mais est reconnue comme un très grand écrivain en France, en Belgique et ailleurs[2].
À l'occasion de la réédition de La Femme de Gilles en 1985 par les éditions Labor, elle est découverte par un public plus large[3] et, plus spécifiquement, par le courant féministe[2]. Depuis les années 2000, ils sont à nouveau réédités, notamment par Actes Sud[6].
Ses livres ont été traduits dans de nombreuses langues, notamment en anglais, en espagnol et en allemand, mais également en danois, en norvégien et en lituanien.
Sa petite-fille, Nadia Benzekri, réalise en 2004, le documentaire Une lumière dans la nuit. Un portrait de Madeleine Bourdouxhe[7].
Œuvres
- Vacances, inédit, 1935
- La Femme de Gilles, Paris, Éditions Gallimard, 1937, 221 p. (BNF 31856153)
- À la recherche de Marie, Bruxelles, Belgique, Éditions Libris, 1943, 218 p. (BNF 31856152), qu'elle a d'abord refusé de céder à une maison d'édition contrôlée par les nazis.
- Sous le pont Mirabeau, Paris, Éditions Lumière, 1944, 67 p. (BNF 37019187)
- Sept Nouvelles, Paris, Éditions Tierce, 1984, 156 p. (ISBN 2-402-41729-3)
- Wagram 17-42, Marie attend Marie, Paris, Éditions Tierce, 1989, 106 p. (ISBN 2-903144-50-8)
- Mantoue est trop loin, Uccle, Belgique, Éditions Névrosée, 2019, 210 p. (ISBN 978-2-931048-16-0)