Marais de Montfort

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Marais de Montfort
Vue depuis le Plateau des Petites Roches
Géographie
Pays
Région
Département
Coordonnées
Ville proche
Superficie
96 ha
Population
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Administration
Type
Catégorie UICN
V
Création
[1]
Administration
département de l'Isère
Site web
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L’espace naturel sensible départemental du marais de Montfort se localise dans le département de l'Isère à 25 km au nord-est de Grenoble. Situé sur la commune de Crolles sous le château et le hameau de Montfort, non loin du funiculaire, ce marais fut l’ancienne décharge communale. Ce marais est l’une des dernières reliques d’un vaste espace naturel alluvial de la vallée du Grésivaudan, qui se composait jadis d'un grand nombre de zones humides. Elles ont régressé de manière importante depuis plusieurs décennies, soumises au développement de l’agriculture et de l’urbanisation.

La conservation de cet espace naturel a été entreprise dès 1989 avec la mise en place d’une zone de préemption par le conseil général de l’Isère sur 24 ha du marais, au titre de sa politique d’espace naturel sensible. Il s’est ensuivi en 1992 le classement en arrêté préfectoral de protection de biotope sur cette même zone, auquel suivent plusieurs années de gestion conservatoire de cet espace naturel et de valorisation auprès de la population locale.

Historique du marais de Montfort

Le marais faisait initialement partie d’un vaste ensemble de zones humides, correspondant à la vallée alluviale de l’Isère dont le lit divaguait de manière importante au sein de la plaine, créant un ensemble de typologie de milieu liée à la dynamique de la rivière et à la présence de la nappe phréatique.

Le marais de Montfort fait l'objet de pratiques agricoles depuis le Moyen Âge. Jusqu'au milieu du XXe siècle, les contraintes d’inondation et de l'engorgement en eau permanent du sol n'ont permis que la pratique du pâturage, de fauche de la blâche (ou bauche) et plus marginalement la culture du chanvre. Il s’agissait initialement d’un marais communautaire où chaque habitant de Crolles avait un droit d’usage, notamment pour le pâturage des bestiaux de la fin de l’hiver jusqu’à début juin. Il était brûlé toutes les années au mois de février permettant l’exploitation des jeunes pousses d’osier pour les paniers et nasses. Il avait alors une grande importance pour l’alimentation du bétail, notamment en cas de sécheresse.

À partir de 1792, le site n’est plus communautaire et fut partagé entre différents propriétaires.

Cette zone a également servi entre 1850 et le début du XXe siècle pour la culture du chanvre puis celle du lin. Ces cultures ont été fortement développées dans la plaine à cette époque. Les tiges végétales récoltées étaient déposées dans de petites mares ou des fosses remplies d’eau, qui étaient creusées à cet effet dans le but de les faire rouir. Il est encore possible d'apercevoir au nord du marais des fosses destinées au rouissage.

Jusqu’en 1940 toutes les terres du marais étaient entièrement fauchées, car possédant de nombreuses sources qui rendaient les terres inutilisables pour l’agriculture céréalière. Néanmoins certaines zones ont été rendues cultivables en les rehaussant par l'apport de terre provenant d'une autre parcelle du marais. Le paysage du marais se composait alors de prairies de fauches et de jardins juxtaposés, où étaient cultivés tabac, fraises, chanvre, pommes de terre et vignes.

Le marais a également eu une importance considérable pendant la guerre de 1939-45. À partir de 1942, les ressources en combustibles (bois et charbon) vinrent à manquer, le conseil municipal envisagea alors l’exploitation de la tourbe. Ce qui fut réalisé en , en confiant l’exploitation de la tourbe à un industriel, qui va extraire environ 1 500 tonnes, qui seront mises à la disposition des habitants. Les traces de cette extraction sont bien visibles au centre du marais, où s'observent facilement un nombre important de fossés parallèles.

C’est durant la deuxième moitié du vingtième siècle que le marais de Montfort connaîtra une véritable dégradation de son fonctionnement, dont les causes sont liées à la modification de l'environnement voisin dû au développement des activités anthropiques. Il s’agit de l'endiguement de l'Isère, la mise en place d'un réseau de drains agricoles très efficace et le remembrement qui a suivi l'implantation de l'autoroute A41 Grenoble-Chambéry. Elles ont conduit à un assèchement presque total du marais dans les années 1980, et atteignent son apogée en 1993, où le taux de labour du marais a été le plus important. Dès lors, les parcelles centrales non ou peu drainables ont été délaissées, induisant un embroussaillement progressif du marais au détriment des prairies humides. Et les surfaces agricoles périphériques, moins humides, ont été consacrées essentiellement à la culture du maïs non irrigué avec une très bonne productivité.

L’intérêt du site est signalé en 1986 lors de l’inventaire ZNIEFF.

En 1989, une zone de préemption est créée au titre de la politique Espace naturel sensible.

