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Urva auropunctata

espèce de mammifère From Wikipedia, the free encyclopedia

Mangouste à points dorés, Petite mangouste indienne

Faits en bref Règne, Embranchement ...
Urva auropunctata
Description de l'image Mongoose posing for ISOTR cinematography (3) (cropped).jpg.
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Feliformia
Famille Herpestidae
Sous-famille Herpestinae
Genre Urva

Espèce

Urva auropunctata
(Hodgson, 1836)

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Statut CITES

Sur l'annexe  III  de la CITES Annexe III , Rév. du 16/03/1989
Inde

Répartition géographique

Description de cette image, également commentée ci-après
Aire de répartition indigène.

Synonymes

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Urva auropunctata, la Mangouste à points dorés, mais plus communément désignée sous les noms de Petite mangouste indienne et Mangouste tachetée, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Herpestidés. Cette petite urva est indigène du Sud et du Sud-Ouest de l'Asie, sa répartition naturelle s'étend du Moyen-Orient jusqu'en Birmanie. Elle a été délibérément introduite par l'Homme à la fin du XIXe siècle dans de très nombreuses régions insulaires tropicales, notamment aux Caraïbes, à Hawaï et aux îles Fidji, où elle s'est révélée être une espèce envahissante redoutable.

Carnivore généraliste et diurne particulièrement adaptable, elle fréquente une vaste gamme de milieux ouverts et forestiers. Elle se nourrit d'une grande variété de proies incluant des invertébrés, des rongeurs, des reptiles, des œufs d'oiseaux et de tortues marines, ainsi que des fruits. En raison de sa large répartition mondiale et de son abondance globale, l'espèce est classée en « Préoccupation mineure » (LC) par l'UICN.

Dénominations

Étymologie

Le nom de genre Urva dérive du terme népalais « Arva » ou « Urva », autrefois attribué aux mangoustes régionales[7]. L'épithète spécifique auropunctata combine la racine latine aurum or ») et le participe passif punctata piqueté » ou « moucheté »), caractérisant les teintes dorées qui traverses le pelage de l’animal selon Hodgson[8].

Taxonomie

L'espèce est décrite pour la première fois en 1836 par le naturaliste britannique Brian Houghton Hodgson sous le protonyme de Mangusta Auropunctata[8]. L'épithète spécifique auropunctata fait directement référence à la coloration brun-olive foncé du pelage, finement traversée de jaune doré en raison de la présence de quatre à cinq anneaux noirs et dorés sur chaque poil de couverture[8]. Hodgson note la petite taille de l'animal (longueur corps-tête de 11 pouces, soit environ 27,9 cm) par rapport aux autres espèces du Népal, ainsi que sa fourrure courte, douce et couchée, et ses molaires hérissées de pointes rappelant celles des insectivores[8].

Pendant longtemps, la Mangouste à points dorés a été traitée comme une sous-espèce de la Mangouste de Java (Urva javanica) sous la combinaison Herpestes javanicus auropunctatus, notamment par Pocock et Wozencraft [9][10]. Toutefois, les analyses génétiques moléculaires et morphologiques comparées menées par Veron et al. et Patou et al. ont démontré un isolement génétique complet et une divergence nette entre les populations de l'Asie du Sud et celles du Sud-Est asiatique, confirmant leur statut d'espèces distinctes [9][11]. Le taxon Herpestes palustris Ghose, 1965, originaire des zones humides du Bengale, est également considéré comme un synonyme d'Urva auropunctata [11].

Les études phylogénétiques moléculaires ayant démontré que les neuf espèces de mangoustes asiatiques forment un groupe monophylétique distinct des formes africaines, elles ont été transférées dans le genre réhabilité Urva, fixant la combinaison valide sous le nom d'Urva auropunctata [9][11][1].

