Manon des sources (roman)
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| Manon des sources | ||||||||
| Auteur | Marcel Pagnol | |||||||
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| Pays | France | |||||||
| Genre | Roman | |||||||
| Éditeur | Editions de Provence | |||||||
| Date de parution | 1962 | |||||||
| Nombre de pages | 406 | |||||||
| Chronologie | ||||||||
| Série | L'Eau des collines | |||||||
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Manon des sources est le deuxième tome de L'Eau des collines, diptyque romanesque de Marcel Pagnol publié en 1962[1] ; c'est la suite de Jean de Florette. Ce roman est inspiré du scénario du film éponyme de Pagnol qui précède la publication du livre de plus d'une décennie.
Environ quatre ans après la mort du "Bossu" Jean de Florette, Ugolin prospère sur la terre de ce dernier, les Romarins, acquise par son parrain Papet et lui, grâce à des manœuvres immorales, en cultivant des oeillets. Manon, la fille de Jean de Florette, est devenue une jeune et belle bergère vivant dans les collines avec sa mère et Baptistine, la vieille piémontaise, tout en évitant les contacts avec les villageois.
Un jour, Ugolin aperçoit Manon se baignant nue dans les collines, et en tombe amoureux. Le Papet, vieillissant, somme à son neveu de se marier afin de faire prospérer la lignée des Soubeyran, rendue stérile à cause des multiples mariages consanguins entre les membres de la famille par orgueil et avidité pour conserver entre eux le trésor familial. Un jour, le Papet confronte Ugolin après l'avoir observé se rendant chaque jour voir Manon de loin. Il accepte le fait que son neveu souhaite l'avoir pour femme malgré qu'elle soit plus jeune que lui et qu'elle soit la fille du Bossu, bien qu'il affirme que la jeune femme soit devenue le portrait craché de Florette Camoins, son amour de jeunesse. Il affirme également qu'Ugolin ne doit pas tarder à se déclarer car la beauté de Manon peut en éblouir plus d'un. Les doutes d'Ugolin se confirment lorsqu'il commence à voir que Manon s'éprend de Bernard Olivier, le jeune instituteur du village nouvellement arrivé dans la région. Décidé à se déclarer, ce dernier part voir Manon en étant bien habillé. Mais Manon, dégoûtée de la richesse d'Ugolin et pressentant le rôle criminel joué par ce dernier dans l'échec et la mort de son père, le repousse avec mépris alors qu'il lui déclare son amour. À partir de ce jour, Ugolin, fou d'amour pour la bergère, sombre doucement dans la folie de par son obsession pour Manon (au point de coudre un ruban lui appartenant à la poitrine pour "l'avoir toujours sur son coeur" ).
Un jour, Manon surprend une conversation entre deux villageois et comprend que tous savaient qu'il y avait une source aux Romarins, mais que personne n'a rien dit ni rien fait (hormis Pamphile, le menuisier du village, qui a peint discrètement des flèches noires pour espérer guider le Bossu à la source) pour aider son père, le laissant se tuer à la tâche et sachant très bien qu'il risquait sa santé, sous prétexte qu'il venait de Crespin, la ville rivale du village des Bastides.
