Marie-Thérèse de Bourbon-Condé
princesse française
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Marie-Thérèse de Bourbon-Condé, dite Mademoiselle de Bourbon, est née en la ville de Paris le et est morte au même endroit le . En tant que fille d'Henri-Jules de Bourbon-Condé, prince de Condé et fils de Louis II de Bourbon-Condé, et d'Anne de Bavière, elle est une princesse du sang. Elle est faite princesse de Conti par son union avec François-Louis de Bourbon-Conti, quatrième prince de Conti. Les époux sont approchés en pour gouverner la Pologne[1].
Princesse de Conti
Princesse de La Roche-Sur-Yon
Comtesse d'Alais
Comtesse de Clermont
Comtesse de la Marche
Dame de Beaumont-sur-Oise
Dame de Chambly
Dame de L'Isle-Adam
Titre
–
(20 ans, 7 mois et 25 jours)
| Prédécesseur | Marie-Anne de Bourbon |
|---|---|
| Successeur | Louise-Élisabeth de Bourbon |
| Titulature |
Princesse du sang Princesse de Conti Princesse de La Roche-Sur-Yon Comtesse d'Alais Comtesse de Clermont Comtesse de la Marche Dame de Beaumont-sur-Oise Dame de Chambly Dame de L'Isle-Adam |
|---|---|
| Dynastie | Maison de Condé |
| Surnom | Mademoiselle de Bourbon |
| Naissance |
Hôtel de Condé (France) |
| Décès |
(à 66 ans) Hôtel de Conti (France) |
| Sépulture | Église Saint-André-des-Arts |
| Père | Henri-Jules de Bourbon, prince de Condé |
| Mère | Anne de Bavière |
| Conjoint | François-Louis de Bourbon, prince de Conti |
| Enfants |
Marie-Anne de Bourbon Louis-Armand de Bourbon, prince de Conti Louise-Adélaïde de Bourbon |
| Religion | Catholicisme |
Signature
Biographie
Enfance
Marie-Thérèse de Bourbon-Condé est née à l'hôtel de Condé, la résidence familiale parisienne de la maison de Bourbon-Condé, le . Elle est la deuxième enfant d'Henri-Jules de Bourbon-Condé, fils du Grand Condé et le cinquième prince de Condé à sa mort, et d'Anne de Bavière, fille cadette d'Édouard du Palatinat[2]. La jeune fille est alors titrée « Mademoiselle de Bourbon » et porte le prédicat d'Altesse Sérénissime, conformément à son statut de princesse du sang. Elle est nommée en hommage à la reine, Marie-Thérèse d'Autriche. Son père est atteint de lycanthropie et il se montre ainsi violent et brutal envers son épouse, ainsi que leurs enfants[3].
Marie-Thérèse grandit alors dans ce climat de terreur permanent avec ses frères et sœurs à l'hôtel de Condé. Sur les huit enfants du couple, seuls trois atteignent l'âge adulte. Tous feront de prestigieux mariages, à commencer par son frère, Louis III de Bourbon-Condé, qui épousera Mademoiselle de Nantes en . Louise-Bénédicte épouse également un enfant légitimé du roi Louis XIV, le duc du Maine. Quant à sa sœur, Marie-Anne, elle épouse le duc de Vendôme, descendant du roi Henri IV[4].
Mariage
La princesse est d'abord promise à Emmanuel-Philibert de Savoie-Carignan, prince de Carignan, mais le choix de ses parents se porte finalement sur un cousin de son père, François-Louis de Bourbon-Conti, quatrième prince de Conti. Leur union sera ainsi célébrée le en la chapelle royale de Versailles[5]. La jeune mariée est alors très amoureuse de son époux, ce qui n'était pas réciproque. Le prince est réputé à la cour pour avoir des tendances homosexuelles et entretenait même une liaison avec Mademoiselle de Nantes, la belle-sœur de la princesse[6]. Il ne donnait aucune attention à son épouse, elle en souffrait. Néanmoins, elle était fréquemment enceinte et donna naissance à sept enfants, dont la plupart moururent en bas âge:
- Marie-Anne de Bourbon-Conti (1689-1720), dite Mademoiselle de Conti. Elle épousera Louis IV Henri de Bourbon-Condé, futur prince de Condé ;
- Un fils, né prématurément (1693-1693) ;
- Un fils, prince de La Roche-sur-Yon (1694-1698) ;
- Louis-Armand de Bourbon-Conti (1695-1727), qui épousa Louise-Élisabeth de Bourbon-Condé ;
- Louise-Adélaïde de Bourbon-Conti (1696-1750), « Mademoiselle de La Roche-sur-Yon » ;
- Une fille, « Mademoiselle d'Alais » (1697-1699) ;
- Louis-François, comte d'Alais (1703-1704).
Elle entretient des relations difficiles avec son fils, Louis-Armand, et réside le plus souvent dans son château de L'Isle-Adam, son domaine préféré. Vers 1715, elle fait construire par l'architecte Robert de Cotte, sur des terrains acquis de Geramin Boffrand, un hôtel qu'elle revend, et encore inachevé, dès le à Louis-Auguste de Bourbon pour aller s'installer à l'hôtel de Conti, après s'être passagèrement réconcilié avec son fils aîné. C'est ainsi ici qu'elle mourut.
Personnalité
Elle entretint des rapports plutôt compliqués avec ses enfants, mais la famille fut réconciliée à la suite de la mort du prince de Conti en 1709. Marie-Thérèse était connue pour sa personnalité calme et sa piété, très appréciée par beaucoup à la cour. Élisabeth-Charlotte de Bavière, l'épouse du duc d'Orléans, Monsieur, frère du roi Louis XIV, disait alors au sujet de la princesse de Conti[7] :
Veuvage

En 1709, son époux meurt à Paris. Afin de distinguer les veuves après le décès de leurs maris respectifs, toutes les princesses douairières de Conti se voyaient attribuer un numéro correspondant à l'ordre dans lequel elles avaient été mariées. Marie-Thérèse était « Madame la princesse de Conti, première douairière ». Ainsi, il y eut entre 1727 et 1732, trois princesses douairières de Conti. Marie-Thérèse se passionne pour la rénovation des résidences de la famille de Conti, dont l'hôtel parisien du même nom. En 1713, sa fille aînée Marie-Anne épouse Louis IV Henri de Bourbon-Condé, le fils de l'ancienne maîtresse de son défunt époux, la duchesse de Bourbon. Le même jour, lors d'une double cérémonie de mariage à Versailles, le jeune prince de Conti, son fils aîné Louis-Armand, épouse une autre enfant de la duchesse, Louise-Élisabeth de Bourbon-Condé, qui prit ensuite le titre de Marie-Thérèse, qui le portait depuis près de trente ans.
Marie-Thérèse meurt finalement en son hôtel de Conti le , probablement à cause de la syphilis transmise par son époux. Elle est inhumée en l'église Saint-André-des-Arts, à L'Isle-Adam. Par sa petite-fille, Louise-Henriette de Bourbon-Conti, grand-mère du futur roi des Français, Louis-Philippe, elle est l'ancêtre de plusieurs monarques européens des XIXe et XXe siècles.
