Maigret et les Vieillards

roman de Georges Simenon From Wikipedia, the free encyclopedia

Maigret et les Vieillards est un roman policier de Georges Simenon publié en 1960. Il fait partie de la série des Maigret. Son écriture s'est déroulée entre les 15 et à Noland, Echandens (canton de Vaud), Suisse.

Faits en bref Auteur, Pays ...
Maigret et les Vieillards
Auteur Georges Simenon
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Genre Roman policier
Éditeur Presses de la Cité
Lieu de parution Paris
Date de parution 1960
Type de média Livre papier
ISBN 2253125202
Chronologie
Série Commissaire Maigret
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Le commissaire Maigret est chargé de résoudre une affaire de meurtre : un vieil homme a été assassiné chez lui à coup de révolver. Les suspects sont peu nombreux. Le problème est que Maigret ne trouve aucun mobile à l'assassinat : le vol, la politique, la religion, l'amour, la jalousie, la vengeance, la haine, semblent être des mobiles qui ne sont pas entrés en ligne de compte. Au cours de l’enquête, il est amené à croiser plusieurs personnes âgées de plus de 70 ans (d'où le titre du roman).

Le roman se déroule à Paris (principalement rue Saint-Dominique, rue de Varenne, rue Jacob, rue de la Pompe), au début des années 1960. L’enquête dure deux jours et se déroule au mois de mai.

Principaux personnages

  • Enquêteurs
    • Jules Maigret : commissaire divisionnaire à la Police judiciaire.
    • Janvier, Lucas, Lapointe et Moers : inspecteurs de police.
    • Urbain de Chézaud : juge d'instruction chargé de l'enquête.
    • Docteur Tudelle : médecin légiste.
  • Victime
    • Comte Armand de Saint-Hilaire : 77 ans, ancien ambassadeur, célibataire.
  • Suspects
    • Jaquette Larrieu : 73 ans, gouvernante de Saint-Hilaire.
    • Alain Mazeron : 45 ans, antiquaire, neveu de Saint-Hilaire, séparé de sa femme.
    • Isabelle de V…, dite « Isi » : 72 ans, fille du duc de S…, épouse puis veuve récente du prince Hubert.
    • Philippe de V… : presque 50 ans, fils d'Isabelle et d'Hubert.
    • Julien de V… : 20 ans, étudiant, fils de Philippe et petit-fils d'« Isi ».

Résumé

Le roman comporte 8 chapitres.

Mise en place de l'intrigue

Chapitres 1 et 2.

Le commissaire Maigret et son épouse dînent en soirée avec leur couple d'amis, les Pardon. Un thème nourrit la discussion : qui, du psychiatre, du maître d'école, du romancier ou du policier, est le plus capable de « sonder » l'âme humaine ?

Le lendemain au petit matin, Maigret est appelé en urgence devant le directeur de la P. J. parisienne. Une enquête urgente est requise par le ministère des Affaires étrangères : le comte Armand de Saint-Hilaire, ancien ambassadeur aujourd'hui retraité, célibataire sans enfant, vient d'être découvert assassiné, moins d'une heure auparavant, par sa gouvernante, Jaquette Larrieu, dans sa paisible maison familiale de la rue Saint-Dominique.

Interrogée rapidement, Jaquette Larrieu, un peu sourde, se montre laconique et très réservée.

Première journée d'enquête

Chapitres 3 à 5.

Le neveu d'Armand, Alain Mazeron, un antiquaire séparé de sa femme et inhibé, ne paraît pas avoir de mobile. Son oncle finançait largement son activité d'antiquaire et il était le seul héritier.

Maigret apprend que Saint-Hilaire entretenait une liaison épistolaire régulière, dans le cadre d'un amour platonique, presque mystique, depuis une cinquantaine d'années avec Isabelle, son grand amour de jeunesse. Cette dernière est d'ailleurs devenue veuve récemment : son mari, épousé dans le cadre d'un mariage de raison, est décédé trois jours auparavant. Elle envisageait d'épouser, après la période de convenance de deuil, Armand qui avait jadis renoncé à elle faute d'argent.

