Marianne Winder

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Marianne Winder
Marianne Winder devant un thangka tibétain à l'exposition Body and mind in Tibetan Medicine au Wellcome Institute for the History of Medicine (en) à Londres en 1986.
Fonction
Rédactrice en chef
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 82 ans)
LondresVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
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Père
Mère
Hedwig Winder (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour

Marianne Winder, née à Teplitz le et morte à Londres le , est une spécialiste britannique du moyen haut allemand, bibliothécaire à l'institut des études germaniques de l'université de Londres. Elle est la fille de Ludwig Winder.

Associée pendant plus de trente ans à la bibliothèque de l'institut Wellcome d'histoire de la médecine, elle y fut successivement bibliothécaire adjointe (1963-1970), conservatrice des manuscrits et livres imprimés orientaux (1970-1978) et enfin, après avoir pris sa retraite, conseillère en médecine tibétaine (1978-2001)[1],[2] dont elle est considérée comme une spécialiste de l'histoire.

Études

Marianne Winder est née le , à Tepliz, au nord-ouest de Prague, dans ce qui était alors l'Empire austro-hongrois. Elle est l'aînée des deux filles de Ludwig Winder, un écrivain et critique littéraire, et de Hedwig Winder. Son milieu social est celui de l'intelligentsia juive de l'Europe centrale, avant sa destruction durant la Seconde Guerre mondiale. Franz Kafka fait partie du cercle littéraire de son père, le Cercle de Prague (de). Lorsque la situation politique se détériore dans les années 1930, la famille Winder est amenée à quitter Prague pour se réfugier en Angleterre[1]. Après l'occupation allemande de la Tchécoslovaquie, Winder s'enfuit le , date à laquelle il franchit illégalement la frontière polonaise avec sa famille. Son voyage le conduit à travers la Pologne et la Scandinavie en Angleterre à Londres où il arrive avec sa femme et sa fille Marianne le [3]. Sa plus jeune fille, et sœur cadette de Marianne, Eva, née en 1920 est restée à Prague. Elle est morte en 1945 dans le camp de concentration de Bergen-Belsen[4]. Six semaines après leur arrivée, les Winder sont évacués à Reigate, où ils vivent dans une auberge de réfugiés. Lorsque l'auberge est fermée en 1941, la famille déménage à Baldock, un petit village dans le comté de Hertfordshire, à 65 km de Londres. L'été de cette année, Winder est diagnostiqué d'une thrombose coronaire. Ludwig Winder succombe à sa maladie cardiaque le [5],[6].

Après la guerre, Marianne Winder entame des études d'allemand à l'université de Londres. Sa licence en poche (mention bien), elle obtient un poste de chargée de travaux dirigés à la section d'allemand de l'université de Nottingham. Elle y fait une thèse de maîtrise sur l'étymologie des mots du moyen haut allemand, thèse dont un extrait sera publié en 1952 comme supplément au dictionnaire de Maurice Walshe, A concise German etymological dictionary[1].

Carrière

Bibliothécaire

En 1953, Marianne Winder est nommée bibliothécaire adjointe à l'institut des études germaniques de l'université de Londres, où elle poursuit ses recherches sur la langue et la littérature allemandes. Elle s'intéresse dès lors aux écrits du Moyen Âge et de la Renaissance sur l'astrologie. Elle soutient une thèse sur les ouvrages d'astrologie allemands de 1452 à 1600 et obtient, en 1963, le diplôme de bibliothécaire à l'University College de Londres. Sa thèse est publiée en 1966 dans The Annals of Science. Elle accepte le poste de bibliothécaire adjointe à l'institut Wellcome pour l'histoire de la médecine[1].

Conservatrice

Rechung Rinpoché en premier plan, Chögyam Trungpa et Akong Rinpoché en arrière plan en 1963, à l'école d'été de la Société bouddhiste[7].

À l'institut Wellcome, ses connaissances linguistiques s'avèrent fort utiles pour le catalogage du fonds. Elle engage une collaboration avec le docteur Walter Pagel, un médecin pathologiste et historien de la médecine, et signe avec lui plusieurs articles (« Gnostiches bei Paracelsus und Konrad von Megenberg », in Fachliteratur des Mittlelalters, 1968 ; « Hervey and the modern concept of disease », in The Bulletin of the History of medicine, 1968 ; « The eightness of Adam and relared "gnostic" ideas in the Paracelsian corpus », in Ambix, 1969). En 1972, elle établit la bibliographie des écrits du docteur Pagel dans Science, medicine and society in the Renaissance, volume d'hommage en l'honneur de ce dernier. À la mort de ce dernier, elle se charge de la publication de son œuvre complète en deux volumes, parus en 1985 et 1986[1].

