Marguerite Rouvière
physicienne française
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Marguerite Rouvière, née le 27 juin 1889 à Pertuis (département du Vaucluse)[1], morte en 1966, est une physicienne et enseignante française.
| Naissance | |
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| Décès |
(à 76 ans) |
| Nom de naissance |
Marguerite Marie Charlotte Rouvière |
| Nationalité | |
| Formation |
École normale supérieure (à partir de ) |
| Activité | |
| Père |
Émile Rouvière (d) |
| Mère |
Lucie Maurizot |
| Fratrie |
Jeanne Rouvière (d) |
| Conjoint |
Jean Rivière (d) (de à ) |
| A travaillé pour |
Lycée Victor-Duruy (- Lycée Fénelon () Lycée Carnot (- |
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| Distinctions |
Première femme admise à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm (1910) et première titulaire féminine de l'agrégation masculine de physique (1913), elle a enseigné en classes préparatoires scientifiques et publié deux traductions.
Biographie
Marguerite Marie Charlotte Rouvière, dite « Magali »[2], est issue d'une famille provençale aisée.
Son père, Émile Rouvière, né en 1859 à Marseille[3], reçu au sein de la promotion 1879 de l'École polytechnique, est élevé en 1901 au grade de chevalier de la Légion d'honneur[4]. Sa mère, Lucie Maurizot, est la fille d'un médecin.
En 1910, Marguerite Rouvière est reçue au sein de la promotion scientifique de l'École normale supérieure de Paris[5], où elle est la première femme admise. Sa sœur, Jeanne Rouvière, née en 1892 à Besançon[6], est également mathématicienne. En 1912, elle est également reçue au sein de la promotion scientifique de l'École normale supérieure[5].
Le Conseil supérieur de l'Instruction publique, chargé de statuer sur son cas, accepte son intégration au sein de l'établissement[7]. Sa sœur cadette Jeanne est, quant à elle, admise au concours de l'ENS en 1912[8], mais y est inscrite sous le seul statut de boursière de licence ; elle ne se verra attribuer le titre d'ancienne élève de l'ENS que rétrospectivement, par un arrêté ministériel de 1927[9]. Toutes deux furent notamment épaulées par leur père polytechnicien, qui voulait montrer que ses filles « valaient bien des garçons »[2].
Elle est moquée dans Femina, où, sur 1204 femmes interrogées dans le cadre d'une enquête intitulée « Normalienne, taupine, bachelière ? », 912 concluent que leurs homologues n'ont pas leur place dans les grandes écoles[7]. À l'École, malgré des réticences initiales (René Girard se rappelle, avec humour, « une tempête dans le bassin des Ernests »), elle suscite vite l'« intérêt » et la « curiosité », se présentant comme « le type de la jeune fille équilibrée et intelligente »[2]. Elle s'attire en particulier le soutien des « talas »[2] (les catholiques pratiquants de l'ENS). Elle est assez mal reçue, également par les enseignants de l'École, et subit en particulier des vexations de la part d'Henri Abraham, professeur de physique[2]. Elle est aidée par son camarade Jean Rivière, qu'elle épousera[2] en 1916[10]. Ils ont une fille et deux fils, dont Jacques, qui entre à son tour à l'École en 1939 mais meurt de maladie dès 1943[2].
En 1913, Marguerite Rouvière est reçue, la neuvième, à l'agrégation de physique.
Elle est également la première femme reçue à l'agrégation masculine de physique en 1913[11]. Après cela, elle enseigne la physique comme déléguée au lycée Carnot (1915-1930) à Paris, avant d'être titularisée en 1930. Elle est professeur de classes préparatoires scientifiques, aux lycées Fénelon (1936-1942, puis 1943), d'Aix-en-Provence (1942-1943), et Victor-Duruy (1943-1947)[10]. Elle est admise à la retraite en 1947[10].
Décorations
Officier de l'Instruction publique en [10]
Chevalière de la Légion d'honneur par décret du [10]
Traductions
- William Henry Bragg et William Lawrence Bragg (trad. de l'anglais), Rayons X et structure cristalline [« X-Rays and Crystal Structure »], Paris, Gauthier-Villars, , VII + 211 (BNF 31864520).
- Theodore Lyman (trad. de l'anglais, préf. Charles Fabry), L'Ultra-Violet, Paris, Félix Alcan, coll. « Nouvelle collection scientifique », , XXXI + 227 (BNF 30849586).