Malakássi
village et ancien dème en Grèce
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Malakássi (grec moderne : Μαλακάσι) est une localité située dans le dème des Météores, dans le district régional de Tríkala, dans la périphérie de Thessalie, en Grèce.
| Nom local |
(el) Μαλακάσι |
|---|
| Pays | |
|---|---|
| Diocèse décentralisé | |
| Périphérie | |
| District régional | |
| Municipalité | |
| Altitude |
857 m |
| Coordonnées |
| Population |
134 hab. () |
|---|
| Code postal |
42200 |
|---|---|
| Indicatif téléphonique |
2432 |
Selon le recensement de 2021, elle compte 133 habitants[1].
Géographie
Situation et topographie
Le village est perché à 850 mètres d'altitude, dans le massif montagneux du Pinde. Il se trouve sur la route nationale reliant Trikala à Ioannina, à environ 50 kilomètres de Kalambaka et après le village de Panagia. Le territoire de Malakasi se situe aux confins de la Thessalie, de l'Épire et de la Macédoine. Il est entouré de vastes zones forestières (pins, sapins et chênes) dominées par les sommets du sud du Pinde, notamment le col de Katara (1 800 m), le Zigos (1 700 m), le Koukourelos (1 684 m) et le Vulgaros (1 823 m).
Hydrographie
La région est riche en eau. Depuis le versant nord du mont Lakmos (sommets Peristeri et Zigos), deux cours d'eau, le Routzi et le Hinista, s'écoulent et confluent à l'ouest du village pour former le ruisseau de Malakasi, qui constitue la source du fleuve Pénée. Plusieurs sources parsèment la commune, telles que Hani, Triantafillo, Magou, Kiriaki et Funte-Niare.
Démographie et économie
La population du village connaît une forte variation saisonnière. D'environ 300 habitants en hiver, elle passe à près de 1 500 en été. Cette fluctuation s'explique par les retours estivaux, le tourisme local et le pastoralisme. L'économie repose en grande partie sur l'élevage. Le cheptel est estimé à environ 7 500 ovins et caprins, dont la majorité paît en liberté dans les forêts environnantes.
Histoire
Période ottomane
Au XVIe siècle, sous le règne de Soliman le Magnifique, Malakasi (situé près de l'ancienne cité d'Alalcomènes) abrite l'une des 15 bases militaires ottomanes quadrillant la Grèce. Selon la tradition, le moine et philosophe Dionysios (surnommé « Skylosofos ») serait passé par le village en 1601 pour inciter les habitants à se soulever contre l'occupant.
Vers 1700, les persécutions ottomanes poussent les habitants à abandonner leurs anciens peuplements (Paleochori et Mokosi, fondés avant le XIIIe siècle). Une partie de la population s'exile vers Serrès, tandis que l'autre fonde le village actuel. Une église dédiée à Saint-Nicolas y est érigée en 1729, avant d'être détruite par un incendie en 1892.
Au cours de la période ottomane, Malakasi, parfois surnommé « le petit Paris », se voit confier par les autorités turques l'administration d'une province rattachée aujourd'hui à Ioannina.
Époque contemporaine
À la suite du rattachement de la Thessalie à la Grèce en 1881, le village, devenu frontalier, accueille un poste de douane qui restera en activité jusqu'en 1914. Lors de la Première Guerre balkanique et du siège de Ioannina (1912-1913), Malakasi sert de halte à l'armée grecque ainsi qu'aux volontaires crétois commandés par le chef Klidis, en route vers Metsovo.
Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments
L'architecture de Malakasi est caractérisée par ses maisons traditionnelles en pierre. Le patrimoine religieux de la commune comprend cinq églises historiques : Saint-Nicolas, les Saints-Apôtres, l'Assomption de la Vierge Marie, Saint-Jean-Baptiste et le Prophète Élie. Un ancien moulin à farine datant de l'époque ottomane est également conservé.
Mythes et légendes
La toponymie locale est fortement imprégnée de légendes :
- Le col de Katara (« Malédiction »), parfois appelé « Plaine de l'Évêque » : son nom proviendrait de l'histoire d'un évêque qui y serait mort de froid en tentant de le franchir en plein hiver.
- Le Rocher du serpent : selon le folklore local, un serpent aux allures de dragon y cachait un trésor. Les habitants tentèrent de l'empoisonner avec du lait salé pour l'obliger à descendre boire à la rivière, profitant de son absence pour fouiller son nid. N'y trouvant rien, ils le détruisirent. À son retour, la créature, ivre de colère, aurait frappé la roche de sa queue, la fendant en deux.
Vie culturelle
Les principales festivités du village se déroulent le 29 juin (fête des Saint-Pierre et Saint-Paul) et le 15 août (Assomption). Ces événements sont l'occasion de célébrations religieuses et de fêtes traditionnelles animées par des musiciens locaux.
Personnalités liées à la commune
- Stefanos Sarafis (1890-1957) : général de l'armée grecque et l'une des principales figures de la Résistance grecque (ELAS) pendant la Seconde Guerre mondiale, est natif de Malakasi.
