Mansourah (Tlemcen)
commune algérienne
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Mansourah (en arabe : منصورة, signifiant « victorieuse »), est une commune de la wilaya de Tlemcen en Algérie.
| Mansourah | ||||
Les remparts et le minaret. | ||||
| Noms | ||||
|---|---|---|---|---|
| Nom arabe | المنصورة | |||
| Nom amazigh | ⵎⴰⵏⵚⵓⵔⴰ | |||
| Administration | ||||
| Pays | ||||
| Région | Oranie | |||
| Wilaya | Tlemcen | |||
| Daïra | Mansourah | |||
| Code ONS | 1351 | |||
| Démographie | ||||
| Population | 49 150 hab. (2008[1]) | |||
| Densité | 1 820 hab./km2 | |||
| Géographie | ||||
| Coordonnées | 34° 52′ 16″ nord, 1° 20′ 21″ ouest | |||
| Superficie | 27 km2 | |||
| Localisation | ||||
Localisation de la commune dans la wilaya de Tlemcen | ||||
| Géolocalisation sur la carte : Algérie
Géolocalisation sur la carte : Algérie
Géolocalisation sur la carte : Algérie (nord)
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La commune abrite les vestiges datant du XIVe siècle, de la ville-siège construite par la dynastie berbère des mérinides durant le siège de Tlemcen.
Toponymie
Mansourah provient de l’arabe al-Manṣūra (المنصورة), littéralement « la victorieuse » (féminin). À l’époque mérinide, le nom est attaché au camp fortifié puis à la ville édifiée à l’ouest de Tlemcen durant le siège de 1299–1307 : les sources décrivent la formation d’un complexe militaire et urbain rapidement surnommé al-Maḥalla al-Manṣūra (« le camp victorieux »), dont les vestiges (enceintes, mosquée/minaret) sont encore visibles aujourd’hui.
Géographie
Situation
Le territoire de la commune de Mansourah est situé au centre de la wilaya de Tlemcen. La ville est le faubourg ouest de Tlemcen.
Localités de la commune
En 1984, la commune de Mansourah est constituée à partir des localités suivantes[2]: Mansourah, Imama, Béni Boublène, Zone Ouest, ZHUN Champ de tir, Kifan Sud-Ouest, Attar et Ouali Mustapha (Riat El Kébir).
Histoire

Située à environ cinq kilomètres à l'ouest de Tlemcen, Mansourah fut créée par le Mérinide Abu Yaqub Yusuf an-Nasr quand il assiégeait le roi 'Uthman d'où le nom de « Victorieuse ».
Le siège de la ville de Tlemcen par Abu Yaqub Yusuf an-Nasr débute en 1299. Au début, le roi n'avait installé qu'un simple camp ordinaire dans la plaine. Mais, étant donné que le blocus perdurait, il avait fait construire des demeures pour lui et les chefs de son armée ainsi qu'une mosquée. Pendant le siège, le sultan de Fès éleva autour de Tlemcen un mur tel que, selon Ibn Khaldoun : « un esprit, un être invisible aurait eu de la peine à pénétrer dans la cité »[3]. En 1303, il éleva même un rempart autour de cet ensemble. Le camp s'était transformé, peu à peu, en une grande ville avec ses murailles et ses tours, ses bains et ses caravansérails, une grande mosquée et des palais[4].
Le , l'assassinat du sultan mérinide par l'un de ses esclaves met fin au siège, avec pour conséquence le retour des mérinides à Fès et l'abandon de Mansourah, érigée à leur gloire. La Mansourah est détruite par les Zianides dont seules les ruines du minaret de la mosquée demeurent jusqu'à nos jours[5].
C'est vraisemblablement au cours de ce siège que disparaîtra à jamais un des quatre exemplaires du Coran envoyé par le calife Uthman ibn Affan. Cet exemplaire était conservé à Tlemcen depuis [6].
