Marie Andrieu

Spirite, militante anarchiste From Wikipedia, the free encyclopedia

Marie Andrieu, aussi connue comme Marie de Saint-Rémy, Romanoff ou la Voyante, née le à Saint-Rémy-de-Provence et morte le à Évenos, est une spiritiste, cartomancienne, éditrice de presse et anarchiste française. Elle est surtout connue pour son activité d'éditrice de presse anarchiste, fondant presque une dizaine de journaux, dont le plus célèbre est intitulé Le Christ anarchiste.

Faits en bref Naissance, Décès ...
Marie Andrieu
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 60 ans)
ÉvenosVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Autres informations
Idéologie
Fermer

Née à Saint-Rémy-de-Provence, Andrieu se marie et a plusieurs enfants, tout en commençant à fonder des organes de presse et à exercer comme cartomancienne. Son époux mourant en 1890, elle se trouve avec quatre enfants à charge et rejoint en parallèle le mouvement anarchiste. Dans la décennie suivante, elle se distingue par la fondation de sept organes de presse, dont le plus célèbre, Le Christ anarchiste, est publié sur deux ans.

Andrieu est arrêtée à de nombreuses reprises, à la fois pour ses déclarations soutenant la propagande par le fait et les actions des anarchistes mais aussi pour exercice illégal de la médecine, étant donné que sa vente de remèdes est la source de ses revenus. Le mélange très particulier qu'elle effectue entre le spiritisme, la religion et l'anarchisme lui valent les critiques de certains militants, comme Les Temps nouveaux, tandis que d'autres comme Jacques Gross soutiennent qu'hormis son rapport au spiritisme, il s'agirait d'une anarchiste fiable et très intelligente.

Andrieu meurt à Évenos le 2 septembre 1911 à l'âge de 60 ans[1].

Biographie

Marie Andrieu naît le à Saint-Rémy-de-Provence[2],[3]. Elle épouse l'ouvrier chaudronnier Claude Marius Teissier avec qui elle a quatre enfants et est condamnée pour escroquerie en 1872[2],[3]. En 1885, elle fonde un premier journal, intitulé Le journal d'Outre-tombe[2],[3]. Cinq ans plus tard, son époux meurt, la laissant seule avec ses quatre enfants à charge[2],[3].

Au début des années 1890, alors qu'elle exerce comme somnambule cartomancienne à Marseille sous le nom de Marie de Saint-Rémy, elle fait partie des abonnées au journal Le Parti Ouvrier, tenu par l'ouvrier Joseph Babinger avec qui elle entre en relation en 1893[3]. En parallèle, Andrieu commence à héberger différents compagnons anarchistes chez elle[3].

Vivant alors à Toulon et subsistant aux besoins de sa famille grâce aux remèdes qu'elle parvient à vendre, l'anarchiste commence une série de publications de presse dans l'année 1893[3]. Elle débute par Le Gambetta, Le Jugement dernier avant qu'elle ne fonde son plus connu, Le Christ anarchiste[3],[4]. Dans cet organe de presse, où collabore aussi sa fille, Emma Teissier, de manière significative, Andrieu fait participer à la fois des anarchistes et invoque des figures mortes, comme Émile Henry, Isaac Newton, Jésus-Christ ou encore Charlotte Corday[3],[4]. Ce journal et Andrieu sont alors critiqués par Les Temps Nouveaux de Jean Grave qui écrit qu'il serait rédigé « sous l’inspiration d’une dame qui dit la bonne aventure aux imbéciles »[3].

Poème de Marie Andrieu dans Le Christ anarchiste (N°5) au sujet d'Émile Henry (collection d'Archives anarchistes)

Alors que l'Ère des attentats (1892-1894) est en cours, la militante est arrêtée et condamnée à un mois de prison pour avoir menacé le chef de la gare Saint-Charles de faire sauter l'édifice après que celui-ci refuse de prolonger le billet d'un de ses fils[3]. L'année suivante, en avril 1894, alors qu'elle passe à Apt, Marie de Saint-Rémy est remarquée par les autorités françaises pour avoir tenu des propos anarchistes et aurait approuvé les derniers attentats anarchistes[3]. Pendant l'été 1894, elle est perquisitionnée deux fois, sans succès[3].

En février 1896, elle subit deux procédures judiciaires peu éloignées ; d'une part, elle est condamnée pour exercice illégal de la médecine et d'autre part pour excitation au meurtre, au vol et au pillage - Andrieu est libérée le mois suivant[3]. Elle écrit un article prétendument sous la dictée d'Auguste Vaillant pendant cette période[2]. En septembre de la même année, l'anarchiste est arrêtée et emprisonnée une nouvelle fois pour exercice illégal de la médecine, d'où elle envoie des poèmes et des communications à la presse[3]. Bien que Le Christ anarchiste soit encore actif, elle publie aussi un journal intitulé L'Antéchrist pendant cette période, bien qu'il ne dure que quelques numéros[2].

Au début de l'année suivante, elle est arrêtée et incarcérée pour un article dans Le Christ anarchiste menaçant les rois européens dans le cas où ceux-ci n'obtiendraient pas la grâce des anarchistes condamnés à mort à Montjuic, à Barcelone[3]. Remise en liberté, Marie de Saint-Rémy s'installe à Sainte-Anne-d'Évenos avec son compagnon[3].

En 1900, après une nouvelle condamnation pour exercice illégal de la médecine, la police de Reims remarque qu'elle quitte la ville « accompagnée de son fils, de sa fille et de l’anarchiste Alfred Grandidier »[3]. De retour à Toulon, elle y publie un nouveau journal, La Révolution, pendant une dizaine de numéros en 1901 puis Le Sauveur des malades en 1904[3]. En 1902, elle se rend à Ferney-Voltaire où elle aurait conversé quotidiennement avec l'esprit de Voltaire[2].

En 1907, Andrieu est condamnée à nouveau pour exercice illégal de la médecine[2]. Elle meurt à Évenos le 2 septembre 1911 à l'âge de 60 ans[1].

Postérité

Cercles anarchistes et pensée

Andrieu est à la fois critiquée par Les Temps nouveaux et louée par d'autres anarchistes[2]. Ainsi, Jacques Gross déclare à son sujet, alors qu'il écrit à l'historien du mouvement anarchiste, Max Nettlau[2] :

C’est une brave femme au cœur excellent, intelligente sur toutes choses, mais quand on la met sur le chapitre des esprits, elle devient incohérente et intarissable.

L'historienne Marie-Pier Tardif considère que contrairement à Louise Michel, qui présente toujours une vision d'un anarchisme pur, Marie de Saint-Rémy l'entremêle de plusieurs convictions religieuses, comme du christianisme[5].

Œuvres

Ouvrages

  • Les Dieux des anarchistes, Librairie du magnétisme, 1899

Publications

Collection du site-archive Archives Anarchistes versée à Commons et comprenant :

Notes et références

Pour approfondir

Related Articles

Wikiwand AI