Mari Luz Canaquiri Murayari
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Mari Luz Canaquiri Murayari est une militante pour l'environnement et leader au sein de la communauté autochtone Kukama kukamiria (es). En 2025, elle reçoit le Prix Goldman pour l'environnement pour ses actions en faveur de la préservation de la rivière Marañón au Pérou[1],[2].
Enfance
Mari Luz Canaquiri Murayari est née en 1974 dans la communauté autochtone de Shapajilla, dans l'actuel Pérou[3].
À l'âge de 13 ans, elle quitte l'école et, pour subvenir aux besoins de sa famille, travaille comme femme de ménage et nourrice dans la ville d'Iquitos[4].
Parcours en faveur de l'environnement
Création de la Fédération des femmes de Kukama
En 2000, suite à une fuite de pétrole issue des oléoducs traversant leur territoire, Mari Luz Canaquiri Murayari et d'autres femmes se réunissent pour s'organiser. Elles fondent alors, en 2021, la Fédération des femmes Kukama (Huaynakana Kamatahuara Kana)[5]. La Fédération, qu'elle préside, promeut l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes afin de défendre leur corps, leurs droits et leur territoire[6].
Depuis sa création, la Fédération s'est développée pour inclure 29 communautés du peuple Kukama, devenant ainsi la structure la plus importante dans la lutte contre la pollution et pour la protection de la rivière Marañón[3].
La Conférence des Nations Unies sur l'eau
En , Mari Luz Canaquiri Murayari a pris la parole à la Conférence des Nations Unies sur l'eau à New York. Elle a expliqué que l'eau était essentielle à l'existence des femmes Kukama et que la rivière était sacrée. Elle a demandé que leurs voix et leur travail soient reconnus, ainsi que la lutte qu'elles mènent pour les générations futures[7].
Combat en faveur de la reconnaissance de la rivière Marañón

La Fédération des femmes Kukama, dirigée par Mari Luz Canaquiri Murayari, poursuit l'État péruvien pour les dommages causés à la rivière Marañón en raison des multiples déversements de pétrole de l'oléoduc Norpéruvien, exploité par la société nationale Petroperú[8].
La plainte déposée en 2021 vise à faire reconnaître la rivière Marañón et ses affluents comme titulaires de droits : celui d'exister, celui de couler, celui de rester exempts de pollution, et 7 autres droits spécifiques[9].
En 2024, le tribunal décide de reconnaître la rivière Marañón comme sujet de droits inhérents. Il exhorte les autorités à protéger les droits du peuple Kukama en tant que représentants, gardiens et défenseurs de la rivière ; et il acte que les responsables doivent prendre des engagements environnementaux pour garantir le transport approprié des hydrocarbures[8].
Coproduction d'un film
En 2024, Mari Luz Canaquiri Murayari coproduit et joue dans le film « Karuara, la gente del río » (en français : Kakuara, le peuple de la rivière)[5], qui raconte que la rivière Marañón est un être vivant habité par les esprits karuara[10].
Ce film appelle à agir pour sauver l'’Amazonie. Il invite également les spectateurs à découvrir et à comprendre les traditions et le lien entre le peuple Kukama et la forêt tropicale.
Le film remporte le prix du meilleur film péruvien et le prix du public au Festival du film de Lima en 2024[11].
Récompenses
Prix Terre de Femmes
En 2023, Mari Luz Canaquiri Murayari remporte le Prix International Terre de Femmes 2023 de la Fondation Yves Rocher[12].
Prix Goldman pour l'environnement
En 2025, elle reçoit le Prix Goldman pour l'environnement pour son travail constant à la tête de la Fédération des femmes autochtones Kukama et pour la défense des droits environnementaux qui a abouti à la décision du tribunal reconnaissant la rivière Marañón comme sujet de droits[13].
Dans son discours lors de la remise du prix, elle remercie sa famille et les membres de sa communauté. Elle commente également la crise politique au Pérou, déclarant :
« Nous traversons une crise politique très grave. Il est extrêmement difficile pour les femmes autochtones de faire entendre leur voix en cette période difficile. Nous avons un dirigeant autoritaire qui s'oppose aux peuples autochtones et aux défenseurs de notre environnement naturel. Certains politiciens sont contre la nature et promulguent des lois qui la menacent gravement. »
Notes et références
- ↑ « Mari Luz Canaquiri, lauréat péruvien du Goldman 2025 Award: "Kukama Women existe et résiste" », sur Jiec, (consulté le )
- ↑ (es) Sally Jabiel, « Mari Luz Canaquiri, peruana ganadora del Premio Goldman 2025: “Las mujeres kukama existimos y resistimos” », sur El País América, (consulté le )
- 1 2 (es) Alexis Revollé Tercero, « Mari Luz Canaquiri, representante de federación de mujeres indígenas kukama de Loreto, gana el Goldman Environmental Prize por defender al río Marañón », IDL | Instituto de defensa Legal, (consulté le )
- ↑ (es) « Mariluz Canaquiri Murayari », Retina Latina (consulté le )
- 1 2 « « Karuara, la gente del río » : la lutte du peuple Kukama pour la défense de son fleu », sur lepetitjournal.com (consulté le )
- ↑ (en-US) « Laureate Mari Luz Canaquiri, winner of Terre de Femmes International 2023 - Fondation Yves Rocher - 123442 », Fondation Yves Rocher (consulté le )
- ↑ (es) Patricia Wiesse, « Federación de Mujeres Indígenas Kukama Kukamiria del Río Marañón y Afluentes “Huaynakana Kamatahuara Kana” participa en la Conferencia Mundial del Agua 2023 de las Naciones Unidas en Nueva York », IDL | Instituto de defensa Legal, (consulté le )
- 1 2 (es) Alexis Revollé Tercero, « Río Marañón: juzgado de Loreto lo reconoce como sujeto de derechos », IDL | Instituto de defensa Legal, (consulté le )
- ↑ (fr-CA) « Les droits de la rivière Marañon reconnus par une décision historique au Pérou – Observatoire Nature » (consulté le )
- ↑ [vidéo] « Karuara, La gente del río », AlloCine (consulté le )
- ↑ (es) Sociedad Peruana de Derecho Ambiental, « Estrenan "Karurara": documental sobre la lucha por la protección del río Marañón », Actualidad Ambiental, (consulté le )
- ↑ Lauréates Terre de Femmes·1 min·2, « 22e Cérémonie Terre de Femmes », sur Fondation Yves Rocher (consulté le )
- ↑ (en-US) « Mari Luz Canaquiri Murayari », Goldman Environmental Prize, (consulté le )