Marquise del Ter
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La marquise du Ter et comtesse de Morella, connue sous le nom de Lilly Rose Cabrera, marquesa del Ter, née Lilly Rose Schewrick (forme anglicisée de Scheurich[Note 1]) en à Hampstead et morte le à Londres, est une pianiste et une féministe qui a fondé l'une des premières organisations féministes en Espagne.
Elle a reçu la médaille d'or de la Reconnaissance française pour son travail dans les hôpitaux pendant la Première Guerre mondiale.
Jeunesse et vie personnelle
Lilly Rose Scheurich naît en 1864 à Hampstead, son patronyme étant anglicisé en Schewrick à l'état civil[1]. Ses parents, Julia Elizabeth Spurin, née à Londres[2], et Henri Joseph Scheurich, né à Mayence en 1825[3], se marient en 1865[4]. La même année, son père reprend la gérance de l'hôtel parisien Le Meurice, puis devient son propriétaire peu après[5]. Dès lors, la famille réside au 228, rue de Rivoli.
Lilly Rose Scheurich a un frère aîné et quatre sœurs cadettes, tous nés à Paris : Henri Frank (fils naturel, né sous le nom de sa mère en1861[6]), Kate Florence (née en 1866[7]), Louise Maud (née en 1867[8]), Georgina Julia (née en 1869[9]), Eleonor Bertha (née en 1871 et morte à l'âge de 6 mois[10]).
Le , elle épouse Ramón Alejandro Leopoldo Cabrera y Richards (1854–1940), 2e marquis des Ter et 2e comte de Morella[11], à la chapelle catholique française de Little George Street, dans le quartier de Marylebone à Londres[12],[13]. Son mari, diplomate, est de dix ans son aîné. En 1889, leur fils unique, Ramón Henry, naît à Londres.
Lilly Rose Cabrera et sa famille partagent principalement leur temps entre Londres et Madrid. Toutefois, à diverses périodes, Ramon Cabrera est brièvement affecté à Washington, D.C., à Saint-Pétersbourg (1901)[14] et au Maroc (1921-1922). La marquise passe trois mois au Maroc lors de la guerre du Rif, pendant le bombardement de Melilla, et elle est témoin des lourdes pertes espagnoles[15].
La marquise del Ter est pianiste et se produit dans les théâtres en Angleterre, en France et en Espagne[16]. Elle parle couramment l'anglais, le français et l'espagnol, ainsi que l'allemand et l'italien.
Organisation humanitaire
En 1914, au début de la Première Guerre mondiale, la marquise del Ter fonde l'organisation humanitaire Société d'assistance aux hôpitaux alliés afin de participer au ravitaillement de 500 hôpitaux militaires en France. Elle collecte également des vêtements et des fournitures pour les hôpitaux de Belgique et de Salonique, en Grèce. L'organisation fournit 110 ambulances et 300 hommes pour porter secours aux blessés. Pour son engagement auprès de la Croix-Rouge, elle reçoit la médaille d'or de la Reconnaissance française du gouvernement français[15].
Organisations féministes
À la fin des années 1920, la famille retourne en Espagne. Là, la marquise del Ter rejoint le mouvement pour le suffrage[14] et, le , fonde l'une des premières organisations féministes d'Espagne, l'Unión de Mujeres de España (UME, Union des femmes d'Espagne)[17],[18]. Elle écrit sur les questions féministes et sa photographie fait la couverture du numéro 21 du magazine Voice of Women en [14]. La marquise del Ter conteste les lois espagnoles qui privent les femmes d'agir sans le consentement de leur mari[19],[20], celles qui obligent les femmes à prendre la nationalité de leur mari lors du mariage et les lois qui donnent aux maris la pleine tutelle sur les enfants[17],[20]. L'Union des femmes d'Espagne souhaite promouvoir l'éducation des femmes, à l'époque ignorée pour toutes les classes de la société[17],[20]. Bien qu'elle ait essayé d'utiliser ses contacts avec la royauté, en faisant directement appel à la reine consort Victoria Eugénie de Battenberg, elle rencontre peu de succès[20] et déplore dans la presse la lenteur des progrès réalisés en Espagne[21],[22],[23]. La marquise del Ter fonde un journal féministe intitulé Renacimiento, publié brièvement.[réf. nécessaire]
Interventions internationales
Grâce à sa pratique de plusieurs langues et à une certaine connaissance des affaires internationales, la marquise del Ter est choisie comme déléguée espagnole au Congrès de l'Alliance internationale pour le suffrage des femmes de 1920, tenu à Genève, en Suisse. Elle soutient l'Alliance dans la presse[22]. Elle prend la parole en tant que représentante espagnole à l'Union des femmes de France à Paris[15], au Congrès international de Paris de 1926[16], puis, en 1927, au Congrès de l'Alliance internationale des femmes pour la paix, à Amsterdam[15]. Lors de la collecte de documents sur le droit international et son impact sur la citoyenneté des femmes, entreprise par Doris Stevens et Alice Paul pour l'Union panaméricaine et la Société des Nations, la marquise del Ter est l'une des féministes qui contribuent à leurs travaux de compilation d'informations sur les lois de chaque pays[24]. Le rapport aboutit finalement au premier accord international jamais adopté concernant les droits des femmes, bien que réservé aux États membres de l'Union panaméricaine[25].
La marquise del Ter fonde le Conseil national des femmes espagnoles. Elle est vice-présidente de la Croisade des femmes espagnoles et elle est membre de la Société ibérique des sciences naturelles et de la Société royale économique de Madrid. [15]
Après plusieurs années passées en Espagne, le couple retourne à Londres[14], où la marquise del Ter meurt le et est inhumée le au cimetière de Windsor[26].