Maksym Boutkevytch
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Université du Sussex (maîtrise ès arts)
Lycée humanitaire ukrainien (en)
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Faculté de philosophie de l'université nationale Taras-Chevtchenko de Kiev (d) (diplôme de spécialiste (en)) Université du Sussex (maîtrise ès arts) Lycée humanitaire ukrainien (en) |
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| Distinctions | Liste détaillée Prix Příběhy-bezpráví () Prix Anne-Frank pour la dignité humaine et la tolérance (d) () Ordre du Courage de 3e classe () Prix des droits de l'homme Václav-Havel () |
Maksym Oleksandrovytch Boutkevytch (en ukrainien : Максим Олександрович Буткевич, né le ) est un militant des droits humains et journaliste ukrainien, également membre des forces armées ukrainiennes.
Formation
Maksym Oleksandrovytch Boutkevytch naît à Kiev dans une famille d'intellectuels. Dans son enfance, il rêve de devenir astronaute, mais des problèmes cardiaques révélés par des examens médicaux l'empêchent de concrétiser cette ambition[1].
En 1990, alors qu’il poursuit encore des études secondaires, il déclare son soutien à l’indépendance de l’Ukraine[2] et participe à sa première manifestation, en créant un comité de grève non violent dans son établissement pendant la révolution de granite. Après l’obtention de son diplôme de fin d’études secondaires, il étudie au Lycée ukranien d'humanités (en)[3].
Il intègre ensuite la faculté de philosophie de l'université nationale Taras-Chevtchenko de Kiev et obtient un diplôme de philosophie (spécialisation en philosophie sociale et philosophie de l'histoire)[4]. Durant ses années étudiantes, il est un militant anarchiste et antifasciste de premier plan, participant au syndicat étudiant Action directe (en)[5]. Par la suite, de 1998 à 1999, Boutkevytch travaille comme méthodologue au département d’études culturelles et d’archéologie de l’université nationale Académie Mohyla de Kiev[6].
Au cours de sa formation, il sort diplômé du département militaire et reçoit le grade de lieutenant dans la réserve de l'armée ukrainienne[7].
Il poursuit ensuite ses études à l'université du Sussex, au Royaume-Uni, où il obtient un Master of Arts en anthropologie (spécialisation en anthropologie du développement (en) et transformation sociale)[4].
Carrière de journaliste

La carrière de journaliste de Maksym Boutkevytch commence en 1999, année où il intègre le département d’information internationale de la chaîne STB en tant que correspondant et rédacteur. En 2001, il rejoint le service international de TSN sur la chaîne 1+1[6].
En 2003, Boutkevytch s’installe au Royaume-Uni, où il travaille comme journaliste pour la section ukrainienne du BBC World Service à Londres. À la fin de son contrat de 18 mois, il reste journaliste indépendant pour des sites d’actualité locaux et des stations de radio[6].
En 2006, il revient en Ukraine, où il devient journaliste au département d’information internationale de TSN, puis, l’année suivante, correspondant spécial du département international de NIS (chaîne Inter)[6].
Militantisme pour les droits humains

Après avoir quitté la BBC, Boutkevytch reste quelque temps à Brighton, où il étudie à l’université du Sussex et s’implique dans les mouvements anarchiste et altermondialiste[1],[4].
En 2008, Maksym Boutkevytch devient cofondateur et co-coordinateur de l’initiative non gouvernementale No Borders, qui observe la situation des droits humains en Asie centrale et dans d’autres régions, promeut le droit d’asile et les droits des réfugiés en Ukraine, et œuvre contre la xénophobie et le racisme[8],[9]. Au sein de No Borders, Maksym Boutkevytch travaille à la protection des réfugiés, des personnes déplacées internes et des apatrides, et étudie le discours de haine[1].
De 2009 à 2012, il participe aux activités de la New Ukraine School of Professional Journalism[4]. Parallèlement, il conduit des formations et donne des conférences publiques à l'université nationale Académie Mohyla de Kiev[10].
Pendant plusieurs années, il travaille comme spécialiste en relations publiques pour le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés en Europe de l’Est[11]. Il est également conseiller auprès du bureau du HCR[10],[12].
En 2012, avec Tetiana Petchontchyk et Maryna Hovoroukhina, il fonde le Centre des droits humains ZMINA[13],[9].