Pendant la guerre d’Algérie, l’armée française déporte plus de deux millions d'Algériens dans des camps. Mansourah est un de ceux-ci. La réalisatrice franco-algérienne Dorothée Myriam Kellou présente cette histoire dans son film documentaire À Mansourah, tu nous as séparés[7],[8].
Démographie
Mansourah est la troisième commune la plus peuplée de la wilaya de Tlemcen après Tlemcen et Maghnia[9], selon le recensement général de la population et de l'habitat de 2008, la population de la commune de Mansourah est évaluée à 49 150 habitants contre 1 564 en 1977, c'est la commune de la wilaya de Tlemcen qui enregistre le plus fort taux de croissance annuel (3,3 % contre 1,2 % pour l’ensemble de la wilaya), sur la période 2008-1998[1].
Patrimoine

De Mansourah, il ne subsiste que les parties nord et ouest des remparts et la mosquée. Les murailles, d'un développement de quatre mètres environ, délimitaient une superficie de 100 ha. En pisé, épaisses de 1,50 m et hautes de 12 m, flanquées de 80 tours, elles ont à peu-près disparu à l'est et au sud.
Selon Ibn Khaldoun, la mosquée de Mansourah aurait été construite vers 1303 par le sultan Abou Yacoub, mort avant l'achèvement de son œuvre. La mort du souverain ayant été suivie immédiatement de l'évacuation de Mansourah par les mérinides, les travaux n'auraient repris qu'en 1336 à l'époque de leur retour lorsque Abou Hassan (Abu al-Hasan ben Uthman) rebâtit la ville[11]. Selon le Musnad d'Ibn Marzouq, la mosquée, telle celle de Hassan à Rabat, ne fut jamais complètement achevée. Ne demeurent debout que le périmètre de ses murs et la moitié antérieure de son minaret.
Certes, ce monument impérial et militaire s'inscrit dans l'héritage de la mosquée almohade de Rabat, comme en témoignent ses proportions et le triplement de la nef face à la qibla. Cependant, sa conception et de nombreux aspects de sa construction s'inspirent de courants bien différents. Sa cour carrée évoque ainsi celle de la grande mosquée de Tlemcen, aménagée par Yaghmurasan, ainsi que celle prévue pour la grande mosquée de Grenade. De plus, la structure décorative des niveaux supérieurs de son minaret, notamment le bandeau d'arcatures sommital et la division en trois sections du troisième étage, où des entrelacs en losanges nés d'arcs polylobés encadrent une zone centrale épurée, rappelle le style de l'Andalousie et le minaret de la Giralda de Séville, plutôt que les modèles du Maghreb occidental. Néanmoins, la présence de motifs polychromes bleu foncé (ou noirs) et turquoise au cœur des entrelacs atteste d'une empreinte maghrébine. Ainsi, les édifices de commandes mérinides de la région de Tlemcen s'inscrivent dans la parfaite continuité de l'école locale[12].
La mosquée occupe un rectangle de 60 m de large sur 85 m de long. La porte principale s'ouvre à la base du minaret qui fait saillie au milieu de la face nord-ouest. La cour, carrée, élément propre aux mosquées maghrébines des XIIIe et XIVe siècles[13], de 30 m de côté, était encadrée de galeries prolongeant les nefs de la salle de prière.
Le minaret, bien que découronné de son lanternon, se dresse à 38 m. Une petite porte s'ouvrant dans la mosquée, sous la galerie antérieure de la cour, donnait accès à la rampe qui, par sept révolutions autour du noyau central, montait jusqu'au niveau de la galerie supérieure. Cette rampe était éclairée par de larges ouvertures percées au milieu des quatre faces et par des jours plus petits dans l'axe des rampes. Les murs de 1,50 m d'épaisseur sont faits de pierre siliceuse rose.
- Le minaret
- La porte du minaret
- Le minaret et l'olivier (vue angle sud-est)