Manuel Fresco
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Député argentin |
|---|
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture | |
| Nationalité | |
| Formation |
Faculté de médecine de l'université de Buenos Aires (en) |
| Activités |
| Parti politique |
|---|
Manuel Fresco (né le à Navarro, Buenos Aires, et mort le ) est un homme politique argentin, gouverneur de la province de Buenos Aires (Argentine) du au , succédant à Raúl Díaz (es)[1]. Étoile montante du Parti démocrate national (conservateur), aux côtés de Vicente Solano Lima, et proche du fascisme, il avait été élu en lors d'élections parmi les « plus burlesques » et teintées de « fraudes » de la « décennie infâme », selon les mots de l'ambassadeur des États-Unis[2],[3].
Médecin et conseiller municipal du Parti conservateur à Avellaneda, il avait été élu député provincial en 1919, et s'opposait fortement au vote à bulletin secret, en vigueur depuis la loi Sáenz Peña de 1912, qui avait permis l'accession au pouvoir de l'Union civique radicale (UCR). Il fut élu député national le , six mois avant le coup d'État militaire du général José F. Uriburu, dont il était l'un des soutiens, en tant qu'opposant du président radical Yrigoyen. Le dictateur le nomme gouverneur administratif (interventor) de Morón (province de Buenos Aires) puis Directeur général de l'hygiène de la province[4].
Participant à la réorganisation des conservateurs dans la province de Buenos Aires, il fut élu aux élections de député du Parti démocrate national (PDN, conservateur) nouvellement créé, et devint en 1933 président de son groupe parlementaire[4]. L'année suivante, le président de facto Agustín P. Justo le nomma président de la Chambre des députés, lui donnant ainsi une envergure nationale.
Ennemi de la « particratie » et du régime « bourgeois, capitaliste, athée, libéral et matérialiste »[2], c'était un admirateur de Mussolini et d'Hitler[2], qui s'opposait aux projets de salaire minimum, préconisant une sorte de darwinisme social[2]. Défenseur du corporatisme fasciste, ce que dénonça le socialiste Nicolás Repetto dans Mi Paso por la política, il s'allia avec le courant gestionnaire de la CGT qui préférait négocier avec le gouverneur plutôt que d'affronter directement le régime corrompu. Démagogue, il fut l'un des premiers à utiliser la radio et organisa nombre d'événements sportifs.
Le , il fut choisi par le PDN pour représenter le parti aux élections provinciales de Buenos Aires, dues pour , avec comme colistier Aurelio F. Amoedo. Face à eux, l'UCR avaient présenté Honorio Pueyrredón et Mario Guido.
Il promulgua un décret, en , interdisant toute activité communiste liée à la Troisième Internationale, ce qui permit, selon l'opposition socialiste, de réprimer durement les réunions du PS, par exemple à Tandil[5].
Adversaire de la loi 1 420 sur l'éducation laïque, gratuite et obligatoire, il imposa, de façon illégale, en 1936, l'éducation religieuse dans toutes les écoles de la province.
Il chargea l'architecte Francisco Salamone du projet urbaniste « Dieu, Patrie et Foyer » (Dios, Patria y Hogar), célébrant la « Conquête du désert » contre les « barbares » du général Rosas (en fait une campagne d'extermination des peuples autochtones, en particulier les Mapuches) en construisant principalement dans les forts avancés de la province de Buenos Aires à cette époque[6]. Salamone construisit ainsi de nombreux bâtiments dans la province, par exemple la mairie de Coronel Pringles (photo), combinant Art déco, fonctionnalisme, futurisme et architecture fasciste[7]. Fresco engagea en effet une politique de grands travaux, qui aboutit à la construction de la route no 2, du casino de Mar del Plata, et de la prison d'Olmos[8].