Deuxième d’une famille de trois enfants[1] dont le père est employé à la SNCF et la mère est au foyer[2], il est baptisé trois jours plus tard à l’église Saint-Pierre de Montsort[3]. Il fait ses études primaires à l'école communale de Montsort[4], puis rejoint le petit séminaire de Sées[5] à l'âge de 13 ans. Il entre en 1942, alors que le pays est sous l'occupation allemande au séminaire des Missions étrangères de Paris. Il y est ordonné prêtre le , après avoir accompli son service militaire. Il avait une grande dévotion pour sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, patronne des missions et native d'Alençon, comme lui.
Il reçoit sa mission pour la région de Thakhek en plein milieu du Laos et part le en bateau de Marseille avec d'autres missionnaires. Il apprend d'abord la langue locale jusqu'en 1948[6]. Après avoir été occupé par l'armée japonaise, le pays, qui fait partie de l'Indochine française, est miné par les infiltrations communistes et le début de la guerre d'Indochine. Il est envoyé à la mission de Dong Makba dans la plaine. À partir de 1952, il est envoyé vers les zones intérieures du Khammouane. Il s’établit à Maha Prom. Il fonde des écoles et des églises de mission, évangélise les populations locales, forme des catéchistes et soigne les malades, parcourant la région à cheval, puis en jeep. La guerre civile éclate en 1953. Dans une de ses lettres, il se confie: Je mets le Bon Dieu de la partie et Il se charge bien de nous montrer qu'Il est là. Je prêche à droite et les conversions viennent à gauche... Pas moyen de s'attribuer le passé ni le présent – encore moins l'avenir!
En 1961, la guérilla du Pathet Lao lance une opération de grande envergure, mais il décide de rester parmi ses fidèles. Il apprend le que le village de Phon Saat, à 30 kilomètres environ de Thakhek, est menacé par les bandes armées communistes. Il avait laissé là son catéchiste Unla et sa famille. Il juge donc nécessaire d'aller le couvrir[6]; il y a été arrêté. On sait qu'il est enlevé en juillet suivant. Il aurait été fusillé le . Il est présumé mort officiellement le [3].
Il est béatifié le avec les seize autres martyrs du Laos (dont dix autres prêtres français, un prêtre italien, un prêtre laotien et quatre laïcs laotiens). La cérémonie est célébrée par le cardinal Orlando QuevedoO.M.I.[7] en la cathédrale de Vientiane.
Notes et références
↑ Un frère, Henri, né en 1915; et une sœur Denise, née en 1927
↑ Elle fait quelques travaux de couture pour arrondir les fins de mois de la famille
Roland Jacques O.M.I., Biographies des premiers témoins de l'Église du Laos , établies par le P. Roland Jacques O.M.I., postulateur diocésain, éd. Postulation des martyrs du Laos, 34 rue du Cdt J. Duhail; 94210 Fontenay-sous-Bois, 2008