Marie Béquet de Vienne fait partie d'une ancienne famille de la bourgeoisie bourguignonne qui adhère aux idéaux de la Révolution française. Dans sa jeunesse elle est profondément choquée par la violence de la répression et les nombreux morts de la Commune de Paris. Elle épouse Léon Bequet, libre penseur et conseiller d'état dont elle est veuve à 37 ans. Elle se consacre pendant de nombreuses années à des œuvres de bienfaisance dédiés aux femmes enceintes et aux enfants avec l'aide financière de mécènes qui soutiennent généreusement ses actions[1].
Républicaine laïque, sa perception de la misère humaine la font se pencher sur le problème de l’assistance maternelle. Elle établit un programme complet d’aide aux mères, en créant «l’œuvre de l’allaitement maternel et des refuges — ouvroirs pour femmes enceintes»[2]. Elle crée en 1876 un premier refuge réservé à l’accueil des mères célibataires dans le 14e arrondissement de Paris. Elle en ouvre un second plus important en capacité dans le 17earrondissement, au 9 bis rue Jean Baptiste Dumas, reconnue d'utilité publique en 1880, cette association existe encore en 2016 sous le nom de Fondation Bequet de Vienne[3].
Veuve à l'âge de 37 ans, elle poursuit son action en faveur de la mise en place d'action de bienfaisance en s'appuyant sur un réseau de généreux donateur. Elle bénéficie aussi du soutien politique de Georges Martin qui lui obtient une subvention du conseil municipal de Paris[4]. Ses actions d’aide aux futures mères et aux femmes en couches sont très importantes durant toute sa vie. Elle est également la créatrice d'une société de solidarité à l’enfance[5].
Ces actions sociales sont saluées publiquement par de nombreuses personnalités publiques et politiques, tel Jules Ferry, Jules Simon, le docteur Roux, ou encore les présidents Émile Loubet et Raymond Poincaré[6].
Marie Béquet de Vienne fait partie des pionnières de la franc-maçonnerie féminine. Membre fondateur de la première obédience mixte, le Droit humain, crée le , elle est parmi les seize premières femmes initiées en franc-maçonnerie et élevée à la maitrise par Maria Deraismes lors de tenues maçonniques organisées au domicile de cette dernière en et . Elle participe à la première tenue de la loge no1 qui fonde le , la «Grande Loge symbolique écossaise - Le Droit humain» dont Maria Deraismes devient la première vénérable maitre. Elle est élue comme 1re surveillante au sein du 1er collège des officiers de la nouvelle loge-obédience[7]. Cette première tenue se tient au 33 rue Jacob, locaux dont elle est détentrice et qu'elle continue d’offrir pendant la première année de vie de la jeune obédience. Elle est l'oratrice choisit pour prononcer l'éloge funèbre de Maria Deraisme en 1894[2].
Très impliquée dans la vie de l’obédience elle crée la loge no3 à Rouen en 1896, dont elle est la vénérable pendant quatre ans[5].
↑Gisèle Hivert-Messeca et Yves Hivert-Messeca (préf.Cécile Révauger), Femmes et franc-maçonnerie: trois siècles de franc-maçonnerie féminine et mixte en France (de 1740 à nos jours), Dervy, coll.«L'univers maçonnique», , 2eéd., 476p. (ISBN978-1-0242-0113-0), p.350-353.