Liste des sous-espèces

Selon ITIS ()[12], l'espèce comprend trois sous-espèces valides :

Davantage d’informations Taxon, auteur et année, Répartition et caractéristiques ...
Tableau synthétique des sous-espèces de Urva auropunctata selon ITIS ()[12] :
Taxon, auteur et annéeRépartition et caractéristiquesSynonymes historiques
Urva auropunctata auropunctata
(Hodgson, 1836)
Mangouste à points dorés
Nord de l'Inde et Népal (régions centrales et plaine du Gange). Sous-espèce nominale à la fourrure fine tavelée d'or. * Mangusta Auropunctata Hodgson, 1836
* Herpestes javanicus auropunctatus (Hodgson, 1836)
Urva auropunctata birmanica
(O. Thomas, 1886)
Nord-Est de l'Inde, Birmanie et régions limitrophes de l'Asie du Sud-Est. * Herpestes auropunctatus birmanicus O. Thomas, 1886
* Mungos birmanicus (O. Thomas, 1886)
Urva auropunctata palustris
(Ghose, 1965)
Bengale-Occidental (Inde, région de Kolkata). Adaptée aux milieux marécageux. * Herpestes palustris Ghose, 1965
* Herpestes javanicus palustris Ghose, 1965
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Phylogénie

Phylogénie des Herpestidés basée sur les travaux de Veron et al. (2004)[13], Barycka (2005)[14] et Patou et al. (2009)[15] :

Herpestinae
(Herpestinés)




Genre Bdeogale (Bdéogales)



Genre Rhynchogale (Rhynchogale)





Genre Paracynictis



Genre Cynictis (Cynictes)





Genre Ichneumia (Ichneumies)





Genre Herpestes (incl. Galerella)





Genre Atilax (Atylaces)



Genre Xenogale[15] (Xénogale)



Genre Urva (Urvas)



Urva brachyura (Mangouste à longue queue)



Urva semitorquata (Mangouste à collier)




Urva urva (Urva)






Urva smithii (Mangouste de Smith)



Urva vitticollis (Mangouste à cou rayé)





Urva fusca (Mangouste brune)




Urva edwardsii (Mangouste d’Edwards)




Urva javanica (Mangouste de Java)



Urva auropunctata (Mangouste à points dorés)










Description

 v · d · m  Formule dentaire
mâchoire supérieure
2 4 1 3 3 1 4 2
2 4 1 3 3 1 4 2
mâchoire inférieure
Total : 40
Dentition de la Mangouste à points dorés.

La Mangouste tachetée est un petit carnivore au corps particulièrement allongé, mince et élancé, doté de membres courts et d'une grande dextérité dans les pattes[11]. La longueur tête-corps varie entre 25 et 37 cm, tandis que la queue, conique et très fournie à la base, mesure de 19 à 29 cm, représentant environ 60 à 80 % de la longueur du corps. La masse corporelle des adultes s'échelonne entre 300 et 900 g, les mâles étant en moyenne 15 à 20 % plus lourds que les femelles. Lors de l'opération d'éradication menée sur l'îlet à Fajou en Guadeloupe, la masse moyenne des adultes était de 504 g, avec un maximum de 772 g mesuré chez un mâle [9].

Le pelage de couverture est fin, doux et serré, arborant une teinte brun-olive foncé à brun-grisâtre. Sa caractéristique la plus frappante les touches jaunâtre ou doré très fin qui recouvre le dos, résultant des quatre à cinq anneaux alternés noirs et dorés sur chaque poil [8]. La tête présente un museau effilé, une truffe brun-rose et de petites oreilles arrondies plaquées contre le crâne. Le sous-poil et le ventre sont plus clairs.

Le crâne est étroit et étiré. La formule dentaire comporte 40 dents. La denture est adaptée à un régime carnivore et insectivore, caractérisée par des molaires hérissées de pointes acérées adaptées au broyage des carapaces d'arthropodes et des os de petits vertébrés [8][11]. Son mode de déplacement est terrestre ; bien que capable de grimper aux arbres, elle s'aventure très rarement loin du sol [11].

Répartition et habitat

Aire de répartition indigène de la Mangouste à points dorés.
  • Présence permanente
  • Présence incertaine

L'aire de répartition indigène de la Mangouste à points dorés s'étend à travers le Sud-Ouest et le Sud de l'Asie : elle est présente en Afghanistan, au Bangladesh, au Bhoutan, en Inde, en Iran, en Irak, en Jordanie, au Myanmar, au Népal, en Oman, au Pakistan et en Arabie saoudite [11]. Sa présence en Chine, notamment sur l'île de Hainan, reste incertaine, les spécimens locaux pouvant appartenir à la Mangouste de Java [11]. Dans le Centre de l'Inde, l'espèce est présente à de faibles densités et y est moins fréquente que la Mangouste d'Edwards (Urva edwardsii) [11].

