Mademoiselle Malaga
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Jeanne Françoise Catherine Bénéfand |
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Françoise Bénéfand dite Mademoiselle Malaga, née le à Paris où elle est morte le , est une danseuse de corde française.
Famille
Aînée de sa famille, Jeanne Françoise Catherine Bénéfand naît en 1786 à Paris[1], dans la paroisse des Quinze-Vingts. Son père, Joseph Louis Bénéfand, dit Delcourt, est né à Bordeaux en 1756[2]. Un temps danseur de cordes, il est marchand de livres à sa mort, en 1825. Sa mère, Françoise Catherine Dacy, dite Dacy-Salvini[Note 1], est née à Saragosse vers 1761[3],[4]. Sous le pseudonyme La Malaga ou Mère Malaga, elle devient danseuse de corde dans la troupe des Grands Danseurs du Roi, dirigée par Nicolet. Les époux Bénéfand, mariés en 1785 à Nantes, ont douze enfants, dont plusieurs meurent en bas âge[5].
La sœur de Françoise Béfénant, Thérèse Joséphine Sextidi(e) Bénéfand (1794-1862), a épousé le comédien Michel-François Alliouz-Luguet, dit Michel Luguet (1787-1852), et donné naissance à une lignée d'acteurs, dont Marie Laurent et René Luguet.
Carrière
Françoise Bénéfand[Note 2] débute en 1796 dans la troupe de la Jeune Malaga[1] qu'a fondée sa mère au théâtre Mareux, rue Saint-Antoine. L'entreprise est florissante jusqu'au début du siècle suivant mais, devant la multiplication des troupes rivales, elle doit s'expatrier et chercher fortune en province. C'est ainsi qu'on la retrouve dans le nord de la France et à Bruxelles, où elle danse en 1803 et 1804. Elle adopte le pseudonyme de Mlle Malaga, la ressemblance de ce nom de scène avec celui de sa mère entraînant par la suite de la confusion dans les anecdotes qui leur sont attribuées.
Le journaliste Victor Fournel la décrit ainsi[6] : « Jeune personne à la physionomie suave et rêveuse, funambule de l'école métaphysique pleine de poésie et d'expression qui dansait sur la corde avec les ailes d'une sylphide et les grâces décentes chantées par Horace. » A Tours où elle se produit, elle se lie avec la jeune Marguerite Lalanne qui la prend pour modèle et deviendra danseuse de corde sous le nom de Madame Saqui[7].
De retour à Paris, Mlle Malaga installe une baraque au boulevard du Temple, sur le terrain où l'on construira plus tard le Cirque-Olympique. Mais le décret impérial de 1807 l'oblige à fermer cette scène de fortune et à retrouver les chemins de la province. Mlle Malaga revient à Bruxelles en , en compagnie d'autres danseurs de corde, donner une unique représentation, aux Jardins de Saint-Georges.
Certaines sources indiquent qu'en 1814, elle danse à Versailles durant une cérémonie officielle[8]. Victor Fournel rapporte cette anecdote : « Lors d'une fête donnée à Versailles, en 1814, devant les souverains alliés, elle exécuta une ascension sur la corde roide, à deux cents pieds au-dessus de la pièce d'eau des Suisses, en compagnie d'un acrobate de l'autre sexe. Cette représentation fut malheureuse. L'homme perdit l'équilibre et se tua. Quant à [mademoiselle Malaga], elle faillit partager le même sort, mais elle eut la présence d'esprit de se rattraper d'une main à la corde et d'y rester suspendue pendant plus de vingt minutes que dura le sauvetage »[6]. Mais selon d'autres sources, il s'agirait de sa mère, dont ce serait la dernière prestation sur la corde[9].
Françoise Bénéfant meurt à Paris, rue aux Ours, à l'âge de 66 ans, dans le dénuement total, moins d'un an après sa mère[3]. Plusieurs sources indiquent que « La Malaga » mourut ruinée après que son mari eut dépensé aux jeux la fortune qu'elle avait amassée, mais il s'agit tantôt de la mère, tantôt de la fille[10],[11].
Postérité
Au XIXe siècle, plusieurs spectacles mettent en scène des personnages de danseuses de corde nommés Malaga : Gig-gig, spectacle en 3 actes de Charles Mourier et Maurice Alhoy ( théâtre des Folies-Dramatiques, 1833)[12] ; Cornaro, ou le tyran pas doux, pièce en 4 actes et en vers de Charles Dupeuty et Félix-Auguste Duvert, parodie d'Angelo, tyran de Padoue de Victor Hugo (théâtre du Vaudeville, 1835)[13] ; La Foire Saint-Laurent, opérette-bouffe en 3 actes d'Hector Crémieux et Albert de Saint-Albin, musique de Jacques Offenbach (théâtre des Folies-Dramatiques, 1877)[14] ; L'Auberge du Cheval blanc (deuxième partie : La Parade), pièce de Jules Adenis (1888)[15] ; Madame Nicolet, opérette en 4 actes d'Eugène Hugot, musique d'Alfred Fock (théâtre du Château-d'eau, 1892)[16].
En 1881, une nouvelle danseuse de corde nommée Malaga se produit à Paris, au Palace-Théâtre[17].