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Système principal de combat terrestre

projet d'équipement militaire franco-allemand From Wikipedia, the free encyclopedia

Le Système principal de combat terrestre, abrégé en SPCT et en anglais MGCS pour Main Ground Combat System, est un projet d'armement franco-allemand lancé en 2012 pour développer un char de combat qui remplacerait le Leopard 2 dans l'armée allemande et le Leclerc dans l'armée française vers 2045[1].

ServicePrévu pour l'horizon 2045
UtilisateursDrapeau de la France France, Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Faits en bref Caractéristiques de service, Type ...
MGCS
Image illustrative de l’article Système principal de combat terrestre
Caractéristiques de service
Type char de combat
Service Prévu pour l'horizon 2045
Utilisateurs Drapeau de la France France, Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Production
Concepteur Nexter, Rheinmetall et Krauss-Maffei Wegmann
Année de conception 2012-Présent
Fermer

Projet

Gouvernance

Ce type de projet comporte des rapports de force entre des parties prenantes à l'échelle d'une nation. En conséquence, les enjeux sont importants en politique et en économie, au niveau national et international. L'historique ci-dessous retrace les événements marquants de ce projet prévu sur plusieurs décennies dès l'origine.

Sur la gouvernance

  • L'Allemagne et la France ont cherché à s'associer pour des raisons de réduction de coûts notamment par l'augmentation globale du volume de chars d'un même modèle produit ;
  • Pour ce faire les groupes industriels Nexter et Krauss-Maffei Wegmann ont fusionné dans KNDS ;
  • L'Italie et la Pologne ont étudié leur participation potentielle ;
  • Rheinmetall est venue s'ajouter au projet du côté allemand ;
  • Une lutte de pouvoir complexe a commencé :
    • Il y a deux États, mais trois sociétés, une française et deux allemandes (Nexter, KMW, et Rheinmetall).
    • D'une part les États veulent partager le pouvoir à 50 %-50 %, d'autre part les deux sociétés allemandes sont en concurrence, et chacune veut prendre l'ascendant sur l'autre et éventuellement absorber l'autre ;
    • La France refuse de descendre en dessous des 50 % de participation, ce qui empêche la répartition en trois tiers entre les sociétés ;
    • Pour parvenir à un accord de toutes les parties, la production a été scindée en lots, eux-mêmes parfois scindés en deux ;
    • De ce fait, l'inclusion éventuelle de l'Italie ou de la Pologne n'est pas facilitée.

Sur les objectifs

Comme souvent dans les projets internationaux, les objectifs peuvent diverger, il suffit de se rappeler des projets internationaux passés, comme le MBT-70.

  • Les Français veulent être très innovants et privilégient les besoins opérationnels de leur armée de terre.
  • Les Allemands sont davantage dans une logique industrielle et commerciale : quel successeur proposer aux 19 clients de l’actuel Leopard 2, dont la Bundeswehr ?
  • Et la question des exportations reste un point de crispation réelle entre la France et l'Allemagne.

Parties prenantes

Administration

Les contrats sont passés par l'Office fédéral des équipements, des technologies de l'information et du soutien en service de la Bundeswehr (BAAINBw)[2].

Sociétés

En , les sociétés principalement impliquées dans le projet sont :

Les deux dernières sont regroupées dans KNDS (KMW+Nexter Defense Systems), basée à Amsterdam (Pays-Bas), qui est une société holding des sociétés de défense Krauss-Maffei Wegmann (KMW) allemande, fusionnée au printemps 2015, et la société d'État Nexter française[3].

L'étude d'architecture a été divisée en neuf piliers partagés entre les trois industriels avec un équilibre coûts et charges de travail à parité entre la France et l'Allemagne : trois piliers pilotés par Nexter, trois piliers par Krauss-Maffei Wegmann et trois piliers pour Rheinmetall[4].

Accompagnement par l'ISL

Le projet est accompagné par l'Institut franco-allemand de recherches de Saint-Louis (ISL)[5].

Innovations technologiques et expertise de l’ISL pour le MGCS[6] :

Canon

Historique

Planification initiale en 2020

En , le plan est le suivant[4] :

  • Les études importantes débutent en 2025 ;
  • Un démonstrateur est livré entre 2025 et 2030 ;
  • Le char est opérationnel en 2035.

Prolongation de l'étude d'architecture jusqu'en 2023

En il est annoncé que l'étude d'architecture doit être prolongée jusqu'au début de 2023. Les difficultés sont causées par la répartition des tâches, prévue à l'origine à moitié entre les entreprises française et allemande, mais qui se retrouve chamboulée par l'arrivée de Rheinmetall dans le conglomérat[7].

