Manoir du Chastenay
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| Destination initiale |
résidence |
|---|---|
| Destination actuelle |
propriété privée |
| Style | |
| Construction |
1349, 1549, 1850 |
| Propriétaire |
François Mallard de La Varende |
| Patrimonialité |
| Département | |
|---|---|
| Commune |
| Coordonnées |
|---|
Le manoir du Chastenay, également de Chastenay, est un manoir de style Renaissance, situé sur le val Sainte-Marie à Arcy-sur-Cure dans le département de l'Yonne en France.
Le manoir est situé à Arcy-sur-Cure, à une vingtaine de kilomètres d'Avallon et à une trentaine d'Auxerre[1].
Description

Cette demeure est assise sur un réseau de grottes souterraines inondées, à l'intersection de deux routes que sont la Via Agrippa de l'Océan[2] et le chemin de Compostelle partant d'Allemagne en passant par Troyes. Selon son ancien propriétaire, Gabriel de la Varende, ce manoir fut un lieu de recherche alchimique pendant l'époque médiévale, comme le montrent les nombreux symboles sculptés ou peints dans cette demeure[3].
L'enceinte médiévale est en forme de quadrilatère anglé de tours rondes ; l'une d'elles (au sud) est un colombier à échelle tournante. Dans l'enceinte se trouvait une chapelle détruite à l'époque de la Réforme, ou transformée en grange (un bâtiment existait encore sur le cadastre de 1825) ; son portail aurait été remonté à l'entrée du jardin, donnant sur la rue[4].
De grande taille, la façade du manoir ornée à un angle d'une tourelle en encorbellement, ses ouvertures ainsi que sa tour d'escalier hexagonale sont de la Renaissance ; près de la porte (en bas à gauche) se lit la date de 1549[5]. Cependant, le gros œuvre et l'enceinte peuvent dater du XIVe siècle (dont il reste une belle cave au profil légèrement ogival[6]), et remplacer une demeure encore plus ancienne dite château du Lys, construite au XIe siècle. On accède dans la tour Saint-Jean (la cage d'escalier) par la porte dite des Sages (3 bustes surmontent l'entrée) pour pénétrer à l'intérieur du château dont le porche et les fenêtres sont sculptés de nombreuses figures allégoriques.
La seule salle accessible au public (au rez-de-chaussée) présente d'importantes boiseries ornées de sept peintures relatant des scènes bibliques, notamment la vie de Joseph[7].
L'aile gauche date de la fin du XVIIIe siècle[8] et fut remanié vers 1850 par un élève de Viollet-le-Duc[9]. Un pavillon de style néo-Renaissance fut édifié à côté du manoir en 1875.
Historique

Une légende raconte qu'il y a quelques siècles un duc vivait dans ce château, possédant un trésor bien gardé. Une femme trouva l'emplacement de ce dernier et le duc lui coupa la langue afin qu'elle ne puisse rien raconter. Depuis la mort du duc, cette femme garderait le trésor et empêcherait quiconque de s'en approcher[10]. En réalité, il s'agit d'un épisode historique, lorsque Philippe de Loron, seigneur de la Maison Blanche (à Coulanges-sur-Yonne) et du Chastenay, protestant au service du prince de Condé, participa à la surprise de la ville d'Auxerre en 1567 et pilla l'abbaye de Saint Germain. Le butin disparut (probablement fondu pour financer la guerre), et si une partie fut cachée (notamment la belle châsse dorée de Saint Germain), la servante du Chastenay eut "la langue râpée" à coups d'épée pour la dissuader de parler[11] ; ces détails sont connus par le procès qui s'ensuivit.
Lorsque Gabriel Mallard de La Varende prend possession du manoir en 1966, l'édifice est au bord de la ruine. Les façades et les toitures des dépendances (à l'exclusion de l'aile est, plus tardive) et les vestiges de l'ancienne enceinte ont été classées au titre des monuments historiques le ; les dépendances furent inscrites le [1]. La restauration débute en 1972 sous la direction des Monuments Historiques.
Malheureusement, après un bon nombre de recherches minutieuses aucun trésor n'a été découvert et les fouilles ont cessé.
Il se pourrait qu'aucun trésor ne soit présent dans ce lieu.
Visites
Le manoir n'est pas ouvert au public. Mais les grottes le sont.