Ce bâtiment est une ancienne dépendance des chartreux du Mont-Dieu[2]. La date de construction n'est pas connue avec précision. La construction doit remonter à la fin du XVIe siècle et début du XVIIe siècle[4]. Une taque de cheminée est datée de 1626[4]. Trois activités y sont alors exercées : l'élevage, la pêche, l'échange de denrées par l'intermédiaire de bateaux rejoignant la Meuse[4].
Déclaré bien national et vendue à la Révolution, cette ferme devient la propriété de Jean Abraham André Poupart de Neuflize, le futur baron Poupart de Neuflize, manufacturier protestant de Sedan, fils du manufacturier de même nom[5]. Inquiété un moment pendant la Terreur, il s'y installe discrètement à quelques reprises[6], ainsi que son épouse, Adélaïde Dumoustier de Vastre, près d'un ami qui exploitait cette ferme fortifiée pour leur compte et qui était également maire de la commune du Mont-Dieu[7]. À quelques kilomètres de la ferme, la chartreuse du Mont-Dieu est alors transformée en prison pour tous les suspects de visées contre-révolutionnaires. Jean Abraham André Poupart de Neuflize décède en 1810. Huit ans plus tard, en 1818, son épouse, cette même Adélaïde Dumoustier de Vastre revend ce bien à Jean-Nicolas Gendarme, célèbre industriel des Ardennes[4].
Sa situation isolée, entourée d'herbages humides et en partie marécageux, cause de maladie du bétail, explique l'abandon de cette propriété dans la deuxième partie du XIXe siècle[4].
L'édifice est inscrit au titre des monuments historiques en 1926[1]. Il a été restauré dans les dernières décennies du XXe siècle[4].