Marjorie Rackstraw
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Marjorie Rackstraw, née le à Highgate et morte le à Hampstead, est une pédagogue et une travailleuse sociale britannique. Elle entretient une amitié durable avec la réformatrice pénitentiaire Margery Fry[1], dont elle partage certaines convictions. Élue conseillère municipale travailliste pour le district de Hampstead, à Londres[2], elle s’engage également dans des actions de secours d’envergure, menées avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale[3].
Marjorie obtient une licence ès arts de l’Université de Birmingham. Par la suite, elle occupe durant plusieurs années un poste de chargée d’enseignement en sciences de l’éducation au sein de l’Université de Sheffield[4]. Sa carrière académique se poursuit par sa nomination, en 1924, au poste de directrice de Masson Hall, un collège résidentiel dépendant de l’Université d’Édimbourg. Cette fonction est élargie en 1927 lorsqu’elle se voit confier la charge de conseillère principale pour l’ensemble de la population estudiantine féminine de l’université[4].
Biographie

Marjorie Rackstraw nait le 24 juin 1888 à Highgate, dans le Middlesex, au sein d’une famille de la bourgeoisie commerçante londonienne[1]. Elle est la deuxième des cinq enfants issus de l’union de Matthew Rackstraw et de Fanny Rackstraw, née Blofeld. Son père dirige un commerce de détail et possède deux établissements sur Upper Street, à Islington. La famille maternelle, quant à elle, exerce une activité de négoce dans le marché de Smithfield[1]. Le foyer familial réside, jusqu’à l’émancipation des enfants, dans une vaste demeure située à Cholmondeley Park[1].
Au cours de son enfance, Marjorie suit initialement l'enseignement de la Grove School, sise à Highgate. Son parcours scolaire subit toutefois une inflexion lorsqu’une affection rachidienne, dont l'étiologie est vraisemblablement attribuable à la poliomyélite[1], contraint son transfert vers une institution spécialisée de Margate. Cette atteinte structurelle de la colonne vertébrale engendre une pathologie chronique qui l’affecte de manière pérenne tout au long de son existence[1].
Éducation
À l’issue d’une année passée en France[1], Marjorie intègre l’Université de Birmingham pour y suivre un cursus d’arts généraux[2]. C’est au cours de ce séjour qu’elle fait la connaissance de Margery Fry, alors en fonction en tant que directrice de University House[1]. Par la suite, elle effectue une année d’études au Bryn Mawr College, situé en Pennsylvanie[1].
Carrière
Marjorie regagne Birmingham afin de seconder Margery Fry au sein de University House. À la suite du départ de son aînée pour le Comité de secours aux victimes de guerre des Amis, elle s'inscrit dans son sillage et se consacre à l'assistance des réfugiés dans le bassin de la Marne[1]. En 1920, ses engagements philanthropiques la conduisent en Russie, alors en proie à une détresse alimentaire endémique[1]. Dans son récit autobiographique intitulé Unfinished Adventure: Selected Reminiscences from an Englishwoman's Life (1933), la militante Evelyn Sharp souligne la maîtrise idiomatique du russe dont fait preuve Marjorie, louant son efficience ainsi que son « tempérament empathique de dirigeante ». Ces prédispositions lui assurent une notable estime auprès des instances du soviet local et, plus largement, des populations civiles de son district[3].
Marjorie occupe un poste d’enseignante en sciences de l’éducation à l’Université de Sheffield avant d’être nommée directrice de la résidence Masson Hall de l’Université d’Édimbourg, fonction qu’elle exerce de 1924 à 1937[4]. En 1927, une charge complémentaire lui est conférée : celle de conseillère générale auprès de la population étudiante féminine de l’établissement[4]. Cette position la conduit à assumer personnellement l’entretien de recueil avec la très grande majorité des étudiantes ne logeant pas dans les résidences universitaires officielles ou les foyers agrées[4]. À l’issue de sa démission, elle transmet à son successeur un mémoire détaillé, dans lequel elle consigne par écrit ses observations et recommandations :
« Les principales fonctions de la conseillère aux étudiantes sont de les conseiller sur leur orientation professionnelle, sur les questions d'ordre général et, le cas échéant, sur le logement… Elle se préoccupe de la vie sociale des étudiantes en général et est responsable de la tenue d'un registre des logements, qui est mis à jour chaque année. Elle est membre du comité des nominations et du comité des sports. Elle dispose d'un bureau dans le Old College et est assistée d'une secrétaire à temps partiel. » [4]
Dès 1937, Marjorie engage un échange épistolaire soutenu avec la suffragette écossaise Frances Melville. Cette entreprise vise à colliger des données exhaustives auprès des institutions universitaires d'Écosse pour promouvoir l'accession des femmes aux hautes fonctions de l'administration publique[5]. Afin de récuser l'assertion selon laquelle certaines zones géographiques seraient délétères ou inaccessibles à la gent féminine, elle sollicite le témoignage de diplômées expatriées. Son investigation tend à déterminer si leur condition de femme a constitué une entrave ou un ferment de discrimination lors de leurs pérégrinations professionnelles à l'étranger[5].