Marcello Maloberti
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Marcello Maloberti, né en 1966 à Codogno, est un artiste contemporain italien. Il vit et travaille à Milan, où il enseigne les arts visuels à la Nuova Accademia di Belle Arti (NABA). Sa pratique artistique se développe à partir des années 1990 à travers des installations, performances, vidéos, sculptures et interventions textuelles, dans lesquelles il explore les relations entre espace urbain, mémoire collective et expérience quotidienne.
Formé à l'Accademia di Belle Arti di Brera, où il suit l'enseignement de Luciano Fabro, Maloberti développe un langage personnel marqué par la théâtralité, l'usage du langage et l'implication directe du public, en dialogue avec certaines recherches issues de l'Arte povera. Son travail est présenté dans des institutions internationales, notamment à la Biennale de Venise en 2013, à Manifesta 12 à Palerme (2018) et dans plusieurs musées européens et américains.
La critique situe son œuvre à la croisée d'une attention aux marges de l'expérience urbaine contemporaine et d'une dimension poétique et performative qui transforme objets et situations ordinaires en dispositifs symboliques. Sa pratique est également discutée pour son caractère ouvert et fragmentaire, qui privilégie l'intensité du geste et de la présence.
Marcello Maloberti étudie les beaux-arts à l'Accademia di Belle Arti di Brera à Milan[1]. Il a été l'élève de Luciano Fabro.
En 2013, il représente l'Italie à la 55e Biennale de Venise au sein du pavillon national, dans une exposition organisée par les curateurs Bartolomeo Pietromarchi et Cecilia Alemani[1],[2]. Selon la revue Frieze, Maloberti y est présenté avec Flavio Favelli dans une section consacrée au thème « familier/étrange »[2].
La même année, il expose au MACRO à Rome[3]. En 2018, il participe à Manifesta 12 à Palerme[1].
En 2019, il réalise Cuore Mio, une installation au MAXXI de Rome où il présente le panneau routier d'entrée d'Ulassai, village natal de l'artiste Maria Lai[4]. En 2020, ses Martellate sont exposées au MACRO dans le cadre d'une exposition collective décrite par Frieze comme une expérimentation sur de nouveaux formats muséaux[5].
En 2022, la Triennale di Milano présente Martellate organisée par Damiano Gullì, une exposition consacrée à trente ans de ses écrits[6].
En 2023, il réalise l'installation permanente Invitami notte a immaginare le stelle au Mémorial de la Shoah de Milan, avec une phrase écrite de la main de la sénatrice Liliana Segre[7].
De 2024 à 2025, le Padiglione d'Arte Contemporanea (PAC) de Milan présente Metal Panic, décrite comme la plus vaste exposition jamais consacrée à l'artiste[8]. L'exposition, organisée par le curateur Diego Sileo, explore le lien entre l'artiste et la ville de Milan[8].
Ses œuvres sont présentes notamment à la Generali Foundation de Vienne et au MAC VAL de Vitry-sur-Seine[9].
Recherche artistique
Selon Juliet Art Magazine, la pratique de Maloberti s'inscrit dans l'héritage de son maître Luciano Fabro, en explorant le rapport entre l'ancien et le contemporain, entre l'espace architectural et l'espace personnel[10]. La pratique de Maloberti explore les aspects marginaux de l'expérience urbaine contemporaine, en s'intéressant aux états précaires de la vie quotidienne[11]. Selon la critique Barbara Casavecchia, son observation va au-delà de l'immédiateté du quotidien grâce à un regard néoréaliste onirique et aliénant[12]. Son travail se développe à travers différents médias : performance, installation, vidéo, photographie, sculpture et collage[8].
Ses installations et performances se caractérisent par une forte dimension dramatique et favorisent l'interaction avec le public[11],[9]. Comme le souligne Mousse Magazine, l'artiste transforme des objets du quotidien en éléments porteurs d'une charge poétique ou politique[13].
