Marguerite Massart
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Marguerite Massart, née le à Bruxelles et morte le à Gand, est la première femme diplômée ingénieure en Belgique. Elle crée une fonderie à Gand et lance plus tard un projet de dessalement et les premiers panneaux solaires dans le premier hôtel de l'île de Sal au Cap-Vert.
Jeunesse et formation
Marguerite Massart est née à Bruxelles, en Belgique, le . Sa mère dirige une entreprise de fourniture d'instruments en cuivre dans le centre-ville et son père, Arthur Massart, est le représentant belge d'une entreprise française de métaux[1].
Dès l'école, elle manifeste un intérêt particulier pour les sciences et les mathématiques et choisit d'intégrer le lycée Dachsbeck à Bruxelles, un établissement spécialisé en mathématiques. En 1918, elle entre à l'Université libre de Bruxelles (ULB). Son frère aîné, Arsène, y avait étudié et l'avait aidée à y accéder.
Elle obtient son diplôme d'ingénieure civile en 1922, devenant ainsi la première femme ingénieure qualifiée en Belgique[1]. Cette nouvelle est relayée à l'international[2],[3].
L'année suivante, elle obtient une autre qualification d'ingénieure électricienne à l'École Montefiore-Lévi de Liège[1],[4].
Carrière
Dès sa sortie de l'université, Marguerite Massart adhère à l'Association des Ingénieurs de Bruxelles (AIBr), une association d'ingénieurs diplômés de l'Université libre de Bruxelles. Elle en devient secrétaire générale en 1925. Elle reste en contact étroit avec l'AIBr toute sa vie, faisant d'importants dons à divers fonds de secours, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale.
Ses études terminées, Marguerite Massart trouve un emploi dans un cabinet de conseil en brevets à Bruxelles, où une partie de son travail consiste à rédiger des demandes de brevets[4],[5].
En , Marguerite Massart prend la parole lors de la deuxième Conférence internationale des femmes ingénieures à Manchester, organisée par la Women's Engineering Society, où elle présente une communication pertinente sur les moteurs à courant alternatif[4]. Elle est élue membre de la Women's Engineer Society en , devenant ainsi sa première membre belge[5].
En , Marguerite Massart épouse Gaspard Vynckier (1896-1972)[6] qui dirige avec son frère Maurice une entreprise de matériel électrique, Vynckier Frères & Cie. Initialement une petite entreprise bruxelloise, elle connait une croissance rapide après son implantation à Gand, employant jusqu'à 2 200 personnes et fabriquant toutes sortes de matériel électrique (interrupteurs, boîtes de distribution, fusibles, boîtiers en bakélite et matériel ferroviaire). On pense que le couple se rencontre grâce aux activités commerciales des parents de Marguerite dans le négoce de métaux, l'entreprise de Gaspard ayant besoin de cuivre pour le câblage électrique[1].
Investissement à Gand
Après leur mariage, le couple s'installe à Gand et Marguerite Massart a deux fils : Georges Gaspard Arthur Gustave Vynckier et Lucien Richard Arsène Urbain Vynckier, qui deviennent tous deux ingénieurs[6],[1]. En 1937, la famille emménage dans une grande maison d'angle (construite en 1896) à Coupure Rechts, un quartier chic de Gand[7].
Tout en élevant ses jeunes enfants, elle créé également et gère sa propre entreprise, la Cupro Foundry, spécialisée dans le travail des métaux non ferreux.
Elle s'implique dans la vie sociale de Gand, jouant un rôle important au sein des Soroptimistes locales et en créant une section locale de la Fédération belge des femmes universitaires (FBFU), une organisation belge destinée au soutien mutuel des jeunes femmes diplômées[1].
Marguerite Massart est très attachée à la langue française et lutte pour en protéger l'usage, à une époque où l'État belge s'efforce d'accroître l'utilisation du flamand dans l'enseignement en Flandre, au nord de la Belgique. Elle se bat pour intégrer un volet francophone aux programmes scolaires des collèges de Gand, ce qui lui vaut une certaine notoriété dans la presse locale[1].