En 2013, il cofonde Hromadske Radio, où il travaille comme journaliste et présentateur pendant deux ans[11] ; durant le mouvement Euromaïdan, il s’implique dans des initiatives citoyennes de défense des droits humains[14],[15].
À partir de , Boutkevytch intervient comme coordinateur au Centre de ressources pour l’aide aux personnes déplacées internes, un projet commun d’initiatives citoyennes qui apportent une assistance aux déplacés internes (en) et au secrétariat du médiateur du Parlement ukrainien pour les droits de l’homme. L’objectif de l’initiative est d’aider les déplacés de Crimée et du Donbass en mettant en relation ceux qui offrent un logement et ceux qui en ont besoin[16], ainsi que fournir nourriture, vêtements, médicaments et accompagnement[10].
Il prend aussi une part active au comité de solidarité avec les otages du Kremlin, militant activement pour la libération de prisonniers politiques ukrainiens, dont Hennadiy Afanassiev (uk), Oleh Sentsov et Oleksandr Koltchenko[10].
Il est également membre du Conseil public auprès du ministère de l’Intérieur (2008–2010), membre du comité national d’Amnesty International en Ukraine (2007–2008), et participant-formateur du programme national d’éducation « Comprendre les droits humains »[8]. En outre, il anime des projections et événements DocuDays UA et conseille l’Alliance ukrainienne pour la santé publique[14].
Guerre et capture
Malgré ses convictions historiquement antimilitaristes et pacifistes, Maksym Boutkevytch se porte volontaire au début de l’Invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 pour combattre au sein des forces armées ukrainiennes[2]. Il publie le message suivant sur Facebook :
« Malheureusement, je dois mettre entre parenthèses mon aide aux réfugiés, mes activités humanitaires et de défense des droits humains. Je pense que vous pouvez comprendre pourquoi à partir de la photo. […] Il y a des moments où il faut être prêt à défendre ce qui est important — j’en suis fermement convaincu. Et le reste — après la victoire[17]. »
En , Boutkevytch est capturé près des villes de Zolote et Hirske, dans l’oblast de Louhansk, tenues par la Russie[11],[7],[18]. Les médias d’État russes publient une vidéo de son interrogatoire[19]. Par la suite, le ministère russe de la Défense confirme que Boutkevytch est un prisonnier de guerre et, au , se trouve dans la région de Louhansk occupée par la Russie[20]. En raison de son soutien aux déplacés internes pendant la guerre du Donbass et de son passé de journaliste à la BBC, les médias russes le qualifient respectivement de « néonazi » et d’« espion britannique »[2],[18],[21],[22].
Le , le Comité d’enquête russe annonce que Boutkevytch est condamné à 13 ans de prison[23],[24],[25]. Boutkevytch est accusé de crimes de guerre contre des civils, en particulier d’avoir tiré au lance-grenades sur des civils à Severodonetsk. Le tribunal ignore des éléments montrant qu’à la date de l’attaque présumée, Boutkevytch ne se trouve pas à proximité de la ville[26].
Le Centre conjoint pour la recherche et la libération des prisonniers de guerre et des militants des droits humains s’engage pour obtenir sa libération[11],[15].
Le , une cour d’appel à Moscou confirme la peine de 13 ans. Boutkevytch n’est pas présent à l’audience, et ne peut parler que par visioconférence depuis une prison de Louhansk. Selon son avocat, Boutkevytch est contraint à des aveux sous la torture et, après avoir avoué, il confirme que les tortures cessent[26],[27],[28].
Néanmoins, le , Boutkevytch est libéré dans le cadre d’un échange de 190 prisonniers entre l’Ukraine et la Russie[29].
Distinctions
Le , Maksym Boutkevytch reçoit le prestigieux prix des droits de l'homme Václav-Havel.
- Appels à libérer Boutkevytch au festival Docudays UA ().
- Boutkevytch après sa libération ().