Un élément récurrent de son œuvre sont les Martellate (« coups de marteau »), courtes phrases ou slogans qui accompagnent sa poétique depuis les années 1990[11],[14]. Selon Frieze, ces écrits courts « irrésistiblement naïfs et sensuels » constituent une série en cours depuis 1990[5]. Dans une analyse critique publiée par Juliet Art Magazine en 2025, le curateur Giulio Dalvit décrit les Martellate comme « le moment le plus primordial du travail de l'artiste, le plus instinctif et sincère »[15].
Réception critique
Le travail de Marcello Maloberti est généralement présenté par la critique comme une tentative de concilier la monumentalité de l'histoire de l'art italien avec la précarité du quotidien urbain.
- Théâtralité et empathie
- Selon la revue Artforum, Maloberti se distingue par sa capacité à établir une « empathie directe » avec le public à travers des installations qui suscitent à la fois l'émerveillement et l'aliénation. Sa pratique est fréquemment qualifiée de « théâtre spontané », où l'énergie physique des corps et des objets produit un impact immédiat, ancré dans la culture collective mais transfiguré par une imagination onirique[16].
- Le rôle du langage (Martellate)
- La série Martellate a été interprétée comme une forme d'autoportrait fragmenté. Pour le commissaire Luca Lo Pinto, les slogans et aphorismes qui la composent ne constituent pas de simples textes, mais des « phrases tridimensionnelles » agissant comme des décharges d'énergie : la parole y est transformée en image mentale percutante, refusant toute passivité de la part du spectateur[17].
- Dialogue avec l'Arte Povera
- De nombreux critiques relèvent l'influence de ses maîtres, notamment Luciano Fabro, dans sa manière de manipuler les symboles nationaux et religieux. La critique Gigliola Foschi souligne que, si son geste peut paraître iconoclaste (comme lorsqu'il renverse l'iconographie de la ville de Milan), il reste profondément empreint d'humanité et d'un « respect paradoxal » pour la tradition. Cette posture lui permet d'éviter l'écueil d'un conceptualisme froid au profit d'une pratique vécue comme un événement total[18].
- Limites et critiques de la forme
- Certains observateurs notent toutefois que son refus délibéré des « formes closes » et son goût pour l'ambiguïté peuvent parfois désorienter le public. L'œuvre, laissée dans un état de suspension, exige une participation active que tout spectateur n'est pas disposé à fournir. Ce parti pris risquerait, selon eux, de réduire certaines interventions à un impact purement éphémère[19].
Expositions principales
Expositions personnelles (sélection)
- 2009 : Raptus, GAMeC, Bergame[20]
- 2010 : Generali Foundation, Vienne[3]
- 2012 : Situation(s), MAC VAL, Vitry-sur-Seine[9]
- 2012 : Blitz, MACRO, Rome[3]
- 2019 : Sbandata, Galleria Raffaella Cortese, Milan[10]
- 2021 : Kestner Gesellschaft, Hanovre[21]
- 2022 : Martellate, Triennale di Milano, Milan[6]
- 2024-2025 : Metal Panic, Padiglione d'Arte Contemporanea (PAC), Milan[8]
Expositions collectives (sélection)
- 2009 : Performa, New York[3],[9]
- 2010 : Royal Academy of Arts, Londres[21]
- 2011 : Nuit blanche, Paris[21]
- 2013 : Pavillon italien, 55e Biennale de Venise[1],[2]
- 2018 : Manifesta 12, Palerme[1]
- 2020 : Museum for Preventive Imagination: Editorial, MACRO, Rome[5]
- 2022-2023 : Bangkok Art Biennale[1],[21]
Art public et installations permanentes
- 2019 : Cuore Mio, installation permanente réalisée pour la commune d'Ulassai (Sardaigne) dans le cadre du projet de musée en plein air dédié à Maria Lai[22].
- 2023 : Invitami notte a immaginare le stelle, installation lumineuse pérenne située sur la façade du Mémorial de la Shoah à Milan[23].
- 2025 : Intervention permanente dans l'espace public de la ville de Saluzzo (Cuneo)[24].