Maroc Digital 2030
From Wikipedia, the free encyclopedia
Digital Morocco 2030 (ou Maroc Digital 2030) est la stratégie nationale du Maroc en matière de transformation numérique et de développement de l’intelligence artificielle, présentée en par le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l'administration. Elle définit les orientations de l’État en matière de digitalisation de l’économie et de modernisation des services publics à l’horizon 2030[1].
La stratégie s’inscrit dans le prolongement des politiques publiques antérieures relatives au numérique, ainsi que dans le cadre des orientations générales visant à renforcer la compétitivité économique et à développer les usages des technologies de l’information.
La stratégie s’articule autour de deux axes principaux et de plusieurs leviers transversaux, dont l’intelligence artificielle. Elle fixe notamment des objectifs en matière de digitalisation des services publics, de développement de l’économie numérique et de renforcement des compétences digitales.
Parmi les objectifs annoncés figurent :
- l’amélioration du positionnement du Maroc dans l’indice de développement de l’administration électronique (EGDI) des Nations Unies ;
- la création de 240 000 emplois directs dans le secteur numérique ;
- une contribution accrue du numérique au produit intérieur brut[1].
Mise en œuvre
La mise en œuvre de la stratégie relève du département gouvernemental chargé de la transition numérique, en coordination avec les administrations publiques et les acteurs du secteur privé.
Dans ce cadre, l’Agence de développement du digital (ADD) intervient comme opérateur public chargé d’accompagner les projets de transformation numérique, notamment en matière de digitalisation des services publics, de développement des plateformes numériques et de soutien à l’écosystème digital. Son rôle s’inscrit dans les missions définies par sa loi de création, qui prévoit sa participation à la mise en œuvre des politiques publiques relatives au numérique.
Axes stratégiques
E-gouvernement
Cet axe vise à digitaliser les services publics marocains afin d’offrir de meilleurs services publics au citoyens et entreprises. Les objectifs à l'horizon 2030 de cet axe sont : atteindre le top 50 mondial à l’indice EGDI, 80% des satisfaction usagers, 50% de réduction des délais de traitement et 40% de simplification des démarches administratives[2].
Économie numérique
Cet axe se décline en trois volets : outsourcing et export digital, startups, et entreprises numériques.
Outsourcing & Digital Export
Le Maroc est considéré comme la deuxième destination la plus attractive d’Afrique pour les activités d’outsourcing[3]. Le secteur couvre différentes spécialités, notamment le business process outsourcing (BPO), l’information technology outsourcing (ITO), le knowledge process outsourcing (KPO) et l’engineering services outsourcing (ESO), et emploie environ 140 000 personnes, en majorité des jeunes. Cette attractivité repose sur plusieurs atouts : stabilité politique, disponibilité de talents multilingues (arabe, français, anglais et espagnol), proximité géographique et horaire avec l’Europe, ainsi qu’une infrastructure offshore et télécom développée.
La stratégie nationale ambitionne de créer 130 000 emplois[2] supplémentaires et d’accroître la contribution économique du secteur, en misant sur le renforcement des compétences numériques, l’orientation vers des segments à forte valeur ajoutée tels que l’intelligence artificielle, la mise en place d’un cadre incitatif adapté, le développement d’infrastructures spécialisées et la promotion de la destination Maroc auprès des entreprises internationales, notamment à travers des événements comme Gitex Africa Morocco.
Startups
La stratégie Maroc Digital 2030 ambitionne de renforcer significativement l’écosystème startups, en portant le nombre de startups de 380 en 2022 à 3 000 en 2030[4], en augmentant les levées de fonds de 260 millions de dirhams à 7 milliards de dirhams et en faisant émerger des gazelles et des licornes marocaines. Pour atteindre ces objectifs, elle repose sur quatre mesures principales : l’instauration d’une startup policy établissant un cadre légal favorable au développement et à l’internationalisation ; la mise en place de mécanismes de financement couvrant les différentes étapes de vie des startups, allant des bourses et prêts d’amorçage à l’attraction de nouveaux fonds de capital-risque ; l’amélioration de l’accompagnement à travers le renforcement des incubateurs locaux et l’implantation d’acteurs internationaux de référence ; et l’ouverture de l’accès aux marchés, notamment par la facilitation de la commande publique et privée et la promotion des startups marocaines à l’international[5].
Entreprises Numériques
Un axe important de la stratégie vise à accélérer la digitalisation du tissu économique afin de renforcer la compétitivité et la productivité. Il prévoit le développement de talents numériques, l’extension de l’offre de services cloud et le soutien à un écosystème local de solutions technologiques. Le plan inclut aussi la montée en puissance des PME Tech marocaines, grâce à un label dédié, à l’appui aux projets innovants, notamment en intelligence artificielle, et à leur promotion internationale[6]. Les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) bénéficient également d’un accompagnement, via des outils d’évaluation de maturité digitale et des mécanismes de financement de leurs projets de transformation numérique[7].
Catalyseurs
Talents
La stratégie nationale vise à développer massivement les compétences numériques afin de répondre aux besoins croissants du marché de l’emploi. Elle fixe pour horizon 2030 la formation annuelle de 100 000 talents dans le digital[8], en veillant à assurer une meilleure adéquation entre les programmes de formation et les exigences du tissu économique. À cet horizon, les objectifs comprennent la formation de 45 000 nouveaux talents numériques par an, la reconversion de 50 000 personnes issues d’autres secteurs et l’attraction de 6 000 talents étrangers chaque année[2].
Cloud
La stratégie donne une grande importance à développer une offre cloud nationale afin d’accélérer la transformation digitale des secteurs public et privé. Elle prévoit la création d’un cloud souverain pour les administrations ainsi que l’implantation de clouds publics et d’hyperscalers sur le territoire marocain[9].
Connectivité
La stratégie nationale prévoit le déploiement de la 5G au Maroc avec pour objectif de couvrir 70 % de la population à l’horizon 2030. Elle ambitionne également d’accroître le nombre de ménages raccordés à la fibre optique, passant de 1,5 million à 5,6 millions. Pour atteindre ces objectifs, la mutualisation des infrastructures et le recours au co-investissement sont encouragés[10].
Parallèlement, la mise en œuvre du programme « Plan National du Haut Débit 2 » est envisagée afin d’améliorer la connectivité dans environ 1 800 localités dépourvues d’accès à Internet ou disposant d’une connexion limitée, avec un soutien financier de l’État pour faciliter son déploiement[2].
Intelligence artificielle
L’intelligence artificielle constitue un axe transversal de la stratégie Digital Morocco 2030.
Dans le secteur public, elle vise à permettre aux administrations de réaliser un saut technologique (leapfrog) grâce à l’IA, afin d’améliorer la qualité des services rendus aux citoyens. La stratégie prévoit d’appuyer les administrations dans leurs efforts pour renforcer la disponibilité, la fiabilité et la valorisation des données, tout en soutenant le développement de cas d’usage à fort impact socio-économique.
Sur le plan économique, la stratégie ambitionne d’attirer de nouveaux acteurs internationaux spécialisés dans l’IA et de soutenir les entreprises et startups nationales dans la conception et la mise en œuvre de solutions d’intelligence artificielle. Elle met également l’accent sur la recherche, le développement et l’innovation dans ce domaine.
Les catalyseurs de la stratégie accordent une place importante à l’IA, notamment à travers la généralisation de formations numériques orientées vers cette technologie et le développement de l’offre cloud nationale, considérée comme un levier essentiel pour l’adoption à grande échelle de l’IA[11].