Avide de vengeance, Manon veut dans un premier temps se venger d'Ugolin en incendiant sa maison, mais la pluie met court à son plan. Elle finit par découvrir quelques jours plus tard, par hasard, une grotte abritant un petit lac souterrain d'où provient la source qui alimente le village, en poursuivant un chevreau égaré de son troupeau. Avec l'aide de quelques outils, elle en bouche l'ouverture, certaine de couper ainsi les sources alentours du village, notamment celle des Romarins. Le lendemain, la panique se répand dans le village, car la source d'Ugolin mais également celle de la fontaine principale est coupée, sans que personne ne comprenne comment cela a pu se produire et auquel même l'aide du Génie rural ne peut expliquer la cause du phénomène, ni même quand l'eau va couler de nouveau. Le dimanche, lors d'un sermon, le curé fait comprendre qu'il sait (sans doute grâce à une confession d'Anglade, le bigot du village) que les villageois ont porté préjudice au défunt Jean de Florette et qu'il s'agit là d'une punition à leur égard. Ce même-jour, l'instituteur invite les villageois à un pot pour son anniversaire, et invite également Manon. Le village ne parle que du sermon du curé et les villageois commence progressivement à accuser Ugolin et le Papet d'avoir bouché la source pour s'approprier le terrain des Romarins, chose que personne n'a osé dire pour ne pas risquer de se rebeller contre les Soubeyran. Les deux complices se défendent tant bien que mal malgré les révélations de Manon qui confirme que les deux criminels ont bouché la source pour ensuite la récupérer une fois le terrain des Romarins en leur possession. Un témoin inattendu se présente et confirme les dires de Manon : c'est Éliacin, la brute et idiot du village, qui affirme les avoir aperçu boucher la source peu après la mort de Pique-Bouffique, l'ancien propriétaire du domaine.
Ugolin, désespéré, propose de racheter ses fautes en offrant tous ses biens à Manon si elle l'épouse, révélant implicitement son implication dans ses magouilles devant témoins. Mais la jeune femme le rejette avec dégoût et ce dernier comprend qu'elle aime l'instituteur et ne voudra jamais de lui. Désespéré, il s’enfuit, tandis que le Papet reste pour assurer sa défense et celle de son neveu. Manon finit par révéler l'identité de son père aux villageois, qui comprennent avec horreur qu'ils ont laissé mourir pour certain un parent, et pour les autres le propriétaire légitime de la ferme des Romarins, où Florette Camoins, sa mère, est née. Le Papet, lui, n'éprouve pas de remords quant à la disparition du Bossu et aux reproches faits par les villageois à son égard, et s'en va.
Quelques heures plus tard, Ugolin, désespéré de savoir que Manon ne voudra jamais de lui et accablé par le remords de lui avoir fait du mal, se suicide par pendaison, laissant le Papet esseulé et sans espoir de voir sa lignée de perpétuer. Manon, dont l'instituteur a compris son rôle dans la coupure de la source au village, rétablit le cours de l'eau avec lui, au grand soulagement des villageois qui croient à un miracle lorsque l'eau de la fontaine jaillit lors d'une procession. Quelques mois plus tard, les deux jeunes gens finissent par se marier et attendent un enfant.
La vie suit son cours au village des Bastides dont Manon vit désormais avec l'instituteur. Un jour, le Papet discute avec une vieille amie aveugle revenue au village, Delphine. Cette dernière lui fait des révélations accablantes : il y a des années, Florette Camoins a écrit une lettre au Papet qui s'est malheureusement égarée lorsque ce dernier était en service militaire en Afrique. Elle lui révèle qu'elle était tombée enceinte de lui et qu'elle lui offrait son amour s'il lui promettait de l'épouser en rentrant d'Afrique. Mais n'ayant jamais eu de réponses, elle a épousé le maréchal-ferrant de Crespin afin d'éviter la honte d'être fille-mère, et avait des pensées si terribles quant à l'enfant qu'elle attendait qu'elle a essayé d'avorter plusieurs fois. Delphine révèle que l'enfant de Florette fut finalement né vivant... mais bossu. Rongé par le remord, le Papet comprend qu'il a agi exactement comme ses ancêtres et a causé la mort de son propre fils par cupidité et avidité, en plus d'avoir définitivement coupé les ponts avec sa petite-fille, Manon. Las de vivre, il meurt peu de temps après pendant la nuit de Noël. Le lendemain matin, alors qu'elle se remet de la naissance de son fils, Manon reçoit de la part du curé du village la dernière lettre du Papet, qui lui explique toute l'histoire qu'elle ignore sur le lien de son père Jean de Florette aux Soubeyran, lègue à son arrière-petit-fils la fortune et les terres des Soubeyran et signe en dernière ligne : « Ton grand-père, César Soubeyran ».