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Mangouste à queue courte

espèce de mammifères From Wikipedia, the free encyclopedia

Urva brachyura, Urva brachyurus

Faits en bref Règne, Embranchement ...
Urva brachyura
Description de cette image, également commentée ci-après
Une mangouste à queue courte à Jong's Crocodile Farm & Zoo, dans l’État de Sarawak, sur l’île de Bornéo, en Malaisie.
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Feliformia
Famille Herpestidae
Sous-famille Herpestinae
Genre Urva

Espèce

Urva brachyura
Gray, 1837

Statut de conservation UICN

( NT )( NT )
NT  : Quasi menacé

Répartition géographique

Description de l'image Short-tailed Mongoose area.png.

Synonymes

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La mangouste à queue courte (Urva brachyura) est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Herpestidés, endémique de l’Archipel de la Sonde, en Asie du Sud-Est. Décrite pour la première fois en 1837 par John Edward Gray, cette urva est distribuée dans les forêts primaires et secondaires de Bornéo, Sumatra, de la péninsule malaise et du Brunei. Elle présente une grande plasticité écologique, occupant aussi bien des habitats naturels que des zones couvertes par l’activité humaine. Bien que classée comme « quasi menacée » (NT) par l’UICN, ses populations subissent des pressions variables selon les régions, principalement liées à la déforestation et à la fragmentation de son habitat.

Dénominations

Taxonomie

Illustration de Herpestes brachyurus dans The Zoology of the voyage of H.M.S. Samarang, 1843-1846.

L’espèce a été décrite scientifiquement pour la première fois en 1837 par le zoologiste britannique John Edward Gray dans les Proceedings of the Zoological Society of London [4]. En présentant divers spécimens issus des îles indiennes, Gray distingue un représentant comparable au « Herpestes du Cap », mais qui s’en différencie par sa coloration et la brièveté de sa queue, ce qui le conduit à le nommer Herpestes brachyurus [4].

Au cours des années 2000, les études phylogénétiques moléculaires démontrent que le genre Herpestes, tel qu’il était défini, est polyphylétique. Les mangoustes asiatiques sont ainsi réattribuées au genre Urva[5][6].

Sur le plan taxonomique, les analyses génétiques et morphologiques récentes ont permis de clarifier le statut de plusieurs populations historiquement rattachées à l’espèce [7]. Ainsi, la forme de Palawan et des îles Calamian, autrefois considérée comme une sous-espèce, s’avère plus étroitement apparentée à la mangouste à collier (Urva semitorquatus) et en est exclue [7]. De même, Herpestes hosei, décrit à l’origine à partir d’un unique spécimen de Bornéo, est désormais reconnu comme un synonyme de l’espèce après des analyses morphologiques et génétiques [7]. Par ailleurs, des divergences mitochondriales et dentaires marquées séparent les populations de Bornéo de celles de Sumatra et de la péninsule malaise, suggérant la présence potentielle d’espèces cryptiques distinctes, qui nécessitent des investigations approfondies [7].

Sous-espèces

Différents spécimens ont par la suite été décrits et nommés par divers auteurs, puis répertoriés par Oldfield Thomas en 1921 dans une étude dédiée aux différentes formes de l’espèce [8]. Six sous-espèces sont traditionnellement retenues selon le Mammal Species of the World (MSW) :

Davantage d’informations Taxon, auteur et année, Répartition et caractéristiques ...
Tableau synthétique des sous-espèces et synonymes de Urva brachyura :
Taxon, auteur et annéeRépartition et caractéristiquesSynonymes taxonomiques
Urva brachyura brachyura
(Gray, 1837)
Région de Malacca, en Malaisie. Sous-espèce nominale.
Urva brachyura rajah
(O. Thomas, 1921)
Mangouste de Hose, Mangouste de Sawak
Endémique de l’île de Bornéo. * Herpestes brachyurus rajah O. Thomas, 1921
* Herpestes hosei Jentink, 1903
* Herpestes brachyurus hosei Wozencraft, 2005
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Phylogénie

Phylogénie des Herpestidés basée sur les travaux de Veron et al. (2004)[9], Barycka (2005)[10] et Patou et al. (2009)[11] :

Herpestinae
(Herpestinés)




Genre Bdeogale (Bdéogales)



Genre Rhynchogale (Rhynchogale)





Genre Paracynictis



Genre Cynictis (Cynictes)





Genre Ichneumia (Ichneumies)





Genre Herpestes (incl. Galerella)





Genre Atilax (Atylaces)



Genre Xenogale[11] (Xénogale)



Genre Urva (Urvas)



Urva brachyura (Mangouste à longue queue)



Urva semitorquata (Mangouste à collier)




Urva urva (Urva)






Urva smithii (Mangouste de Smith)



Urva vitticollis (Mangouste à cou rayé)





Urva fusca (Mangouste brune)




Urva edwardsii (Mangouste d’Edwards)




Urva javanica (Mangouste de Java)



Urva auropunctata (Mangouste à points dorés)










Description

 v · d · m  Formule dentaire
mâchoire supérieure
2 4 1 3 3 1 4 2
2 4 1 3 3 1 4 2
mâchoire inférieure
Total : 40
Dentition de la mangouste à queue courte.

La mangouste à queue courte atteint une longueur tête-corps d’environ 35 à 49 cm. La queue mesure environ 17 à 25 cm, ce qui représente moins de 55 % de la longueur tête-corps. Son poids varie entre 1 et 3 kg. Son pelage, brun foncé, est subtilement moucheté de jaune ou de roux. La tête est plutôt d’un ton olive pâle, les joues et la gorge sont brun-jaunâtre, tandis que le cou et le ventre sont bruns. Les membres antérieurs et la moitié inférieure des membres postérieurs sont brun-noirâtre. Les oreilles sont courtes et le nez, rougeâtre, est relativement grand. La mangouste à queue courte possède cinq doigts à chaque patte, antérieure comme postérieure, le premier étant à chaque fois assez court[12].