L'espèce a été massivement introduite par l'Homme à la fin du XIXe siècle afin de lutter contre les rats et les serpents dans les plantations de canne à sucre [16][11]. La Petite mangouste indienne est désormais établie dans les Caraïbes (Antigua, Barbade, Cuba, Grenade, Guadeloupe, Hispaniola, Jamaïque, Martinique, Marie-Galante, Porto Rico, Saint-Martin, Saint-Vincent, Trinidad, Vieques), aux îles Hawaï (Oahu, Maui, Molokai, Hawaii), aux îles Fidji (sur Viti Levu), dans les îles Nansei au Japon, à l'île Maurice, à La Grande Comore, sur l'île de Mafia en Tanzanie, dans le nord de l'Amérique du Sud (Guyana, Suriname, Guyane) ainsi qu'en Croatie sur l'île de Korčula et le littoral adriatique [17][11]. Son introduction a en revanche échoué en République dominicaine [11]. Des individus isolés sont régulièrement interceptés dans des zones portuaires, comme à Hong Kong dès 1989, à Nouméa en Nouvelle-Calédonie en 2010 ou sur l'île de Kauai à Hawaï en 2012 [16][11].

L'espèce fait preuve d'une plasticité écologique exceptionnelle en fréquentant les forêts ouvertes, les maquis, les broussailles, les prairies, les agrosystèmes ainsi que la périphérie des habitations humaines [11]. À l'île Maurice, les suivis par télémétrie montrent une préférence marquée pour les boisements, les maquis, les forêts riveraines et denses [11].

Écologie et comportement

Une Mangouste à points dorés au Taj Mahal.

La Mangouste tachetée est un animal strictement diurne [9][11]. Dans les Caraïbes, le pic d'activité se situe principalement entre 10 h et 16 h, l'animal étant très peu actif lors des journées pluvieuses [11]. Pour se reposer, elle utilise des terriers qu'elle creuse elle-même, des cavités dans le système racinaire des arbres ou des troncs couchés au sol [11].

Organisation sociale et domaine vital

Bien que considérée comme solitaire dans son aire d'origine, la Mangouste à points dorés fait preuve d'une grande plasticité sociale dans ses zones d'introduction où les fortes densités, pouvant dépasser plusieurs centaines d'individus par kilomètre carré, favorisent les comportements sociaux et le chevauchement des domaines vitaux [9][11]. Les mâles, dont les domaines vitaux sont plus vastes que ceux des femelles (par exemple 1,4 ha pour les femelles contre 19,2 ha pour les mâles sur l'île d'Oahu, et de 25 à 110 ha à l'île Maurice), forment parfois de petites coalitions sociales durant la saison de reproduction et peuvent partager un gîte nocturne [11]. Les femelles montrent une stricte fidélité à leur gîte durant les trois semaines suivant la mise bas[11].

La communication olfactive est centrale : les deux sexes marquent leur domaine vital en frottant des objets avec leur glandes anale qui sécrète une substance odorante leur permettant d'identifier leurs congénères [11]. L'espèce possède un répertoire vocal exceptionnellement riche pour un animal solitaire, fort de douze cris distincts comme des aboiements, grincements, grondements et sifflements[11].

Alimentation

Omnivore opportuniste, son régime varie fortement selon les saisons et les localités [11]. Dans son aire d'origine, notamment dans le désert du Rajasthan, elle consomme principalement des insectes comme les bousiers, blattes et grillons, des scorpions et des rongeurs [11]. Dans les Caraïbes à Porto Rico et Sainte-Croix, le régime comprend une majorité d'insectes présents chez 56 à 83 % des individus examinés, des reptiles, des myriapodes, des rongeurs, des oiseaux, des fruits et des œufs ou nouveau-nés de tortues marines comme la Tortue imbriquée et la Tortue luth [11]. Elle consomme également des crapauds en éliminant leurs glandes parotoïdes toxiques [11]. À l'île Maurice, l'analyse d'estomacs révèle une consommation importante de rongeurs, musaraignes, tenrecs, invertébrés, déchets et reptiles, s'adaptant aux saisons en consommant plus de reptiles en saison sèche et plus d'insectes en saison des pluies [11]. Sur l'île de Korčula en Croatie, la Petite mangouste indienne adapte son régime en hiver en consommant une majorité de fruits sauvages comme le genièvre ou l'arbousier, des petits mammifères et des arthropodes [11].

