Marcel Billières

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TarbesVoir et modifier les données sur Wikidata
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Nom de naissance
Marcel Jean BillièresVoir et modifier les données sur Wikidata
Marcel Billières
Marcel Billières, secrétaire général des Hospices civils de Toulouse en 1939
Fonctions
Conseiller général
Canton de Tarbes-Nord
-
Paul Sempé (d)
Maire de Tarbes
-
Raymond Peyrès (d)
Paul Boyrie (d)
Biographie
Naissance
Décès
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TarbesVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Marcel Jean BillièresVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Père
Autres informations
Parti politique
Distinction

Marcel Billières, né le à Toulouse et mort le à Tarbes[1]. Fils d'Étienne Billières, maire de Toulouse (1925-1935) et de Rose Marie Séguy (1883-1963)[2], directrice d'école de sténodactylographie de la ville rose. Administrateur hospitalier, il sera un héros de la Résistance en Bigorre, déclaré Juste parmi les Nations, puis maire de Tarbes (1953-1959) et conseiller général des Hautes-Pyrénées.

Enfance et formation

Son père, Étienne Billières, sténographe de métier, deviendra en 1906 adjoint du premier maire socialiste de Toulouse, Albert Bedouce. Sa mère, Rose Marie, deviendra la directrice de l'école de Sténodactylographie créée avec son mari Étienne en 1907[3]. Marcel Billières est l'aîné des 4 fils du couple.

Avec un père militant socialiste, Marcel Billières vit donc dans une famille où l'Internationale baigne son quotidien. En 1918, il obtint une bourse d'externat de 207 fr[4].

Son père deviendra maire de Toulouse en 1925. Marcel Billières partit s'installer à Alger et lors d'un voyage pour lui rendre visite, son père, se blessera au pied et finira par y décéder en des suites de complications dues à son diabète[5].

Revenu à Toulouse, Marcel Billières poursuivra dans la lignée de son père une grande activité militante, comme secrétaire du canton nord en soutien aux différents candidats comme pour la candidature de M. E. Béluel dans ce canton de Toulouse en 1937[6]. Il s'intéresse, entre autres, à la question de la guerre d'Espagne[7]. Il participe comme membre de l'Amicale des Hospices de Toulouse à l'élaboration de fêtes pour financer des séjours en colonies de vacances aux enfants les plus démunis[8]. Il est régulièrement appelé à prendre la parole lors de différents événements organisés par la section toulousaine[9].

Façade de l'hôpital Purpan, en octobre 1939

Le rugby tiendra aussi une place importante dans sa vie. À 33 ans, il jouait encore avec le Toulouse Olympique et assista à la victoire d'une équipe du Midi face aux XV australien au stade des Minimes[10].

Marcel Billières est un fonctionnaire principalement chargé de l’administration des hospices toulousains[11]. En 1938, il dirige la construction de l'hôpital suburbain de Toulouse (capacité de 1800 lits)[12]. Comme secrétaire général des hospices, son rôle est l'équivalent des directeurs des Hôpitaux de Paris de cette époque[13]. Il occupait ce poste lorsque la guerre fut déclarée[14].

Deuxième Guerre mondiale

Le jour de l'inauguration officielle de l'Hôpital Purpan de Toulouse, en février 1940

Malgré sa mobilisation, il était toujours secrétaire général de la commission administrative des hospices de Toulouse lors de l'inauguration de l'hôpital suburbain sous le nom d'hôpital Purpan[15].

Dans la Résistance

Dans les Hautes-Pyrénées, plusieurs mouvements de résistance apparaissent dès 1941 dont le mouvement « Combat » basé à Lourdes et commandé par Célestin Romain qui forme une armée secrète (corps-franc Puyau). Au moins 6 réseaux sont basés à Lourdes. Ces réseaux avaient pour but d’effectuer des passages à travers la frontière espagnole pour permettre aux pilotes et autres personnes menacés, de s’enfuir sans être pris.