Le Conservatoire des espaces naturels –Avenir assure la gestion de cet espace, par une convention avec la mairie de Crolles pour les parcelles communales. L'objectif est alors la réhabilitation du marais, visant entre autres à rouvrir les prairies les plus humides.

En 1999, le marais est classé comme ENS départemental par le conseil général de l’Isère, qui s’engagera pleinement par la suite à la conservation de ce site en tant que maître d’ouvrage, en déléguant la gestion au CEN Isère-Avenir. Il en découlera de nombreuses actions de restauration et de gestion ainsi que de valorisation du site au grand public, notamment par l’ouverture au public avec la création d’un sentier d’interprétation, avec une partie sur caillebotis, jalonnée de panneaux d’information décrivant la vie des deux espèces de papillons emblématiques du site, le fadet des laîches (Coenonympha oedippus, Fabricius, 1787) et l’azuré de la sanguisorbe (Phengaris teleius, Bergsträsser 1779).

Classements et mesures de protection du site

Photographie de la partie centrale du marais avec le sentier sur caillebotis.

Le marais de Montfort est connu pour sa richesse biologique depuis de nombreuses années, ainsi dès 1986 il est référencé comme zone naturelle d’intérêt faunistique et floristique, auquel de nombreux autres découleront :

  • ZNIEFF : 95,7 hectares ont été classés en ZNIEFF de type I no 38000079, dénommée « Marais de Montfort » dans la deuxième génération d’inventaires ZNIEFF
  • Arrêté préfectoral de protection de biotope (APPB) : Le site a été classé en APPB en 1991 sur 26 ha Ce périmètre a été élargi à 86,02 ha en 1998 (Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope du marais de Montfort n°FR3800198)[2].
  • Inventaire des tourbières de l’Isère (38 GN 01) : Les tourbières du marais de Montfort figurent dans cet inventaire, réalisé par AVENIR en 2000 (n°de référence 38GN01).
  • Inventaire des zones humides de l’Isère : Le marais de Montfort figure dans cet inventaire, réalisé par AVENIR en 2009 (n°de référence 38GR0025).
  • Le Réseau Écologique Départemental de l'Isère (REDI) et le programme « Couloirs de vie » du conseil général de l'Isère : le site du Marais de Montfort constitue un important corridor biologique pour la faune, car il se situe au cœur du maillon du couloir de vie Crolles-Lumbin. En effet, le REDI a identifié le marais de Montfort comme zone nodale de corridors connectés à l’Isère et aux versants de la Chartreuse, lui conférant un rôle important au sein d'une zone d'influence stratégique de la vallée du Grésivaudan. Un corridor transversal fonctionnel a également été précisé au niveau du marais par l’Agence d’urbanisme de Grenoble (AURG 2005).

Les ENS en Isère

L'Isère fut parmi les pionnières en France à développer une politique départementale active de protection de la nature avec l'acquisition de territoires menacés : les espaces naturels sensibles ou ENS[3].

La politique ENS, vise à protéger la nature mise à mal par le développement de l’urbanisation. Pour cela, elle s’appuie sur un fonds de compensation départemental, issu d'une taxe prélevée sur chaque nouveau permis de construire. Grâce à celui-ci le département peut faire l'acquisition de territoires abritant un patrimoine naturel remarquable et en péril. Ainsi sont désormais préservés en Isère, des roselières, des tourbières, des sites de reproduction du tétras lyre, des stations de plantes rares… Cette politique foncière s'articule autour de plusieurs outils dont le droit de préemption ENS, au profit du département ou des communes.

Ces sites départementaux – au nombre de 18 en 2013 – s'étendent sur plusieurs dizaines d'hectares chacun et représentent un intérêt départemental majeur. Il s'agit majoritairement de zones humides de plaine ce qui est le cas du marais de Montfort. Les ENS sont choisis pour leur richesse en biodiversité mais aussi leur potentiel pédagogique. Ainsi, des sentiers d'interprétation et des documents pédagogiques sont élaborés pour un meilleur accueil du public et le sensibiliser à la préservation de ces espaces rares.

Aux ENS départementaux s'ajoutent 90 sites locaux (ENS locaux), propriété des communes qui en assurent la préservation et la valorisation, ou pour une quinzaine d'entre eux, propriété d'AVENIR, conservatoire des espaces naturels de l'Isère.

Un nouveau statut départemental a été défini en 2006, celui de petit site naturel, pour protéger des surfaces restreintes : station d'espèce végétale rare ou site de reproduction d'une espèce animale menacée (9 en 2011).

  • Le REPI en chiffres :
    • Les ENS départementaux → 3 300 hectares
    • Les ENS locaux → 4 000 hectares
    • Les réserves naturelles du département →22 000hectares

Présentation de l'ENS du marais de Montfort

Notes et références

Voir aussi

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