Distribution et habitat

La mangouste à queue courte est présente en Indonésie (Bornéo et Sumatra), en Malaisie (à la fois dans la Malaisie péninsulaire et en Malaisie orientale, avec le Sabah et le Sarawak), ainsi qu’au Brunei [7].

À travers son aire de répartition, l’espèce se rencontre depuis le niveau de la mer jusqu’à 1 500 mètres d’altitude, bien que l’utilisation de l’altitude varie selon les masses terrestres [7]. Si les mentions historiques la signalant à Singapour ou au Viêt Nam sont erronées ou non confirmées, et que la présence de la sous-espèce de Java proviendrait d’un spécimen de ménagerie sans enregistrement sauvage avéré, la situation quant à son habitat et sa répartition diffère sensiblements selon les régions [7]. À Bornéo, l’espèce est géographiquement et altitudinalement très répandue, occupant une grande variété d’habitats, y compris des zones fortement dégradées ou fragmentées (telles que des jardins ou des abords suburbains), et ce jusqu’à 1 500 m d’altitude [7], en fréquentant occasionnellement les lisières de plantations de palmiers à huile tout en restant liée aux forêts natives adjacentes [7]. En Malaisie péninsulaire, l’espèce est écologiquement plus localisée et se trouve confinée aux extrêmes basses terres (généralement en dessous de 160 mètres d’altitude), strictement cantonnée aux forêts sempervirentes primaires ou en régénération ainsi qu’à leurs immédiates proximités [7]. Enfin, à Sumatra, bien que largement répartie dans les basses terres, son utilisation des habitats semble se rapprocher de celle observée dans la péninsule malaise, la majeure partie des observations documentées se concentrant en zone de plaine, en forêt secondaire ou dans les broussailles, et évitant les plantations de palmiers à huile [7].

Écologie et comportement

La mangouste à queue courte fréquente les forêts primaires et secondaires, montrant une préférence apparente pour la proximité des cours d’eau. Elle s’aventure occasionnellement dans les plantations. Sur la péninsule malaise, elle colonise les basses terres, tandis qu’à Bornéo, sa présence a été relevée jusqu’à 1 500 m d’altitude[7]. L’espèce se nourrit de petits vertébrés, d’invertébrés, d’œufs, de fruits et de racines. Les études par radiopistage menées dans la réserve faunistique de Krau, en Malaisie péninsulaire, indiquent que les individus sont diurnes, solitaires et territoriaux, occupant des domaines vitaux en forêt, d’où ils s’aventurent parfois dans les plantations adjacentes en exploitant les bandes de végétation native résiduelles. Les sites de repos nocturnes se situent tous en forêt de basse terre, tandis qu’un site de repos diurne a été observé dans un tronc d’arbre creux. Par ailleurs, bien qu’elle soit principalement terrestre et capable de grimper, ses habitudes comportementales précises peuvent légèrement varier selon les régions, les populations de Bornéo démontrant une grande plasticité en fréquentant aussi des habitats anthropiques ou dégradés[7][12].

Menaces et conservation

La mangouste à queue courte est relativement répandue, localement commune, et vit en outre dans plusieurs réserves naturelles [7]. Elle est par conséquent classée comme espèce « quasi menacée » (NT) par l’UICN[7]. Bien que sa répartition globale et la taille de sa population inférée dépassent largement les seuils critiques, l’espèce subit dans certaines parties de son aire de répartition un déclin prononcé, principalement motivé par la perte de son habitat forestier, les taux de déforestation variant selon les masses terrestres[7].

À Bornéo, l’espèce est géographiquement et altitudinalement très répandue et fréquente les habitats dégradés ou fragmentés, ne subissant pas de menaces majeures au sein de ses zones forestières restantes, en dehors d’une probable mortalité par représailles en tant que prédateur perçu de petits bétails [7]. En revanche, dans la péninsule malaise, la restriction stricte de l’espèce aux basses terres sous les 160 m au-dessus du niveau de la mer, et aux forêts primaires, a entraîné des déclins massifs au cours de la seconde moitié du XXe siècle en raison de la conversion des forêts en plantations, un processus dont le rythme a certes ralenti, mais qui maintient une pression d’évaluation continue [7]. À Sumatra, la conversion extrêmement rapide des forêts de basse terre et de collines met également en péril les populations locales si celles-ci y sont inféodées, bien que l’impact global dépende de leur capacité réelle à exploiter les zones d’altitude ou les habitats anthropiques [7]. L’espèce n’est pas connue pour faire l’objet d’une chasse ciblée ou d’une récolte commerciale intensive, et sa survie dépend principalement de l’intégrité de son couvert forestier [7].

L’espèce bénéficie d’un statut protégé dans l’ensemble de sa zone de répartition en Malaisie et en Indonésie, bien qu’elle ne fasse l’objet que de peu d’attention directe en matière de conservation, une situation jugée adaptée à Bornéo mais insuffisante en Malaisie péninsulaire [7]. Elle est répertoriée dans plusieurs aires protégées à Bornéo, ainsi que dans quelques réserves de la péninsule malaise et de Sumatra [7]. Les priorités de conservation identifiées incluent : une clarification taxonomique approfondie pour déterminer le statut exact des populations (notamment entre la péninsule malaise/Sumatra et Bornéo) ; une évaluation précise de l’utilisation de l’habitat en altitude et dans les zones anthropiques à Sumatra ; un renforcement de la protection effective des forêts anciennes de basse terre en Malaisie péninsulaire contre l’abattage illégal et le braconnage [7].

Notes et références

Liens externes

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