Mai Khôi

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Mai Khôi
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Mai Khôi (nom de scène de Đỗ Nguyễn Mai Khôi) est une musicienne, militante des droits humains et féministe vietnamienne.

Mai Khôi est chanteuse et guitariste. Elle grandi dans la ville de Cam Ranh. Sa mère enseigne la littérature, son père la musique[1]. Elle a d'abord appris le piano avec son père[2], et à l'âge de douze ans joue lors de mariages en sa compagnie[1]. Puis elle commence une carrière musicale en 2004. Elle est d'abord chanteuse de musique à visée commerciale[2]. Son premier album, KHÔI, en 2005, contient principalement des chansons d'amour, et des reprises de l'auteur-compositeur-interprète Trịnh Công Sơn. Comme c'est l'usage au Vietnam, cet album est déjà contrôlé avant sa sortie par la censure (en). Son deuxième album contient ses propres compositions. L'une de ses chansons, Night Flower, sur le thème de l'amour, jugée trop provocante, est censurée[3],[4]. En 2010 elle remporte le prix de la chanson et de l'album de l'année lors d'un concours télévisé[5], avec un titre patriotique, Vietnam (vi)[6].

Au début des années 2010, elle se fait plus provocatrice. Son titre Saigon Boom Boom par exemple célèbre le milieu underground de Saïgon[2], et son morceau Selfie Orgasm déchaîne les critiques[7]. Elle choque l'opinion publique en déclarant ne pas vouloir d'enfant ou parce qu'elle ne porte pas de soutien-gorge[6]. Ayant l'obligation de soumettre au préalable ses chansons à la censure, elle écrit une chanson sur le sujet : Please, Sir[1]. Elle est accompagnée sur scène par un groupe mêlant free jazz et musique traditionnelle vietnamienne, The Dissidents, et ses chansons prennent une tournure politique[5]. Le nom du groupe est par la suite modifié (Mai Khoi Chém Gió) afin d'éviter à ses membres des ennuis avec les autorités[8]. Outre elle-même, le groupe est composé de Quyen Thien Dac, saxophoniste de jazz, et de Nguyen Duc Minh, multi-instrumentiste et compositeur, qui s'inspire de la musique des différentes ethnies du Vietnam[9].

Militantisme et musique

Mai Khoi milite pour la liberté d'expression et les droits humains (en) et LGBT au Vietnam, et contre les violences envers les femmes[10]. En 2016, elle participe à une manifestation contre une société taïwanaise, la Formosa Ha Tinh Steel Corporation[8], à l'origine d'une catastrophe environnementale ayant pollué l'océan (en)[11]. Choquée par les violences de la police contre les manifestants, elle écrit une chanson sur le sujet[8].

En elle tente, vainement, de se porter candidate aux élections de l'Assemblée nationale, promettant, si elle était élue, de défendre les droits des personnes LGBT et de combattre les violences envers les femmes[7]. Elle fait partie ce même mois des militants rencontrés par le président américain Barack Obama durant sa visite au Vietnam[12],[13], en dépit des tentatives de la police pour empêcher la rencontre[1]. Après sa candidature avortée, ses concerts sont à plusieurs reprises l'objet de descentes de la police (en)[14]. Déçue par sa rencontre avec Obama, qui lui aurait simplement conseillé la patience, elle en fait une chanson, Just Be Patient[6].

Son militantisme lui vaut d'être ostracisée par l'industrie musicale vietnamienne. En , la police interrompt un concert privé qu'elle donne avec son groupe The Dissidents à Hanoi[15]. Alors qu'elle est interdite de concert et que ses disques sont interdits à la vente, sa musique reste diffusée grâce à internet[2]. Le , elle est brièvement arrêtée par la police alors qu'elle manifeste contre la visite du président américain Donald Trump au Vietnam[16],[17], en raison de sa misogynie et de son racisme[14], en brandissant une banderole « Peaceiss on you Trump »[2]. Cette action lui vaut d'être expulsée de son appartement à deux reprises[14].

En , elle est de nouveau brièvement arrêtée, alors que les autorités vietnamiennes accentuent leur répression à l'égard des personnalités dissidentes[2]. Elle accuse les compagnies Facebook et Google de se montrer complaisantes envers la censure du régime vietnamien, en retirant de leurs plate-formes des contenus critiques du régime. Ainsi sa chanson We Want, à caractère politique, a été retirée de You Tube (propriété de Google). Elle manifeste en cette occasion dans les rues de Hanoï[8].

Sa critique des autorités se poursuit avec son album Dissent, qui contient des titres tels que « Cuffed In Freedom » (« Menottée en liberté ») ou « Re-education Camp » (« Camp de rééducation »). En 2019 une nouvelle loi sur la cybersécurité oblige les géants du net à retirer les contenus sur demande des autorités, réduisant d'autant les espaces de liberté au Vietnam[4]. En conséquence, ses concerts, tenus dans des lieux underground, ne peuvent plus être annoncés par messagerie sur téléphone portable ni sur Facebook[11].

Elle est l'une des « 12 défenseur-e-s exemplaires des droits humains à suivre en 2018 » selon Amnesty International[18].

Exil aux États-Unis

En tournée aux États-Unis, elle avait scandalisé aussi la communauté américano-vietnamienne, en demandant à ce que le drapeau de l'ancien Vietnam du Sud soit décroché d'une scène où elle devait chanter[1].

Depuis 2019, Mai Khoi vit en exil aux États-Unis[5]. En 2021 elle réside dans la ville de Pittsburgh[6]. Elle reforme son groupe Mai Khôi and the Dissidents avec de nouveau musiciens[3].

Prix

femme debout sur une scène avec une guitare
Mai Khôi en 2018.

Discographie

  • 2005 : Khôi.
  • 2006 : Một ngày Khôi.
  • 2007 : Mai Khôi hay hoa hồng.
  • 2008 : Hoa dại.
  • 2008 : Mai-Khoi Sings Quoc-Bao.
  • 2010 : Made in Mai Khôi.
  • 2011 : Mai Khôi hát Lê Cát Trọng Lý.
  • 2017 : Dissent / Bất đồng (avec The Dissidents).

Références

Documentaire

Liens externes

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