L'hôpital de Tarbes que dirigeait Marcel Billières
L'hôpital de Tarbes que dirigeait Marcel Billières

À Tarbes, le maire Maurice Trélut et la sœur Anne-Marie Llobet (de l'ordre des Sœurs de la Charité), directrice de l’hôpital mixte de Tarbes, organisent aussi un réseau de sauvetage dans cet établissement pour cacher les personnes pourchassées par les Allemands pendant l'Occupation. En , ils apprennent que les autorités de Vichy viennent de nommer un nouveau directeur pour cet hôpital, il s'agit de Marcel Billières, de retour de mobilisation. S'il était collaborationniste, tout risquait d'être perdu mais Maurice Trélut et la sœur Anne-Marie Llobet furent vite rassurés. Joseph Beigeldrut, un juif polonais recherché, raconta sa rencontre avec le nouveau directeur « il m'appela à son bureau et sachant que j'étais un prisonnier de guerre évadé et ancien secrétaire du rabbin Berman de Lille, il me nomma secrétaire de son bureau. Donc, moi, un homme pourchassé par la Gestapo... une personne recherchée, j'étais là, tapant la correspondance pendant que le directeur rencontrait les Allemands qui régulièrement visitaient l'hôpital à la recherche de résistants blessés ou de juifs cachés ou malades[16]. »

Marcel Billières, directeur de l'hôpital mixte de Tarbes, aidé de Maurice Trélut, et des sœurs Anne-Marie Llobet et Marie-Antoinette Ricard qui y travaillent, ont permis de sauver de nombreux juifs de la déportation ainsi que de nombreux résistants. Marcel Billières autorisa les résistants à amener les personnes menacées à l'hôpital[17]. Certains juifs ne sachant pas parler français étaient catalogués sourds-muets ou débiles mentaux. Les résistants ou juifs blessés étaient abrités dans certaines salles à l’écart appelées salle des Contagieux afin d’éviter que les nazis, qui craignaient de se contaminer, ne les découvrent[18]. Certains locaux de l’hôpital étaient aussi utilisés comme entrepôts pour leur matériel[19]. Les risques de l'activité sont réels, Maurice Trélut sera arrêté par la Gestapo en et déporté à Buchenwald où il est mort. Au moment où l’officier S.S. Hauptschaführer Peter Blindauer, chef de la Gestapo Tarbaise s'apprêtait, avec ses agents, à l'arrestation de Marcel Billières, il fut attaqué par le Groupe de libération Murray (commandé par Gaston Murray)[20],[21]. À la libération de Tarbes, il sera découvert et confirmé que le commandement militaire allemand avait placé Marcel Billières sur la liste noire des personnes devant être arrêtées sous peu.

L'action de ces résistants est reconnue et récompensée par la médaille de Juste parmi les nations[22],[23].

Maire de Tarbes

Professionnellement, Marcel Billières est confirmé, en 1946, sur la liste d'aptitude aux fonctions de directeur des hôpitaux et hospices publics comme directeur de l'hôpital mixte de Tarbes[24].

Politiquement, la libération verra une autre guerre éclater : une guerre politique entre les communistes et les socialistes au niveau National. Et celle-ci se traduira très durement dans les Hautes-Pyrénées au point que certains maquisards, essentiellement des socialistes passent devant les tribunaux. La direction de la S.F.I.O. dans les Hautes-Pyrénées est dirigée par Marcel Billières. Il regroupe autour de lui, Ader, Bousquet, Joseph Cambours, Campo, Raymond Compagnet, François et Henri Escudé, André Gaillard, Maille, Jean Marcheix, Meynier, Nogues, Pedarribes, Sensever et bien d'autres[25].

Après un échec aux législatives de 1945, il est élu conseiller municipal de Tarbes en 1947[26]. Il se présentera aux élections cantonales de 1949 dans le canton de Tarbes-Sud mais ne sera pas élu.