Pour mettre à mort ses proies, la mangouste plante ses canines à la jonction du crâne et de la colonne vertébrale [11]. Les mille-pattes et scorpions sont mordus puis secoués à plusieurs reprises avant d'être ingérés [11]. Des comportements de chasse coopérative ont été documentés, par exemple à Pearl Harbor où un individu retourne une pierre pour permettre à un second de capturer un crabe [11]. L'espèce évite de s'aventurer dans des cours d'eau de plus de quelques centimètres de profondeur [11].

Reproduction

Un couple de mangoustes tachetées.

La reproduction s'effectue tout au long de l'année, avec une synchronisation sur la durée de la journée ou pour éviter les mois les plus secs[11]. L'œstrus dure de trois à quatre jours au sein d'un cycle de trois semaines, l'ovulation étant induite par la copulation [11]. Polygames, les deux sexes copulent fréquemment. Plusieurs mâles rivalisent bruyamment autour d'une femelle en chaleur [11].

La gestation dure environ 49 jours, s'étalant de 42 à 50 jours [9][11]. Les mises bas ont lieu de nuit. La portée compte en moyenne deux petits, avec des extrêmes de un à cinq, pour deux à trois portées par an [9][11]. À la naissance, les jeunes pèsent environ 21 g, sont aveugles, recouverts d'un poil gris clair clairsemé sur le ventre, mais possèdent déjà des griffes bien développées et des incisives visibles [11]. Les yeux s'ouvrent entre 17 et 20 jours. La première sortie du terrier survient à quatre semaines et les jeunes accompagnent leur mère à la chasse dès six semaines [11]. La denture définitive est en place à 22 semaines. La maturité sexuelle est atteinte vers l'âge d'un an [11].

Relations avec l'Homme

Une Mangouste à points dorés introduite au Japon.

Historique des introductions aux Antilles

L'introduction de la Mangouste tachetée aux Antilles répondait au XIXe siècle aux exigences économiques des planteurs de canne à sucre, confrontés aux ravages des rats comme le Rat noir, le Surmulot et le rat de canne endémique jamaïcain Oryzomys antillarum [18]. À la Martinique et à Sainte-Lucie, elle visait également à détruire les serpents venimeux endémiques Bothrops lanceolatus et Bothrops caribbaeus [18].

À Trinidad, une première introduction a eu lieu depuis l'Inde vers 1870, complétée par des spécimens venant de Jamaïque entre 1872 et 1898 [19]. Dans le pays, le planteur W. Bancroft Espeut lâche en février 1872 neuf individus importés de la région de Calcutta, constitués de quatre mâles et cinq femelles dont une gestante [19]. La Jamaïque est devenue par la suite la souche directe ou indirecte de la quasi-totalité des translocations réalisées dans la région des Caraïbes [20].

Dans les Antilles françaises, la Petite mangouste indienne a été introduite à Saint-Martin probablement vers 1885 [21]. À la Martinique, les premiers lâchers documentés datent de 1887 à partir de spécimens de La Barbade, suivis de réintroductions en 1890-1891 puis en 1893 [22]. En Guadeloupe, après délibération de la Chambre d'agriculture en octobre 1887, l'introduction de quelques paires en provenance de Porto Rico est réalisée au début de l'année 1888 [23]. Sur l'îlet à Fajou, l'espèce fut introduite dans les années 1930 par un ouvrier agricole avant d'en être totalement éradiquée en 2001 [24]. À Marie-Galante, l'introduction survient vers 1890 depuis la Guadeloupe [25]. L'espèce n'a jamais réussi à s'implanter à Saint-Barthélemy, aux Saintes, aux îles de La Petite Terre ni sur l'île Tintamarre, et aucune population pérenne n'est établie à La Désirade [26].

Évolution de la perception sociétale et revers écologique

Une Mangouste à points dorés au Parc des Mamelles en Guadeloupe.

Si les planteurs ont initialement célébré la baisse rapide des dégâts de rats dans les champs de canne, le désenchantement est survenu en moins de deux décennies [27]. Les rats, en grande partie nocturnes et arboricoles, ont échappé à la prédation de la mangouste, strictement diurne et terrestre [28]. En contrepartie, la Mangouste à points dorés s'est rabattue sur les basses-cours, le gibier nichant au sol comme les colins de Virginie et les colombes, ainsi que sur la faune sauvage locale [29].