Redéfinition du cahier des charges en 2023

Le ministre des Armées Sébastien Lecornu annonce vendredi à l'Assemblée nationale qu'il doit se rendre à Berlin le pour relancer le programme de coopération franco-allemand sur le "char du futur". Il précise avoir donné un mandat au chef d'état-major de l'armée de Terre pour faire des propositions en lien avec le chef d'état-major allemand pour définir clairement le cahier des charges : s'il doit être habité, s'il doit avoir son essaim de drones, et le niveau de durcissement de son armement. Le ministre déclare ainsi vouloir donner la définition du cahier des charges aux militaires de l'armée de Terre plutôt qu'aux industriels. Le ministre a prévu d'en rendre compte au Parlement en 2025, sous la forme d'un point de situation[8].

Protocole d'accord en 2024

Le , les ministres de la Défense allemand et français signent à Paris un protocole d'accord sur le lancement de la première phase du projet[9],[10]. La répartition se fait sur huit piliers :

  • pilier 1 : plateforme et navigation automatisée, sous direction allemande ;
  • pilier 2 : tourelles, canons et munitions, sous direction franco-allemande ;
  • pilier 3 : armement secondaire [comme les missiles], sous direction française ;
  • pilier 4 : système de communication et de commandement, sous direction franco-allemande ;
  • pilier 5 : simulation, sous direction franco-allemande ;
  • pilier 6 : technologie des capteurs, sous direction française ;
  • pilier 7 : protection et défense contre les drones, sous direction allemande ;
  • pilier 8 : logistique, soutien et infrastructures, sous direction franco-allemande[11]

Thales partenaire en 2025

En , Thales SIX GTS France entre dans le projet au travers d'un pacte d'actionnaires en vue de la création d'une MGCS Project Company basée à Cologne, répartie à parts égales entre les quatre entreprises (KNDS Deutschland, KNDS France, Rheinmetall Landsysteme et Thales SIX GTS France), avec une répartition industrielle de 50% pour l'Allemagne et de 50% pour la France[12]. En , l’Office fédéral de lutte contre les cartels (Bundeskartellamt : BKartA) valide le dernier accord nécessaire à ce projet. Devrait suivre un appel d'offres en vue de la notification des contrats permettant d’engager une nouvelle phase de développement et de conception pour chacun des huit piliers[13].

Report

Le déploiement du MGCS a été repoussé des années 2030 à une période 2040-2045[14].

Solutions intermédiaires

En raison du projet français de retirer ses chars Leclerc d’ici 2037, un déficit potentiel de capacité de défense est créé. Par conséquent, sous la pression du temps et du budget, le ministère français évalue une solution provisoire alignée sur les options du marché mondial et les intérêts de l’industrie nationale, conçue pour intégrer progressivement les technologies MGCS telles que les armes avancées, la protection, les réseaux et les systèmes robotiques[15].

Le retard du projet a également déclenché des discussions sur d'éventuelles solutions provisoires du côté allemand, comme des mises à niveau du Leopard 2A7/A8 ou des améliorations encore plus importantes sous la forme d'un "Leopard 3"[16].

Leopard 3

Le développement du Leopard 3 a débuté début 2025 et devrait entrer en production au début des années 2030[17].

Le Leclerc Évolution, intermédiaire avant le MGCS

La France envisage une solution temporaire pour ses chars de combat alors que la situation en Europe se dégrade. Il serait prévu de créer un successeur au Leclerc, de la même manière que le Leopard 3 pour l’Allemagne permettrait d'attendre le MGCS[18]. Cela prend en 2024-2025 la forme d'une variante du Leclerc, le Leclerc Évolution[19],[20],[21],[22].

EMBT

L'Enhanced Main Battle Tank (EMBT) est un démonstrateur technologique franco-allemand de char de combat conçu par KNDS. Le char est dévoilé le au salon international de la défense Eurosatory.

Capint

Le Capint (CAPacité INTermédiaire) est un projet de char de combat conçu par KNDS France, dévoilé le au salon international de la défense Eurosatory. Basé sur le châssis du Leopard 2, il opère avec un canon Ascalon.

Autres projets européens

Deux études, financées par le fonds européen de défense sont lancés en 2025[23] :

Membres du projet

Membres potentiels

  • Drapeau de la Belgique Belgique : la participation de la Belgique au programme a été évoquée mais n'a pas fait l'unanimité chez les parlementaires[24].
  • Drapeau de l'Espagne Espagne : l'armée espagnole a annoncé son intérêt à remplacer le Leopard 2E avec le MGCS dès qu'il sera disponible[25].
  • Drapeau de l'Italie Italie[26],[27] : à la suite de l'accord entre la France et l'Allemagne en , l'Italie envisage sa participation au projet[28].
  • Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas[réf. nécessaire]
  • Drapeau de la Suède Suède : la Suède demande en 2021 le statut d'observateur au sein du projet[29].

Pays non intéressés

  • Drapeau de la Pologne Pologne : le , la Pologne est exclue du projet en raison de ses choix d'accords militaires uniquement avec les États-Unis[30].

Notes et références

Annexes

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