Une élection mouvementée

La gauche dans les Hautes-Pyrénées reste très largement majoritaire mais éclatée depuis la libération, les élections municipales sont houleuses à Tarbes et c'est le communiste Raymond Peyrès qui est élu avec 32,4% des suffrages le et des voix socialistes lors du conseil municipal[27]. Le discours propagandiste du nouveau maire communiste lors des cérémonies du avait provoqué le départ immédiat du préfet, du colonel commandant les troupes et du vicaire[28]. Dix-sept conseillers municipaux d'opposition démissionnent et de nouvelles élections doivent être organisées.

À l'issue du scrutin de juillet, les communistes obtiennent 45% des suffrages, le reste des votes étant répartis entre tous les autres partis. Le conseil municipal doit être renouvelé le dimanche , les communistes obtiennent 15 élus mais pas la majorité absolue[29]. Les cégétistes et les communistes sentant monter une coalition contre eux, multiplient les manifestations et les pétitions sur les lieux de travail[30]. C'est sous la protection des CRS que doit se faire l'élection du nouveau maire pour retenir les 2000 sympathisants communistes qui entourent l'hôtel de ville. La séance du , encore une fois, est houleuse, avec des accusations de fascisme proférées par certains communistes à l'encontre des socialistes mais se tient quand même[25]. Elle aboutit à l'élection de Marcel Billières grâce à une entente inédite entre toutes les forces anti-communistes, gauche et droite confondues, pour un score en voix de 18 à 15[31]. Il succède donc à Raymond Peyrès qui n'aura été maire que 4 mois. Sa première déclaration n'arrangera pas les relations entre les deux camps «on vient de libérer la ville de la dictature stalinienne »[32].

Maire et conseiller-général

Maire de sa commune, Marcel Billières n'en continue pas moins ses fonctions de Directeur de l'hôpital de Tarbes. Il fait partie de ceux qui, devant les réactions anormales de patients, avaient alerté sur la sécurité de certains médicaments des Laboratoires d'Opochimiothérapie de Toulouse[33].

Il retente sa chance aux législatives de mais il essuie un nouvel échec. Parallèlement à ses activités municipales ou professionnelles, il est membre actif des instances de la S.F.I.O. et participe à la commission sur les indisciplines parlementaires au conseil national SFIO de . Les nouvelles élections cantonales arrivant, il se présentera dans le canton Tarbes-Nord. Qualifié pour le second tour, il se retrouve opposé aux communistes menés par Marcel Biard qui avait obtenu le plus grand nombre de voix au premier tour. Comme pour les municipales, Marcel Billières sera élu en [34]. Par contre, il essuiera un nouvel échec aux Législatives de [26]. Ses échecs ne l'empêchèrent pas de devenir secrétaire de la fédération socialiste S.F.I.O. (1958 à 1964).

C'est un Fokker F27 de ce type qui décolla de Lourdes pour Dublin
C'est un Fokker F27 de ce type qui décolla de Lourdes pour Dublin

Il participa à l'inauguration de la ligne aérienne Lourdes-Dublin-Lourdes avec la chambre de commerce de Tarbes et des Hautes-Pyrénées. Cette inauguration comprenait le voyage vers Dublin de la délégation haute-pyrénéenne à bord du Fokker F27 Friendship qui effectuait là, son premier vol commercial avec Aer Lingus. Arrivé à Dublin, la délégation fut reçue par le chef d’État-major de l'armée de la république d'Irlande, le général Mulcahy et l’aumônier général Crean. Le Premier ministre irlandais reçut en audience officielle les 2 responsables de la délégation française pendant que les autres membres rencontraient leurs homologues pour favoriser les relations économiques entre les 2 régions. Marcel Billières et M. Viron (adjoint au maire de Lourdes) purent ainsi s'entretenir avec le maire de Dublin James Carroll. De par ses fonctions hospitalières, le maire de Tarbes put aussi visiter un hôpital dublinois le [35].

