Membre de la gens plébéienne des Antonii, Marcus Antonius est le fils de Marcus Antonius Orator, consul de la République romaine en 99 av. J.-C.[1] Plutarque lui donne une réputation flatteuse « homme le plus juste, le plus honnête et le plus libéral », prêt à aider financièrement ses amis malgré une fortune médiocre[1].
Il est préteur en 74 av. J.-C. et, un an plus tard, il reçoit de la part du Sénat des pouvoirs militaires extraordinaires sans limite géographique contrairement à l'usage d'attribution de province déterminée (majus imperium infinitum) afin de libérer la mer Méditerranée des pirates[2]. Avec sa flotte, il tente de rétablir les communications maritimes avec l'Espagne, et attaque les pirates en Ligurie puis en Espagne ceux qui sont alliés de Sertorius[3]. Il intervient ensuite en Sicile et en Méditerranée orientale. En 72 av. J.-C., il attaque les Crétois, suspectés d'aider Mithridate VI, roi du Pont en guerre contre Lucullus. Sa flotte se fait battre[4] et Marcus Creticus, fait prisonnier, doit conclure avec les Crétois une paix honteuse[5]. C'est pour cette raison qu'on lui attribua par dérision le surnom de Creticus, qui signifie le Vainqueur de la Crète[6]. Il meurt au cours du voyage de retour à Rome quelques mois plus tard, en 72 ou en 71 av. J.-C.[7],[8].
Son action contre les pirates fut peu efficace, car il faut tout recommencer quelques années plus tard lors de la guerre des pirates de Pompée. L'échec est attribué à l'incompétence d'Antonius, en raison de son échec en Crète[9]. Mais il faut tenir compte de la faiblesse maritime des Romains, Antonius dut faire des réquisitions de navires et d'équipages chez les alliés, principalement grecs[10], donc visiblement, le Sénat ne lui avait pas donné des moyens suffisants. Seuls les pirates disposaient d'une marine permanente et opérationnelle[11].
Il a épousé Julia[1], la fille de Lucius Julius Caesar, consul en 90 av. J.-C. et cousine éloignée de Jules César, et en eut trois fils[12] :