Malouma
chanteuse et femme politique mauritanienne
From Wikipedia, the free encyclopedia
Malouma (prononciation : /mɑːloʊmɑː/), de son nom complet Maalouma Mint Mokhtar Ould Meidah (en arabe : المعلومة منت الميداح), née le à Mederdra, est une chanteuse populaire et femme politique mauritanienne. Elle a été élue sénatrice en 2007[1].
Mederdra, Mauritanie
| Nom de naissance | Malouma mint Mokhtar Ould Meidah |
|---|---|
| Naissance |
Mederdra, Mauritanie |
| Activité principale | Auteure-compositrice-interprète, chanteuse |
| Genre musical | blues, Pop, Reggae, rock, Afro, Griot |
| Instruments | Ardin |
| Années actives | Depuis 1980 |
| Site officiel | http://www.malouma.com/ |
Biographie
Jeunesse et formation
Malouma naît dans le village de Charatt, près de Mederdra, dans la région du Trarza, au sud-ouest de la Mauritanie[2]. Elle grandit au sein d'une famille de griots réputés : son père, Mokhtar Ould Meidah, est un poète, chanteur et joueur de tidinit, tandis que sa mère appartient également à une lignée de musiciens traditionnels[3]. Dès l'âge de six ans, elle apprend à jouer de l'ardin, une harpe traditionnelle mauritanienne réservée aux femmes[4].
Elle effectue sa scolarité primaire à Mederdra avant d'obtenir un diplôme d'institutrice à Rosso en 1974. Toutefois, les traditions sociales de son milieu l'orientent vers la musique plutôt que vers l'enseignement[3].
Carrière musicale
Malouma se produit pour la première fois sur scène à l'âge de douze ans et commence à donner des concerts en solo durant son adolescence[5]. Son titre « Habibi Habeytou » suscite un vif débat en raison de sa critique des rapports de domination au sein du mariage[6].
Après une interruption de sa carrière à la suite d'un mariage précoce, elle reprend la musique dans les années 1980. Son œuvre se distingue par une fusion entre les traditions musicales maures et des influences occidentales comme le blues, le rock, le jazz et la musique électronique. Elle chante principalement en hassanya, mais interprète également des chansons en arabe classique, en français et en wolof[3].
Dans les années 1990, les autorités mauritaniennes censurent ses chansons en raison de ses prises de position sur les droits des femmes et la liberté d'expression. Ses œuvres sont interdites sur les médias publics, ce qui l'incite à développer sa carrière à l'international[7].
Engagement politique
Malouma s'engage en politique au début des années 1990 au sein de l'opposition mauritanienne, plaidant pour la démocratisation du pays et une plus grande participation des femmes à la vie publique[8].
Lors des élections sénatoriales de 2007, considérées comme les premières élections libres et transparentes de l'histoire récente de la Mauritanie, elle est élue sénatrice de la circonscription de Riyad, à Nouakchott. Elle fait partie des six femmes élues au sein d'un Sénat composé de cinquante-six membres. Son élection marque une étape importante dans la représentation politique des femmes et des artistes en Mauritanie[9].
À la suite du coup d'État militaire de 2008 qui renverse le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, Malouma critique publiquement les nouvelles autorités à travers ses chansons et ses déclarations. Elle est brièvement arrêtée et plusieurs de ses enregistrements sont saisis[10],[11].
Réélue au Sénat en 2009, elle s'investit particulièrement dans les questions environnementales, la préservation du patrimoine culturel et les droits des femmes. En 2011, elle est nommée ambassadrice de bonne volonté pour l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale par l'Union internationale pour la conservation de la nature[12].
Engagement social et culturel
Ses chansons abordent régulièrement des thèmes tels que les droits humains, l'éducation des filles, l'égalité des genres et le dialogue interculturel[13].
Distinctions
En 2013, Malouma est nommée chevalier de la Légion d'honneur par la France en reconnaissance de sa contribution à la culture et à la défense des droits humains[14].
Elle reçoit le prix « Mauritanian Woman of Courage » décerné par l'ambassade des États-Unis en Mauritanie pour son engagement en faveur des droits des femmes et de la justice sociale[15].