Ayant embrassé la foi bouddhiste dans les années 1960, elle est archiviste de la Société bouddhiste[8]. En 1966, elle reçoit des enseignements relatifs à la pratique de tara blanche de Trijang Rinpoché en visite en Angleterre[9].

En 1957, Marianne Winder publie la traduction en allemand de Buddhist Texts Through the Ages d'Edward Conze[10] et souligne qu'elle ne s'associe pas à tous les points de vue exprimés dans cette autobiographie, et encore moins aux passages sur le président de la Société bouddhiste Christmas Humphreys (en) qui, selon elle, a eu l'influence la plus bénéfique sur sa vie[11].

En 1958, Marianne Winder est rédactrice en chef adjointe[12] de la revue de la Société bouddhiste, The Middle Way et succède à Carlo Robins en 1961. Elle parle alors plusieurs langues, et connaît le sanskrit et le pâli bouddhique[13]. Elle est rédactrice en chef jusqu'en 1965. Muriel Daw lui succède[14],[15]. Elle se prend d'intérêt également pour le Tibet, sa langue et sa culture[1] et suit des cours de tibétain à l'École des études orientales et africaines[16],[17]. Lorsque le poste de conservateur des manuscrits et imprimés orientaux est créé à l'institut Wellcome en 1970, c'est à elle que l'on pense pour l'occuper. C'est pour Marianne Winder le début d'une seconde carrière[1].

Seconde carrière

Marianne Winder entreprend de cataloguer et de classer les collections dont elle a la charge et de les mettre à la portée des spécialistes de l'Orient, vaste tâche qui permet de faire de celles-ci une source de premier plan pour l'étude de la médecine dans les cultures d'Asie[1].

Parallèlement, elle entame avec Rechung Rinpoché Jampal Kunzang une collaboration qui débouche sur la publication, en 1973, de Tibetan medicine: illustrated in original texts, ouvrage qui, à travers ses éditions étrangères (en chinois, en français) et ses révisions, devient un classique sur[1] la médecine tibétaine, et le premier ouvrage en anglais sur le sujet[18].

La nouvelle conservatrice assiste à tous les cours du tibétologue anglais David Snellgrove[19]. Outre le tibétain, elle a appris plusieurs langues dont le sanskrit et le pali[20].

Retraite

À son départ à la retraite en 1978, Marianne Winder est nommée conseillère en médecine tibétaine par l'institut afin qu'elle puisse achever le grand œuvre de sa seconde carrière, le Catalogue of Tibetan manuscripts and xylographs, and the catalogue of thankas, banners and other paintings and drawings in the Library of the Wellcome Institute for the History of Medicine, lequel sera publié en 1989[1]. Son successeur au poste de conservateur est Nigel Allan[21].

En , elle fait une communication ayant pour titre le mot sanskrit Vaidurya lors d'une conférence internationale sur la médecine indienne[1] au Wellcome Institute for the History of Medicine (en), publiée dans les actes du colloque[22].

En 1986, elle organise une conférence sur les aspects de la médecine tibétaine classique en Asie centrale conjointement à une exposition de premier plan, Body and mind in Tibetan Medicine (Corps et esprit en médecine tibétaine), à l'institut Wellcome à Londres, conférence dont elle produit le catalogue. Les actes de la conférence sont sous sa direction et publiés en 1993 sous le titre Aspects of Classical Tibetan Medicine[23].

Elle meurt à Londres, le , à la suite d'une courte maladie.

Accueil critique

Dans son compte rendu de Tibetan Medicine illustrated in original texts de Rechung Rinpoché et dont Marianne Winder composa l'introduction, Pierre Julien souligne le grand intérêt de l'ouvrage[24].

Dans son compte rendu de Catalogue of Tibetan manuscripts and xylographs, and catalogue of thankas, banners and other paintings and drawings in the Library of the Wellcome Institute for the History of Medicine, Elisabeth Finckh qualifie Winder de spécialiste de l’histoire de la médecine tibétaines, ajoutant qu'elle a apporté par cette publication une contribution importante à la préservation de la culture tibétaine[25].

Publications

Notes et références

Liens externes

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