Martin Droeshout

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Martin Droeshout
Biographie
Naissance
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Activités
Père
Michael Droeshout (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
John Droeshout (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Martin Droeshout (d) (oncle)Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
signature de Martin Droeshout
Signature

Martin Droeshout ou Martin Droeswoode[N 1] (prononcé en anglais : [ˈdruːʃaʊt/], né en 1601 et mort à une date inconnue, probablement avant 1650) est un graveur britannique d'origine flamande.

Il est presque exclusivement connu pour son Portrait Droeshout, le portrait de William Shakespeare servant de frontispice au Premier Folio (la première compilation publiée des œuvres théâtrales de l'écrivain, de 1623). Cependant, Droeshout a produit d'autres pièces de qualités diverses.

Né dans une famille d'artistes flamands protestants, il passe la première partie de sa vie à Londres, où il produit des œuvres de sujets allégoriques, mythologiques ou satiriques. Il part ensuite vivre à Madrid vers 1632, anglicise son nom en Droeswoode et se convertit au catholicisme, qui devient son unique sujet de composition, principalement pour des frontispice ou des couvertures de livres.

Doutes sur son identification et sur la paternité de ses œuvres

Droeshout est issu d'une famille flamande de graveurs ayant émigré de Bruxelles à Londres vers 1570[2] pour éviter la persécution pour être protestants. Son père, Michael Droeshout, également graveur[N 2], et son grand-frère, John, est lui aussi graveur de profession[N 3]. Sa mère, Dominique Verrike, est la deuxième épouse de Michael. Son oncle, Martin Droeshout (année 1560 - ca. 1642), est un peintre.

Aucune documentation directe n'a survécu sur la vie de Martin Droeshout, en dehors de l'acte de baptême (le à l'Église réformée néerlandaise d'Austin Friars à Londres)[3],[4]. Parce qu'il est membre d'une famille nombreuse — en plus d'avoir un oncle homonyme —, il est difficile de distinguer les informations concernant directement Martin. Il subsiste des doutes sur un certain nombre de gravure qui lui sont attribuées mais semblent avoir été exécutées par différents artistes quoique possédant le même style, une signature et des monogrammes similaires, comme le portrait de William Fairfax[5],[6].

Depuis l'identification des archives familiales des Droeshout, on n'est pas certain que Martin Droeshout le graveur est le frère ou le fils de Michael Droeshout, même si Lionel Cust (en) affirme dans le Dictionary of National Biography original — ce qui est resté comme la proposition majoritairement acceptée — que le plus jeune Martin Droeshout était plus probablement le fils[7]. En 1991, l'historienne Mary Edmund argumente que son oncle, Martin Droeshout l'ancien, aurait été peintre et graveur et qu'il n'y a aucune preuve que le jeune Droeshout ait même travaillé comme graveur. Elle affirme que tout l'œuvre de Droeshout devrait être attribué à Martin Droeshout l'ancien. Cette opinion est reprise par l’Oxford Dictionary of National Biography[8]. Des plus récentes de June Schlueter (en) reviennent à l'attribution traditionnelle des gravures au plus jeune Droeshout[9].

Carrière

The Spiritual Warfare

Bien que la gravure de Shakespeare, le fameux Portrait Droeshout, soit son œuvre datée la plus ancienne, on peut penser qu'il était déjà un graveur établi ; il semblerait qu'il ait en effet notamment réalisé The Spiritual Warfare[10]. Il a produit au moins vingt-quatre gravures à Londres entre 1623 et 1632. Parmi elles des portraits et des travaux plus allégoriques, dont le plus élaboré est Doctor Panurgus, une adaptation d'une gravure de Matthaeus Greuter.

Entre 1632 et 1635, Droeshout émigre en Espagne, s'installant à Madrid. Il y a signé plusieurs gravures entre 1635 et 1640. L'historien de l'art Christian Schuckman pense que le départ de Droeshout en Espagne est probablement dû — ou a mené — à sa conversion au catholicisme : beaucoup de ses œuvres espagnoles représentent des saints catholiques et utilisent le symbolisme catholique[11]. Des documents indiquent que son homonyme Martin Droeshout « l'Ancien » est resté à Londres et était pour sa part un fidèle membre de la communauté protestante néerlandaise de Londres toute sa vie[11]. Il anglicise son nom en « Droeswoode » (hout signifiant « bois » — wood en anglais). En 1635, il signe « MRtin DRoswood sculpsit » le portrait à mi-corps de Jean d'Avila publié dans la biographie que lui a consacré Luis Muñoz, Vida y virtudes del venerable varón el P. Maestro Iuan de Ávila. La même année, il grave les armoiries de Gaspar de Guzmán, comte d'Olivares, signées « MARtin Droeswood sculpsit » et publiées comme frontispice du Tractatus absolutissimus de triplis, seu eorum poena d'Antonio Cabreros Avendaño[12]. Christian Schukman, qui a identifié Martin Droeswoode comme étant Martin Droeshout en comparant les signatures du Premier Folio avec celles des gravures espagnoles comme celle du portrait de Francisco de la Peña, pense que le déménagement en Espagne peut s'expliquer par la conversion de Droeshout au catholicisme, qui lui aurait permis d'obtenir — en partie pour son éloignement d'avec une origine néerlandaise semble-t-il mal perçue en Espagne — de la cour de Philippe IV la couverture chalcographique de Novissimus librorum prohibitorum et expurgandorum index (Madrid, 1640), avec une allégorie du Tribunal de l'Inquisition[13].

Aucun document concernant Droeshout postérieur à 1640 n'est connu. L'artiste n'est pas mentionné dans le testament de son frère (1651), ce qui peut indiquer que Martin était déjà mort à cette date, ou que les liens entre lui et sa famille se sont tendus en raison de sa conversion au catholicisme.

Œuvre

Notes et références

Annexes

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