Madge Gill

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Décès
(à 79 ans)
LondresVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Madge Gill
Naissance
Décès
(à 79 ans)
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Activités

Madge Gill, née en 1882 à Londres et morte en 1961 à Londres, est une peintre-médium britannique.

L'ampleur de son œuvre la place parmi les plus emblématiques créateurs d'Art brut et médiumnique.

Née enfant illégitime à East Ham (Londres) en 1882, elle est cachée par sa tante et sa mère jusqu'à ses 9 ans, où elle est alors placée en orphelinat[1].

Après un séjour au Canada où elle travaille dans une ferme, elle revient à Londres à 18 ans[2], où elle travaille comme infirmière. Habitant avec sa tante, cette dernière l'initie à l'Astrologie et surtout au Spiritisme[3].

En 1907, elle épouse son cousin avec qui elle aura trois fils et surtout une petite fille mort-née, ce qui manque de l'emporter elle aussi : elle reste alitée plusieurs mois et perd l'usage de son œil gauche. En retrouvant la santé, elle se plonge dans une œuvre médiumnique remarquable, qu'elle va poursuivre les 40 années suivantes[4].

En 1958, à la suite de la mort de son premier fils, elle se met à boire et arrête totalement le dessin. Ce n'est qu'après sa mort, en 1961, que l'on découvre l'ampleur de son travail : des centaines de dessins (dont certains atteignant plusieurs mètres de long) sont retrouvés dans sa maison[5]. Madge n'eut jamais aucun intérêt à exposer ses dessins dans des galeries commerciales et si besoin mettait des prix extravagants afin d'éviter de les vendre[6].A sa mort on découvrit des milliers de dessins rangés dans des placards et sous les lits[1] et son fils Laurie en donna près de 2000 au borough londonien de Newham (actuellement East Ham Borough Council)[7].

Son œuvre

L’artiste Madge Gill s’inscrit dans le courant artistique de l'Art médiumnique. Les artistes de ce courant se laissent inspirer par des contacts du monde spirituel et des hallucinations[8]. Madge Gill est incitée à créer des œuvres d’art par une force extraterrestre qu’elle appelle Myrninerest, ce qui est supposé d’être dérivé de My inner Rest (ma paix intérieure)[9]. L’artiste anglaise n’était pas intéressée à la notoriété, la fabrication de ses œuvres d’art avait un but thérapeutique afin de digérer quelques expériences traumatiques[10].

Elle commence sa carrière artistique par la broderie, le tricot et le piano mais produira plus tard ses dessins célèbres à l’encre noire ou colorée[11]. Elle travaillait la nuit, très faiblement éclairée, rapidement, de manière quasiment hallucinée. L’artiste dessinait des compositions complexes caractérisées par la répétition d’une figure féminine portant un chapeau (que l'on a pu interpréter comme des autoportraits ou des représentations de sa fille disparue) entourée par un enchevêtrement vertigineux d'ornementations instinctives. Ses créations varient en taille et en support, de la taille d’une carte postale jusqu’à un canvas d’onze mètres de longueur[10], de l'encre de chine sur papier ou sur calicot à la broderie ou à la tapisserie[12].

La production la plus impressionnante restant celle de ses dessins à l'encre de chine. De centaines de cartes postales à celle des grands dessins sur de long rouleaux d'étoffe de mauvaise qualité (calicot). Un de ses fils avait fabriqué une sorte de chevalet sur lequel on pouvait fixer une partie de la surface à travailler au moyen de punaises. On ne coupait jamais le rouleau. Toujours debout pour ces grandes compositions et travaillant à toute vitesse, Madge gill déroulait d'un côté, enroulait de l'autre, en travaillant les pans du milieu. Elle ne voyait donc jamais ses toiles en entier avant qu'on ne les tende au mur[13].

L'œuvre de Madge Gill est représentée dans de nombreux musées et collections publiques dont la collection de l'art brut à Lausanne, le Centre Pompidou-musée national d'art moderne de Paris[14], le Folk Art Museum de New York[15], le Lille Métropole Musée d'Art moderne, d'Art contemporain et d'Art brut à Villeneuve d'Ascq, l' Albertina Museum de Vienne[16],[17], le musée de la création franche[18] à Bégles-Bordeaux, le musée d'art brut de Montpellier et le IMMA | Irish Museum of Modern Art de Dublin[19], le Milwaukee Art Museum[20], le Musée du Docteur Guislain à Gand[21], ainsi que dans nombreuses collections privées, dans la collection ABCD[22] à Paris, la collection Treger-Saint Silvestre[23] au Portugal, la collection Eternod-Mermod à Lausanne,,dans la Collection Charlotte Zander à Bönnigheim[24], dans la collection Anthony Petullo à Milwaukee[25], ou la collection de Korine et Max E. Ammann à Berne[26]. En , les deux plus prestigieuses galeries londoniennes se sont enrichies d'œuvres de Madge Gill : la Tate Gallery a fait l'acquisition d'un grand calicot lors de la foire Frieze London[27]et la National Portrait Gallery a ajouté un dessin à ses collections[28].

L'œuvre de Madge Gill est de plus en plus internationalement reconnue à la suite des importantes expositions au Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou, au Grand Palais, à la Wallace Collection de Londres, au Power Station of Art à Shanghai, à la Villa Medici à Rome ainsi qu'à la publication en 2017 d'une biographie en français aux éditions Ides et Calandes[29],[30] et en 2019 d'une importante biographie en anglais[31],[32]

Madge Gill aura plus tard une grande influence sur le mouvement surréaliste par sa création de façon automatique, libéré de toute convention sociétale[8].

L'un de ses chefs-d'œuvre est une robe, que l'on peut voir à la Collection de l'art brut de Lausanne.

L'inscription de Madge Gill "Eternity has no door of escape" (l'éternité n'a pas d'issue de secours) donna le titre a un livre[33] et une exposition[34],[35] en 2001 à la Galleria dell Gottardo à Lugano et en 2018 à un film d'Arthur Borgnis[36].

Expositions personnelles

  • Galerie YVY, Genève, 1976[37]
  • Collection de l'art brut, Lausanne, 1978 (catalogue)
  • Madge Gill, Whitechapel Gallery, London, 1982[38]
  • William Morris Gallery, Walthamstow, 2019 (publication)[39]
  • Museo National d'art de Catalunya, "La mà guiada", Barcelone, 2023, (avec Josefa Tolrà)[40]

Expositions collectives

Notes et références

Voir aussi

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