Références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Maksym Oleksandrovych Butkevych » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 (uk) Iryna Vyrtosu, « Максим Буткевич: "Ми маємо справу з брудними речами і, як асенізатори, вигрібаємо каналізацію держави…" », sur Zmina, (consulté le )
- 1 2 3 (en) Nataliya Gumenyuk, « Ukraine's independence day was always important. Now it is a matter of life and death », sur The Guardian, (consulté le )
- ↑ (uk) « Українському гуманітарному ліцею — 25 років », sur Kyiv City State Administration, (consulté le )
- 1 2 3 4 (uk) « Викладачі, що брали участь у роботі Школи у 2009–2012 рр. », sur New Ukraine School of Professional Journalism (consulté le )
- ↑ (en) « Free Maksym Butkevych! », sur Social Movement, (consulté le )
- 1 2 3 4 (uk) « Тренінг «Расизм та ксенофобія в українському суспільстві» », sur GenderZed, (consulté le )
- 1 2 (uk) « "Наш обов'язок — витягти його з полону" — рідні і колеги про правозахисника Максима Буткевича », sur Suspilne Ukraine, (consulté le )
- 1 2 (ru) « Тренинг "Национальные меньшинства и беженцы в украинских медиа: преодоление стереотипов и усиления толерантности" », sur Vgorode, (consulté le )
- 1 2 « Maksym Boutkevytch, militant des droits de l'homme ukrainien, capturé par les forces russes », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 4 (uk) Diana Kuryshko, « Як російська пропаганда робить "нациста" з правозахисника Максима Буткевича », sur BBC News Ukrainian, (consulté le )
- 1 2 3 4 (uk) Serhiy Mokrushyn et Rustem Khalilov, « Антимілітарист, який взявся за зброю. Максим Буткевич та його шлях від правозахисника до військового », sur Krym Realii, (consulté le )
- ↑ (uk) Mykhailo Koifman, « Максим Буткевич », sur Ukrainian Independent Information Agency, (consulté le )
- ↑ (uk) « Полонений правозахисник Максим Буткевич отримав чеську премію "Історії несправедливості" », sur Zmina, (consulté le )
- 1 2 « Natalia Humeniuk & Maksym Butkevych », sur Docuspace, (consulté le )
- 1 2 Kostia Andreikovets, « The founder of "Hormadske Radio" Maksym Butkevych was captured by the Russians », sur Babel, (consulté le )
- ↑ Dusya, « Правозащитник Максим Буткевич – о тумане войны и нарастающей дискриминации переселенцев с Донбасса », sur Detector Media, (consulté le )
- ↑ (uk) « Правозахисник Максим Буткевич пішов захищати Україну », sur Detector Media, (consulté le )
- 1 2 Peter Beaumont, « Family of captured Ukrainian human rights activist plead for help », The Guardian, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (ru) « Сдавшиеся под Горским в ЛНР украинские военные на видео Минобороны рассказали, как их бросило командование », sur RIA Novosti, (consulté le )
- ↑ (uk) « росія визнала, що утримує у полоні правозахисника Максима Буткевича », sur 24 Kanal, (consulté le )
- ↑ « Russia officially confirms holding human rights activist Maksym Butkevych captive », imi.org.ua (consulté le )
- ↑ (en-US) Valerie Hopkins, « Fears rise for a rights activist captured while fighting for Ukraine. », The New York Times, (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Current Time, « Ukrainian Rights Defender Butkevych Sentenced To 13 Years In Prison In Russian-Occupied Region », sur Radio Free Europe/Radio Liberty, (consulté le )
- ↑ AFP, « Russian Proxy Court Jails Three Ukrainian Soldiers », sur Kyiv Post, (consulté le )
- ↑ « Human Rights Organizations and Activists Demand Freedom for Maksym Butkevych, a Ukrainian POW, Illegally Sentenced on one of Ukraine's Occupied Territories », sur Ukraine Crisis Media Center, (consulté le )
- 1 2 (en) Current Time, « Moscow Court Rejects Appeal Of Noted Ukrainian Rights Defender Against Prison Term », RadioFreeEurope/RadioLiberty, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) « Ukraine: Russian court upholds 13-year sentence against Ukrainian human rights defender Maksym Butkevych », sur Amnesty International, (consulté le )
- ↑ (en) Як врятувати Максима Буткевича – Олександр Павліченко (lire en ligne)
- ↑ (en) « Azov soldiers, human rights activist Butkevych among those returned in 190-person prisoner swap », sur The Kyiv Independent, (consulté le )