Madeleine Moua
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Danseuse (à partir de ), institutrice (à partir de ), chorégraphe, directrice d'école |
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Madeleine Teroroheiarii Moua (née le à Papeete et morte le dans la même ville), est une cheffe de troupe et chorégraphe majeure de la danse tahitienne, fondatrice de la troupe Heiva. Elle descend de la famille royale tahitienne[1].
Madeleine Teroroheiarii Moua naît en 1899. Son deuxième prénom signifie « reine à la cervelle couronnée ». Son père est de la famille Tamatua, ancienne famille royale tahitienne[2]. Enfant, elle fréquente l'école privée Charles Viénot[3]. Elle commence à danser à six ans[4]. En 1916, à 17 ans, elle devient institutrice. Elle enseigne à l'École Centrale de Papeete (devenue le Lycée Paul-Gauguin), puis dirige l'école de Paea avant de retourner à l'École Centrale comme surveillante générale des filles. Elle dirige ensuite l'École d'Application pratique de Fakarava (îles Tuaomotu) puis enseigne un an à l'École de la Mairie de Papeete[3]. Elle devient par la suite directrice de l'école Paofai à Papeete[5] jusqu'à sa retraite en 1962[2],[3].
Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle s'engage dans la Légion Valmy féminine et participe à des soirées destinées à aider des villes françaises bombardées[3].
Avec le développement du sport à l'école, Madeleine Moua anime le groupe sportif féminin de l'École de Paofai, France-Maeva, qui rencontre le succès au basket[3].
En 1956, elle assiste à des danses folkloriques bretonnes et auvergnates en France hexagonale[6], où elle se fait soigner[7]. Elle constate la vivacité de ces danses et ressent le besoin de remettre au goût du jour les danses traditionnelles tahitiennes[6]. Connues à Tahiti sous le nom de tamure, ces danses sont dansées la nuit dans les hôtels destinés aux touristes et ont alors mauvaise réputation[8],[9].
À son retour en Polynésie, elle crée le premier groupe de danse tahitienne, Heiva[6]. Elle demande à la famille royale tahitienne de parrainer son groupe et de codifier les pas de danse. Face à la censure religieuse et à la perception négative qu'avait le public tahitien du 'ori tahiti, Madeleine Moua cherche à le revitaliser en interrogeant des personnes âgées sur leur pratique et leur connaissance de cette danse[7]. La réception du public tahitien est d'abord assez mauvaise et Madeleine Moua se tourne plutôt vers les touristes[7] et se produit à l'étranger[10],[9], grâce à la création de l'aéroport de Tahiti en 1961[11]. C'est ce succès touristique qui pousse d'autres groupes à voir le jour et finit par faire accepter localement le 'ori tahiti[7].
En 1962, après sa retraite d'enseignante, elle se consacre entièrement à la danse et à la formation de danseurs et musiciens[3]. Le groupe Heiva compte plusieurs danseurs qui deviennent par la suite des figures majeures de la danse tahitienne comme Coco Hotahota, Louise Kimitete[12], Gilles Hollande[9], Paulina Morgan[13], Joseph Uura[14], ou encore la première Miss Tahiti, Teura Bauwens[15]. Le groupe remporte des succès aux fêtes du Tiurai et effectue des tournées en France en 1962 et 1965[3].
Madeleine Moua cesse son activité de danseuse en 1985. Elle décède le et est enterrée le au cimetière de l'Uranie à Papeete, en présence du ministre de la Culture polynésien Georges Kelly et du maire de Papeete Jean Juventin[3].