Maisons à pans de bois à Quimper
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Dans le centre-ville historique de Quimper, les nombreuses maisons à pans de bois ou maisons à colombages marquent par leurs couleurs et leurs aspects.
Avec l'Alsace, le Pays basque, et la Normandie, la Bretagne est l'une des régions de France qui compte les plus de maisons à pans de bois, au nombre de 1500.
Ces constructions sont peu conservées pour des raisons de sécurité, de développement urbain, et d'agrandissement des rues à partir du XIVe siècle. Les maisons à pans de bois de Quimper sont un témoignage des techniques de constructions du XIVe siècle siècle au sein de villes européennes. Elles permettent également de mieux comprendre le mode de vie des Quimpérois à cette époque. Le rez-de-chaussée était réservé au commerce, permettant d'avoir "pignon sur rue", les maisons étant généralement construites sur un parcellaire étroit, se développant alors sur leurs longueurs. Leurs étages étaient réservés aux habitations, avec la pièce à vivre et les chambres[1].
Au cours de leur histoire, les maisons à colombages connaissent des modifications de l'ordre de l'entretien ou du rafraîchissement de façade, mais aussi dans le but de les cacher et de complètement les modifier. En effet en 1769, un arrêté municipal interdit la construction de nouvelles maisons à pans de bois, pour privilégier la construction de maisons en pierres et faire recouvrir la façade de celles déjà existantes[2].
Victimes de nombreuses destructions car oubliées et peu ou pas valorisées, ces maisons sont en partie classées aux monuments historiques, pour la majorité en 1958. Elles sont ainsi considérées, protégées et entretenues à leur juste valeur au sein du patrimoine quimpérois. Aujourd'hui on compte 20 maisons à pans de bois classées sur les 73 existantes à Quimper.
Les matériaux utilisés, en majorité du bois et de la terre glaise ou du torchis, permettent également d'apprendre davantage sur les conditions climatiques de la région de construction. En effet, des analyses dendrochronologiques[3]et palynologiques peuvent être réalisées sur des échantillons, pouvant ainsi déterminer les essences de bois utilisées ainsi que leur ancienneté, ou encore les plantes et matériaux associés au torchis ou à la terre glaise. L'alliance de ces matériaux relativement accessibles, tant en termes de proximité que de moyens, est très anciennement connue pour la construction d'habitations. Les propriétaires pouvaient signifier leur richesse par l'ajout d'un décor extérieur comme des statuettes ou des inscriptions[1].
Place Terre au Duc
La place Terre au Duc à Quimper est entourée de maisons à pans de bois. Certaines de ces maisons sont classées aux monuments historiques[4].
Cette place, en dépit de ses rivalités passées entre le duc de Bretagne et l'évêque, aura surtout laissé les maisons à pans de bois, logis de trois siècles restaurés. Sur cette place, également appelé la place du marché, les volontaires sortent leurs pinceaux entre les Halles et la rue Kéréon pour saisir la beauté du Steir à l'occasion du concours « Peindre Quimper »[5].
Rue Kéréon
La rue Kéréon abrite l'une des maisons à colombage les plus remarquables de la ville, mariant harmonieusement le bois et l'ardoise. En y prêtant attention, on peut distinguer une petite niche de style Renaissance ornant l'un de ses côtés, ainsi qu'une baie moulurée, autrefois dotée d'un meneau. C’est notamment dans cette rue qu’en 2021 des travaux ont été entrepris, travaux qui vont permettre de dater précisément leur construction[6].
En effet, le no 10, l’une des plus anciennes maisons à pans de bois de la ville, classée au “patrimoine remarquable” a connu l’un des plus gros projets de restauration qui consistait entre autres à l’installation de grands échafaudages.
À l'origine, les pans de bois de cette maison du XVIe siècle étaient enduits d'une teinte ocre rouge. Deux siècles plus tard, lors de travaux de modernisation, cette couleur a été remplacée par une peinture grise. C’est finalement ce gris qui a été choisi pour la rénovation actuelle.
Les travaux, débutés le , dureront entre cinq et six semaines. Ils consistent à décaper, nettoyer et repeindre la façade. Un nouvel enduit sera appliqué sur le pignon droit pour protéger les murs en moellons des intempéries bretonnes. Enfin, les appuis des portes-fenêtres en bois seront remplacés et repeints à l’huile.
D’après Patrick Cathelain, ingénieur des Bâtiments de France, « La peinture à l’huile met bien plus de temps à sécher, mais c’est le prix à payer pour avoir un résultat authentique ».
Simultanément, les pans de bois seront remplacés par des pièces neuves, fabriquées artisanalement. Ces nouveaux éléments, taillés dans du chêne comme à l’origine, respectent les méthodes traditionnelles. Aucun travail n’est prévu à l’intérieur du bâtiment.
Face à cette maison, un autre important projet de restauration a eu lieu au même moment car l’état de la maison étaient préoccupant. En effet, cette maison n’avait pas connu de travaux depuis 400 ans donc sur l’angle côté Ouest, trois poteaux de bois était hors d’usage, surement en raison de la pluie qui a causé la pourriture du bois. Le bois d’origine a donc été remplacé par du bois neuf, taillé comme il l’était à l’époque[7].

