Marie Docher

photographe française From Wikipedia, the free encyclopedia

Marie Docher, née le en Auvergne, est une photographe et réalisatrice française.

Naissance
(63 ans)
Nom de naissance
Marie-Hélène Docher
Pseudonyme
Vincent David
Nationalité
Faits en bref Naissance, Nom de naissance ...
Marie Docher
Marie Docher en 2024.
Biographie
Naissance
(63 ans)
Nom de naissance
Marie-Hélène Docher
Pseudonyme
Vincent David
Nationalité
Activité
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Distinction
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Activiste féministe et lesbienne, elle est à l'origine de la création du collectif La Part des femmes, qui lutte contre l'invisibilité des femmes dans le monde de la photographie.

Elle a utilisé le pseudonyme Vincent David.

Biographie

Enfance et débuts

Née en 1963, Marie Docher grandit à Clermont-Ferrand, auprès d'un père photographe amateur[1]. Elle commence à pratiquer la photographie à 12 ans, avec un appareil Kodak offert par sa tante, et décide très jeune d'en faire son métier[2]. Après un baccalauréat littéraire, qui ne lui permet pas d'accéder à une formation technique, elle entre à l'École supérieure de commerce de Clermont-Ferrand, mais est plus intéressée par le laboratoire photo que par ses études.

Une fois diplômée, elle commence sa carrière à Paris en 1987 comme cadre dans le secteur de l’édition et de la communication[2]. Il lui arrive de faire travailler des photographes de studio, dont la profession est perçue à l'époque comme nécessairement masculine.

En 1994, elle abandonne le salariat pour ouvrir sa propre agence puis, l'année suivante, rencontre la photographe et plasticienne Isabelle Rozenbaum. Cette dernière, qui vient de créer une banque d'images, l'encourage à renouer avec la photographie et lui commande une série d'images sur les religions.

Photographie et militantisme

En 2002, après un « effondrement massif » tant professionnel que personnel[3], elle part marcher sur les chemins de Compostelle. Durant ce voyage, elle photographie son visage à chaque fois qu'elle se désaltère[2]. Ces photos sont exposés sous le titre Santiago aux Voies Off d'Arles 2003. Elle travaille par ailleurs comme photographe pour les magazines Science et Vie et Science et Vie Découvertes[1].

La photographe est marquée par sa visite de l'exposition elles@centrepompidou, qui rassemble entre 2009 et 2011, au centre Georges-Pompidou, des œuvres d'artistes femmes issues des collections du musée national d'Art moderne (MNAM). À cette occasion, elle commence à prendre conscience du peu de place laissée aux femmes dans le monde de l'art, et de leur invisibilisation.

En 2012, son projet L’Île sans rivages réunit des photographies et vidéos réalisées de façon répétitive et quotidienne sur une île norvégienne, explorant la question du temps qui passe et du vieillissement[3].

Les débats et l'opposition hostile autour du projet de loi de mariage pour les couples de même sexe la confrontent à l'absence de représentation dans le débat public des femmes en général et des lesbiennes en particulier. Par ailleurs, sa rencontre avec la chercheuse Odile Fillod l'amène à lire les théoriciennes du féminisme.

You are nothing without feminist art, La Barbe, Guerrilla Girls et Femen réunies. Paris, , Maison des auteurs SACD (Marie Docher, phot.).

À partir de 2014, elle s'engage pour la visibilité des femmes photographes et travaille sur les questions de représentations[4].

Elle crée le blog Atlantes & Cariatides[5] dans lequel, elle interpelle les institutions au sujet des inégalités de genre dans l'art, dissimulée sous le pseudonyme masculin « Vincent David[1] ». Elle raconte que « dans les vernissages on discute beaucoup de cet homme féministe qu’on trouve formidable. »

En 2016, elle devient membre du groupe d'action féministe La Barbe[6]. Dans le cadre d'une exposition à la galerie MFC-Michèle Didier à Paris suivie d'un colloque à la Maison des auteurs SACD, elle apostrophe institutions et galeristes qui conservent et perpétuent l’art masculin au mépris des créatrices.

L'année suivante, elle est à l'origine de la création de La Part des femmes, un collectif engagé en faveur de la visibilité et de la reconnaissance des femmes photographes[7]. Dans un manifeste lu lors du salon Paris Photo 2018, le collectif constate que « majoritaires parmi les diplômé·e·s des écoles spécialisées, [les femmes] ne représentent pourtant qu’à peine 20 % des artistes exposé·e·s dans les galeries, festivals et autres institutions[8]. »

Une lettre, publiée dans le journal Libération, est adressée au directeur des Rencontres de la photographie d'Arles au sujet du manque de visibilité des femmes photographes au sein du festival. Dans l'édition suivante, 51 % de femmes figurent dans les expositions individuelles[9].

Reconnaissance

En 2023, Marie Docher est lauréate de la Grande Commande photographique du ministère de la Culture, gérée par la Bibliothèque nationale de France[4] : pour ce travail de commande, intitulé Et l'amour aussi, elle interroge « celles qui aiment au féminin, lesbiennes, gouines, queer » dix ans après l’adoption du mariage pour tous et toutes. Le , elle publie aux éditions La Déferlante Et l’amour aussi, qui dresse les portraits intimes de cinquante femmes lesbiennes, dix ans après la loi du mariage pour tous et toutes[10].

En 2024, elle coécrit, avec l'iconographe Ingrid Milhaud et la photographe Chloé Devis, Le Portrait de presse au prisme des dominations, une analyse de la représentation des femmes dans la presse, à partir d'un millier de portraits publiés dans les rubriques « Portrait » de Libération et « L'invité » de Télérama[11].

En 2025 paraît Pourquoi les lesbiennes sont invisibles, texte dans lequel Marie Docher analyse les mécanismes d'effacement des lesbiennes dans les représentations artistiques et les conséquences de cette invisibilisation[12].

Décoration

Expositions

Expositions individuelles

Expositions collectives

(liste non exhaustive)

Collections publiques

Publications

En collaboration

Conférences

Références

Voir aussi

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