Marais salants de Sfax et Thyna
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| Pays | |
|---|---|
| Gouvernorat | |
| Délégation | |
| Coordonnées | |
| Ville proche | |
| Superficie |
33,4 km2 |
| Superficie terrestre |
1 700 hectares |
| Superficie maritime |
1 743 hectares |
| Type | |
|---|---|
| WDPA | |
| Patrimonialité |
Site Ramsar () |
| Administration |
Ministère de l'Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, |
Les marais salants de Sfax et Thyna sont une zone de marais salants artificiels située en Tunisie, le long du golfe de Gabès, entre les municipalités de Sfax et de Thyna.
Aménagés au début du XXe siècle, les marais de salants de Sfax et Thyna produisent de nos jours plus de 300 000 tonnes de sel marin et représentent l'un des principaux sites de production salicole dans le pays.
Ils représentent également la plus grande zone humide protégée de Tunisie, classée à l'inventaire de la convention de Ramsar depuis 2007, et abritent des populations d'oiseaux d'eaux migrateurs parmi les plus importantes de Méditerranée occidentale.
Les marais salants de Sfax et Thyna figurent parmi les milieux naturels les plus étudiés en Tunisie, tant pour leur biodiversité que pour leurs caractéristiques physicochimiques.
Les marais salants de Sfax et Thyna sont situés au centre-est de la Tunisie, sur le rivage de la mer Méditerranée. Ils sont situés au cœur de l'agglomération de Sfax, deuxième plus grand ensemble urbain de Tunisie avec près de 900 000 habitants[1].
L'aire protégée de la saline s'étend sur 1 700 hectares entre le centre-ville et le port de Sfax au nord, et la commune de Thyna au sud, le long de la côte du golfe de Gabès sur une longueur d'environ 12 à 15 km. La largeur des marais salants varie d'une centaine de mètres à 2 kilomètres[2],[3]. La zone est divisée en deux parties par l'oued El Maou, qui délimite la frontière entre les deux municipalités.
La zone protégée s'étend également sur 1 743 hectares de zone marine, comprise entre l'ancien port de pêche de Sfax au Nord, jusqu'au village de Gargour au sud, en incluant la zone archéologique du phare de Thyna[3].
Historique
Les activités de production de sel dans la région de Sfax-Thyna remontent au moins à l'Afrique romaine, à l'époque du port de pêche antique de Thaenae. Le sel est alors utilisé pour la salaison et la conservation des poissons, mais aussi pour la teinturerie, et en particulier pour la fabrication de pourpre à partir de murex[4].
Des salines modernes sont aménagées dans la région à partir du début du XXe siècle[4]. Depuis 1949, le site est exploité par la société Mare Alb, société tunisienne et filiale du groupe Salins[5].
Économie
Saliculture
Les activités de production de sel s'étendent sur la partie terrestre du site. La méthode de production y est la saliculture traditionnelle, qui consiste à pomper de l'eau de mer et à la laisser s'évaporer naturellement sous l'action du soleil dans les bassins des marais salants[3].
La production annuelle de sel y avoisine les 320 000 tonnes de sel et les 30 000 tonnes de saumure chlorurée magnésienne[6].
Le sel produit sur le site est transporté par voie maritime au port de Sfax, situé au nord, à proximité immédiate de la saline[7].
Écotourisme
En , le ministre de l'Environnement, Habib Abid, annonce l'inclusion des marais salants dans un projet de développement de l'écotourisme dans la région de Sfax[8].
Environnement

Conditions climatiques
Le climat de la saline est semi-aride avec des températures moyennes de l'air variables entre 14 et 31 °C, pouvant atteindre plus de 40 °C lors d'épisodes de sirocco[9]. Avec une moyenne annuelle des précipitations de 200 millimètres, principalement sous forme d'averses violentes irrégulières, la balance hydrique y est largement déficitaire, offrant des conditions propices à la saliculture grâce à l'évaporation solaire constante[5],[9].
Aménagement de la zone terrestre
Les marais salants de Sfax et Thyna sont organisés en plusieurs circuits et bassins d'une profondeur de 20 à 70 cm, communiquant entre eux par des portes en diagonales, permettant à l'eau de mer de parcourir le plus de trajet possible pour s'évaporer naturellement sous l'action du soleil et du vent[5]. Une digue de limon rouge haute de 4 mètres protège les bassins du front de mer[10].
Partie maritime
La partie maritime de l'aire protégée se situe dans les eaux du golfe de Gabès. C'est une zone qui, avec la lagune de Venise et les autres lagunes du nord de l'Adriatique, est la seule en Méditerranée à être soumise à des phénomènes de marnage[3].
La zone intertidale peut atteindre jusqu'à deux mètres, découvrant à marais basse des écosystèmes uniques en Méditerranée, constitués de grandes vasières, riches en poissons et en crustacés[3].
Faune

Avifaune
Le salin de Sfax abrite parmi les plus grandes populations et parmi la plus grande richesse d'espèces d'oiseaux d'eau hivernant en Tunisie et dans les marais salants de Méditerranée occidentale[11].
L'attrait des oiseaux pour le site peut-être pour partie expliqué par les spécificités du golfe de Gabès, situé au sud de la Méditerranée, au carrefour des voies migratoires européennes et africaines. La zone, située au niveau de la mer, connaît aussi des phénomènes de marées, qui découvrent de vastes vasières lorsque la mer se retire, et disposant d'importances ressources halieutiques[12],[13].
Par ailleurs, les conditions climatiques du site et la nature de son exploitation industrielle qui assurent un niveau d'eau constant et de faibles perturbations liées à l'activité humaine favorisent également la présence des oiseaux[14],[15]. Les salines artificielles fournissent un lieu sûr de nidification et de repos pour les oiseaux dans une agglomération par ailleurs densément urbanisée[3],[16]. Le gradient croissant de salinité dans les bassins des marais salants (dont le nombre dépasse les 150) crée des conditions favorables à la présence d'un peuplement varié de zooplancton, de benthos et d'organismes halophiles, donnant naissance à une grande diversité d'écosystèmes dans un espace réduit qui offre une alimentation variée aux oiseaux[12],[13].

En , une campagne de recensement rapporte la présence de 37 079 individus de plus d'une cinquantaine d'espèces[17]. Selon les données de cette opération, trois familles regroupent la majeure partie des oiseaux de la saline :
- Les Scolopacidés, représentés par quatorze espèces ;
- Les Laridés, avec huit espèces ;
- Les Phœnicoptéridés, représentés par une seule espèce, le flamant rose, représentant plus de 22 % des individus recensés[18].
43 espèces recensées dans le salin de Sfax présentent un effectif dépassant le seuil de 1 % des populations dénombrées au niveau national et quatorze dépassent le seuil de 30 %. Le salin apparaît comme un site d'importance internationale pour cinq espèces : le flamant rose, le goéland railleur, le bécasseau minute, l'avocette élégante et la spatule blanche[19].
Vie marine
Les premiers bassins, dont la salinité est encore proche de celle de la mer, sont colonisés par des formes de vie marine et lagunaire, comprenant plusieurs espèces de mollusques et de poissons telles que la dorade royale, le loup ou bar, le sparidé ou encore l'anguille et plusieurs espèces d'algues et de phytoplanctons[6],[20]. Les espèces de planctons et de microalgues présents dans la saline évoluent selon le degré de salinité des bassins[21].
Dans la partie maritime de l'aire protégée, la végétation marine est dominée par des herbiers de posidonie[14].