Maigret interroge Maître Aubonnet, le vieux notaire de famille, qui lui apprend que le comte de Saint-Hilaire était apprécié de tous et que, si Mazeron sera effectivement le seul héritier, Jaquette recevra une rente viagère correcte jusqu'à sa mort, l'empêchant de tomber dans la misère.

Le médecin légiste, qui a effectué l'autopsie rapidement, indique que le comte était en excellente santé lors de son assassinat.

L'épouse de Mazeron dresse à Maigret un portrait bien peu flatteur de son époux, décrit comme étant aimable avec les gens extérieurs, mais froid et cruel au sein de la famille. Elle le dit incapable d'un acte agressif. Elle ne le croit pas coupable du meurtre.

Auditionnée, « Isi » dit qu'elle se faisait une joie de revoir Armand après toutes ces années et de vivre avec lui. La veille au soir, elle était entourée de sa famille et de serviteurs en raison de la mort récente de son époux : ce n’est sûrement pas elle qui a tué Armand.

Maigret rencontre aussi le fils d'« Isi », Philippe. L'homme lui révèle que la veille au soir, il a fréquenté une prostituée aux Champs Élysées, dont il donne les principales caractéristiques. Philippe semble être sincère et n'avait aucune acrimonie à l'encontre d'Armand.

La première journée d'enquête se termine sur un malaise que ressent Maigret : les vieillards aristocratiques (le comte défunt, « Isi », le notaire, etc.) parmi lesquels il vient d'enquêter évoluent dans un monde particulier, à la fois irréel et intemporel, dans lequel le commissaire ne parvient pas à s'intégrer.

Seconde journée d'enquête, dénouement et révélations finales

Chapitres 6 à 8.

Les résultats de l'enquête de routine concernant Philippe, le fils d'« Isi », prouvent que la veille au soir, il avait effectivement recouru aux services tarifés d'une prostituée aux Champs Élysées. L'homme dispose donc d'un alibi sérieux. Au demeurant, Maigret ne lui voyait aucun mobile.

À contrecœur, par « élimination » des rares suspects, Maigret ne peut porter ses soupçons que sur Jaquette. Il demande à un inspecteur de vérifier si ses mains portent les résidus de poudre issus d'un tir d'arme à feu. Peut-être la vieille gouvernante a-t-elle été jalouse de voir s'immiscer une autre femme (« Isi ») entre son maître et elle ?

Les résultats de l'examen des vêtements de Jaquette montrent que la vieille femme a tiré récemment avec une arme à feu. Elle est donc impliquée dans la mort du comte. Vingt-quatre heures après le début de l’enquête, celle-ci semble bouclée !

Arrêtée, Jaquette s'enferme longtemps dans le mutisme le plus complet, puis demande à voir son confesseur, l'abbé Barraud. Son vœu est exaucé et le prêtre, autre octogénaire, lui conseille de dire toute la vérité.

Jaquette révèle que, depuis quelque temps, Saint-Hilaire se croyait atteint d'une maladie incurable, malgré l'avis contraire du docteur Ourgaud, son médecin. Le comte n'avait pas voulu qu'Isabelle, devenant son épouse dans un futur proche, ne connaisse de lui « que les misères d'un corps usé et malade ». Il s'est donc suicidé avec son revolver afin de ne pas ternir un amour parfait et éthéré qu'aucune contingence n'avait troublé pendant cinquante années. En découvrant le corps, Jaquette avait craint que l'Église, qui condamne le suicide, refuse au comte les derniers sacrements et une sépulture chrétienne. Elle avait pris le revolver, avait tiré au jugé sur le mort, simulant un meurtre, puis avait jeté l’arme dans la Seine avant de se rendre au Quai d'Orsay.

Aspects particuliers du roman

Perdu au milieu de « personnages surgis d’un autre siècle », Maigret s’inquiète, car tous les suspects vivent de façon candide et paraissent innocents. Il éprouve un intense soulagement en apprenant le suicide de celui qui semblait assassiné : il ne devra inculper aucun des vieillards débonnaires qui peuplent le roman.

Éditions

Adaptations

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • Maurice Piron, Michel Lemoine, L'Univers de Simenon, guide des romans et nouvelles (1931-1972) de Georges Simenon, Presses de la Cité, 1983, p. 366-367 (ISBN 978-2-258-01152-6)

Liens externes

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