Échecs électoraux

A la mi-février, il reçoit le général De Gaulle dans sa ville de Tarbes ce qui donna lieu à plusieurs anecdotes. Sur le perron de l'hôtel de ville, le Général, en voyant le maire de Tarbes, déclare aussitôt«Enfin ! Un maire de ma taille»[36]. Ensuite lors du vin d'honneur, dans le Grand salon de la Mairie, à M. Billières qui lui disait «Je connais bien ma ville, mon Général ; j'y réside depuis plus de 30 ans ; je n'y ai jamais vu pareil rassemblement, pareille foule, ni tel enthousiasme», le Général lui répliqua «Et pourquoi l'auriez-vous vu?»[37]. À l’occasion des élections de 1959, bien que maire sortant, Marcel Billières, est en désaccord avec la section socialiste locale qui refuse de faire alliance avec la droite (CNI, MRP et UNR) où figurent plusieurs ex-miliciens amnistiés[26]. Victime de la bonne tenue du Parti communiste mais surtout de la poussée de la droite, il perd son fauteuil de maire au profit cette dernière avec l’élection de Paul Boyrie.

Principales réalisations à Tarbes

Les principales réalisations de sa mandature à Tarbes sont :

  • La construction des logements de Mouysset et de Henri IV
  • Amélioration de l'hôpital de l'Ayguerote
  • Le lancement du projet du nouvel hôpital de la Gespe
  • Avec l'ADIRP[38], lancement du projet du mémorial de la déportation, de l'internement et de la Résistance des Hautes-Pyrénées à Tarbes (inauguré en 1964)

Après la mairie

Médaille des Justes parmi les Nations

Il présenta sa démission de son poste de secrétaire de la SFIO après son échec aux municipales mais cela fut refusé. Après les échecs aux législatives, ce sont les Sénatoriales de 1959 mais là encore, il échoue. Il figurait encore sur les listes de délégués cantonaux de l’Éducation nationale en 1962. Il restera au conseil municipal de Tarbes et en 1962, il tente encore une fois, sans succès, de devenir député et en , après un nouvel échec aux cantonales, il présenta à nouveau sa démission de secrétaire de la S.F.I.O[26]. Ce ne sera pas sa dernière tentative puisqu'il ne sera pas non plus élu lors des Sénatoriales de [39].

En il a été invité à Berlin, au congrès «Social Activities of Local Authorities» où il prononça plusieurs discours sur les soins aux plus âgés et les services locaux pour les plus jeunes[40]. Il fut membre de la société savante, la Société Académique des Hautes-Pyrénées. Il participera aussi à la rédaction d'un ouvrage sur les Hautes-Pyrénées en écrivant le chapitre sur le pic du Midi de Bigorre[41].

Le , le comité Yad Vashem reconnaît officiellement Marcel Billières comme Juste parmi les Nations en même temps que Anne-Marie Llobet[22],[23],[42]. Leurs noms sont gravés sur le Mur d'Honneur du mémorial de Yad Vashem. Un mois plus tard, il décède le à Tarbes et sera inhumé au cimetière de Lardenne à Toulouse.

Décorations

Hommages posthumes

La ville de Tarbes a donné son nom à une de ses avenues et à une galerie commerciale (Galerie Billières).

L'hôtel de ville de Tarbes possède une plaque commémorative dans le hall avec le nom de Marcel Billières inscrit dans la liste des maires de la commune.

La commune de Rieumes a appelé son stade Marcel-Billières.

Son nom est gravé sur le mur des « Juste parmi les Nations » à Jérusalem.

Marcel Billières est fréquemment intégré dans les expositions et/ou commémorations sur la résistance dans les Hautes-Pyrénées :

  • Conférence de Pierre-Louis Giannerini (Association UTLA) « Les Pyrénées de la liberté » à Aire-sur-l'Adour en 2016[43]
  • Exposition sur la libération de Lourdes au palais des congrès, [19].

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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