Dès les années 1890 en Jamaïque et dans les années 1900 à 1930 dans les Antilles françaises, l'animal est requalifié de véritable fléau [28]. Des primes à la destruction de la mangouste sont instituées par les gouvernements locaux, notamment à Trinidad dès 1902 et en Guadeloupe à partir de 1930 [30]. Ces primes ont parfois donné lieu à des détournements, certains chasseurs coupant la queue de l'animal pour encaisser la prime tout en le relâchant vivant afin de préserver le cheptel reproducteur [6].

Impact sur la biodiversité insulaire

En raison de son statut de prédateur carnivore introduit dans des îles océaniques dysharmoniques dépourvues à l'origine de carnivores terrestres, la Mangouste tachetée est classée parmi les cent espèces envahissantes parmi les plus nuisibles au monde par l'UICN [31]. Les espèces endémiques de proies n'ayant pas coévolué avec ce type de prédateur se sont révélées particulièrement vulnérables [32].

Son introduction est directement corrélée à l'extinction massive ou à la raréfaction extrême de nombreuses espèces de reptiles terrestres et diurnes de taille moyenne, notamment les scinques de la famille des Mabuyidés dont la disparition est survenue en moins de trente ans après l'arrivée du prédateur [33]. Elle a également provoqué la quasi-disparition locale des agoutis dorés (Dasyprocta leporina) et de plusieurs espèces d'oiseaux nichant au sol [28].

Vecteur de zoonoses

La Petite mangouste indienne constitue un réservoir mondial majeur et un vecteur principal du virus de la rage et de la leptospirose dans plusieurs îles des Caraïbes comme Porto Rico, Grenade et Cuba, posant de graves problèmes de santé publique et nécessitant des campagnes d'expérimentation de vaccins oraux distribués par appâts [34].

Exploitation, braconnage et statut de conservation

Dans son aire de répartition d'origine en Asie, la Mangouste à points dorés est classée en catégorie « Préoccupation mineure » (LC) sur la liste rouge de l'UICN du fait de sa vaste distribution, de ses effectifs supposés élevés et de sa tolérance aux milieux modifiés par l'Homme [11]. L'espèce est inscrite à l'Annexe III de la CITES pour la population de l'Inde [11].

En Inde, la mangouste est capturée pour être vendue comme animal de compagnie, mais elle fait surtout l'objet d'un braconnage intense pour la récolte de ses poils, utilisés dans la fabrication de pinceaux de peinture et de blaireaux à raser [11]. Pour contrer ce trafic, le gouvernement indien a rehaussé son statut de protection légale en la faisant passer de l'Annexe IV à l'Annexe II du Wildlife Protection Act [11]. Dans les territoires d'introduction insulaires, elle fait à l'inverse l'objet de plans d'éradication ciblés ou de contrôle strict pour protéger la faune indigène [35].

Dans la culture

Dans la culture locale

Dans la culture créole antillaise, l'animal s'est ancré dans le langage et les proverbes (« Avan manglous, gouti té ka viv ») [6]. Sa chair a parfois été consommée localement et sa fourrure a fait l'objet d'un commerce d'exportation éphémère [6].

Dans la culture populaire

Dans la franchise de jeux vidéo Pokémon, la Petite mangouste indienne a directement inspiré la création des créatures Manglouton et Argouste, introduites dans les versions Pokémon Soleil et Lune dont la région fictive d'Alola est inspirée de l'archipel d'Hawaï[36]. Le contexte du jeu retrace fidèlement l'historique de son introduction à Hawaï : Manglouton y est présenté comme une espèce importée afin de lutter contre la prolifération du Rattata d'Alola qui ravageait les cultures, avant de devenir elle-même une espèce envahissante[36]. L'échec de cette tentative de lutte biologique, lié aux mœurs strictement diurnes de la mangouste face au mode de vie nocturne des rongeurs, est directement retranscrit dans les mécaniques du jeu où Manglouton ne peut être rencontré qu'en journée, tandis que le Rattata d'Alola n'apparaît que la nuit[36]. Par ailleurs, bien que le public et la presse spécialisée aient largement relevé une ressemblance physique entre Argouste et Donald Trump, les concepteurs du jeu Junichi Masuda et Shigeru Ohmori ont souligné que cette similitude était purement fortuite[37].

Notes et références

Voir aussi

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