Marais salants de Monastir
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| Pays | |
|---|---|
| Gouvernorat | |
| Délégation | |
| Coordonnées | |
| Ville proche | |
| Superficie |
10 km2 |
| Point culminant |
5 mètres |
| Type | |
|---|---|
| WDPA | |
| Patrimonialité |
Site Ramsar () |
| Administration |
Ministère de l'Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, |
Les marais salants de Monastir sont une zone humide côtière aménagée en salines, situés en Tunisie entre les municipalités de Sahline, Monastir et Sousse.
Aménagés à partir de 1949 dans une ancienne lagune naturelle pour la production de sel marin, ils constituent de nos jours l'un des principaux sites de saliculture du pays.
Ils sont également reconnus pour leur importance environnementale, ayant été classés comme une zone importante pour la conservation des oiseaux en 2001 et comme zone humide d'importance internationale protégée par la convention de Ramsar en 2012.
Les marais salants de Monastir sont situés au centre-est de la Tunisie dans la région du Sahel tunisien, sur le rivage de la mer Méditerranée et du golfe de Monastir.
Les marais salants sont situés dans la partie nord de la grande sebkha de Sahline, une dépression qui s'étend sur environ 30 km2 et se situe à une altitude comprise entre 1 et 3 mètres[1]. Ils sont séparés de la mer par une bande sableuse de 100 mètres de large. Une digue au sud sépare les salines d'un étang salé à vocation piscicole, alimenté par deux chenaux[2],[3].
Le site proprement dit des marais salants s'étend sur une surface d'environ 1 000 hectares. Il est situé aux abords de la municipalité de Monastir (à l'est), dont il jouxte la zone touristique, la zone industrielle et l'aéroport, et s'étend jusqu'à la ville de Sahline (au sud-ouest), à 10 kilomètres au sud de Sousse[4].
Historique
La saline de Monastir est à l'origine une lagune naturelle, en contact avec la mer Méditerranée dans la partie nord de la sebkha, soumise à de faibles variations de niveau d'eau liées aux vents et à la marée[3],[4].
À partir de 1949, le site est aménagé pour la production de sel marin. À cette fin, les marais salants sont découpés en bassins d'évaporation de profondeurs variables, alimentés par deux pompes[4].
En 1952, la construction d'une digue, au sud, isole les salines au nord d'un étang salé, destiné à l'aquaculture[2]. De grands travaux d'aménagement y sont entrepris en 1983, avec le creusement de chenaux, pour installer sur le site une station d'aquaculture[2].
Économie
Saliculture
Une partie des marais salants de Monastir sont tournés vers la production de sel. La méthode de production y est la saliculture traditionnelle, qui consiste à pomper de l'eau de mer et à la laisser s'évaporer naturellement sous l'action du soleil dans une série de bassins peu profonds et de grande superficie[5].
Le site produit chaque année une moyenne de 120 000 tonnes de sel marin[4]. Le sel est chargé à transporter par voie maritime via le port de Sousse voisin[6].
Aquaculture
La partie sud de la sebkha est réorientée vers la production piscicole dans les années 1950[3].
Environnement

Conditions climatiques
Le climat de la saline est semi-aride avec des températures moyennes de l'air variables entre 12,47 °C en février et 29,19 °C en août entre 2010 et 2015[7]. Les précipitations moyennes atteignent 350 mm dans l'ensemble de la région, avec un maximum de 66 mm en février[8].
L'insolation est maximale durant la période estivale (en particulier en juillet). L'évaporation atteint quant à elle son maximum à partir du mois de mai et durant tout l'été[9].
Aménagement du site
L'ancienne lagune de Monastir est divisée depuis la construction d'une digue en 1952 en deux parties. Au sud, se trouve un lac salé qui peut être asséché en été[10].
Le reste du site (954 hectares), au nord de la digue, est occupé par une saline constituée d'une série de bassins d'évaporation peu profonds et interconnectés, à travers lesquels l'eau circule selon des circuits déterminés pour favoriser son évaporation[4],[11]. Les tables salantes se situent à proximité de l'aéroport de Monastir et de la zone industrielle de la ville de Sahline[12].
Deux canaux alimentent la saline en eau marine et servent également à évacuer les excès d'eau lors des grands événements hydrologiques (averses violentes, épisodes de submersion marine), jouant ainsi un rôle de protection contre les inondations et d'évacuation des eaux lors des crues[4].
Flore et faune

Avifaune
Les marées dans le golfe de Monastir (de faible amplitude) et la présence de l'eau en permanence dans les bassins d'évaporation de la saline constituent un facteur d'attrait pour plusieurs espèces d'oiseaux marins comme les limicoles migrateurs[4].
Plusieurs espèces d'oiseaux d'eaux stationnent en permanence sur le site, tels que les goélands, les flamants roses ou les avocettes[4].
Le site joue aussi un rôle de refuge naturel pour les oiseaux d'eau comme le tadorne de Belon et l'échasse blanche. Il constitue aussi une zone de frayère pour d'autres espèces d'oiseaux d'eau comme le goéland leucophée, la sterne naine et la sterne pierregarin[4].
Vie aquatique
La salinité élevée dans certains bassins constituent un environnement favorable pour la prolifération des artémies, des crustacés qui servent de nourriture aux oiseaux d'eaux[4]. On y trouve également certains poissons de la famille des Mugilidae comme le mulet à grosse tête[4].
Flore
Le site abrite plusieurs types de plantes halophytes comme les salicornes, dominées par les genres Arthrocemum et Salicornia[4].