Pension
À la retraite, Marguerite Massart-Vynckier et son mari voyagent dans des pays plus chauds durant l'hiver, à la recherche d'un climat plus adapté à son asthme. On leur conseille alors d'essayer le Cap-Vert, un archipel de l'océan Atlantique, à 560 kilomètres des côtes occidentales du continent africain. Ils s'y rendent pour la première fois en 1963 et, à leur retour, le couple conçoit une maison préfabriquée, avec les plans de son système d'alimentation énergétique autonome, qui pourrait être expédiée au Cap-Vert et remontée sur place. La maison est construite à Santa Maria entre 1965 et 1966, et le couple y passent ses hivers.
Ils installent une petite usine de dessalement, utilisant l'énergie solaire pour faire fonctionner le processus[1]. En 1970-71, le couple fait construire le château d'eau de Santa Maria qui a fourni de l'eau potable à tout le village pendant de nombreuses années[8].
Leur maison s'agrandit pour accueillir les équipages des vols long-courriers, notamment ceux de South African Airways (SAA), compagnie aérienne publique sud-africaine qui n'était pas autorisée à survoler ou à atterrir dans de nombreux pays africains en raison de l'opposition de ces derniers à l'apartheid. Le Cap-Vert autorise SAA à survoler et à atterrir, et devient alors une plaque tournante pour les vols de la compagnie vers l'Europe et les États-Unis. En 1967, le couple, avec leur fils aîné George, ouvre le premier hôtel de villégiature du Cap-Vert, le Morabeza[8],[9].
La famille Vynckier transforme progressivement le logement destiné au personnel navigant en un hôtel touristique, initialement alimenté par des sources d'énergie alternatives. L'hôtel Morabeza est géré par leur fils George (qui s'est chargé de l'ingénierie des sources d'énergie) et leur belle-fille Geneviève Vynckier et existe toujours (en 2020), dirigé par la petite-fille de Massart, Sophie Vynckier Marcellesi[9].
Mort et héritage
Marguerite Massart perd son mari Gustave Vynckier en 1972 et décède d'une insuffisance cardiaque sept ans plus tard à Gand le [1].
Un collège technique de langue française, l'Institut de Mécanique et d'Électricité Marguerite Massart à Bruxelles, est nommé en son honneur[10].
Références
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Eliane Gubin, Dictionnaire des femmes belges : XIXe et XXe siècles, Racine, (OCLC 651897761, lire en ligne)
- ↑ « Hamilton Daily News », Hamilton Daily News (Hamilton, Ohio),
- ↑ « Morning Herald », Morning Herald (Uniontown, Pennsylvania),
- 1 2 3 « The Woman Engineer Vol 1 » [archive du ], www2.theiet.org (consulté le )
- 1 2 « The Woman Engineer Vol 2 » [archive du ], www2.theiet.org (consulté le )
- 1 2 (en) « Family tree of Marguerite Massart », Geneanet (consulté le )
- ↑ Verschoore, Nicole, Red. Bonte, Maud, Sonstige, De coupure in Gent scheiding en verbinding, Academia Pr, (ISBN 978-90-382-1323-1, OCLC 1075570944, lire en ligne)
- 1 2 « Hotel Morabeza **** » [archive du ], www.hotelmorabeza.com (consulté le )
- 1 2 (en) Murray Stewart, Aisling Irwin et Colum Wilson, Cape Verde, Bradt Travel Guides, (ISBN 978-1-78477-050-1, lire en ligne)
- ↑ « INSTITUT DE MÉCANIQUE ET D'ÉLECTRICITÉ MARGUERITE MASSART », INSTITUT DE MÉCANIQUE ET D'ÉLECTRICITÉ MARGUERITE MASSART (consulté le )