Martin Fabiani

From Wikipedia, the free encyclopedia

Naissance
Décès
Nationalité
Martin Fabiani
Martin Fabiani (à gauche) et l'entraineur de chevaux Jean Sens (années 1960).
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activités
Autres informations
Propriétaire de
Beach at Cabasson (Baigne-Cul) (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Personnes liées
Ambroise Vollard, Étienne Bignou, Roger Louis Adolphe Dequoy (d), Bruno LohseVoir et modifier les données sur Wikidata

Martin Fabiani (1899-1989) est un marchand d'art et un éleveur de chevaux français.

D'origine corse, fils d'un père huissier, et descendant semble-t-il du comte Simon Fabiani[1], Martin Fabiani, connaît, selon ses dires, une jeunesse aventureuse, moitié élève-officier au fort de Vincennes et étudiant en Sciences politiques ; résidant boulevard Saint-Germain, il connait le monde de la nuit, au cœur des Années folles. Au cours de ses « études », il se lie d'amitié avec le fils du galeriste Georges Bernheim, rencontre les peintres Claude Monet et Kiesling, et commence à faire du courtage en tableaux, entre autres pour Paul Guillaume[2].

Il fait ensuite ses débuts dans le milieu des courses de chevaux ; familier de Deauville au début des années 1930[3] et vivant avec une riche héritière, Adrienne Delebart, veuve du banquier Georges Delebart (1858-1930)[4], il se rapproche du marchand d'art Ambroise Vollard dont il devient l'assistant. Après la mort de celui-ci en , il est nommé par Lucien Vollard responsable de la succession, en compagnie de Henri Marie Petiet ; le galeriste Étienne Bignou représente lui les intérêts de la compagne du marchand, Madeleine de Galéa (1874-1956)[5],[4].

Durant l'été 1940, après l'invasion allemande, Fabiani, en compagnie de Kisling[2], quitte Lisbonne à bord du SS Excalibur avec quatre caisses d'œuvres rachetées à Lucien Vollard pour 5 millions de francs[4] ; le navire accoste aux Bermudes où les douanes britanniques, soupçonnant un acte de spoliation  ce qui s'avéra faux [4], placent sous séquestre les dites caisses et les font entreposer à la Galerie nationale du Canada[6].

Après , Fabiani, de retour à Paris, prend une participation dans l'ancienne galerie Wildenstein au 52 rue de la Boétie administrée par Roger Louis Adolphe Dequoy (1893-1953), puis rachète en le fonds de la galerie d'art d'André Weil, au 26 avenue Matignon[5] ; Fabiani est qualifié d'expert auprès l'hôtel Drouot et aux douanes, au même titre que le galeriste André Schœller[7]. La galerie édite entre autres Dessins tirés des œuvres de Buffon par Pablo Picasso (31 eaux-fortes, 1942), gravures portant le filigrane de la maison Vollard, Henri Matisse. Dessins, thèmes et variations[8] avec une préface, « Matisse-en-France », signée Louis Aragon (portfolio de lithographies, ), et Pasiphaé. Chante de Minos (Les crétois)[9] de Henry de Montherlant, illustré de gravures originales de Matisse (1944). De cette époque date deux portraits figurant Fabiani, par Matisse (dessin, 1942) et Picasso (crayon sur papier, 1943).

Son niveau de vie durant la guerre est très élevé : achat d'un haras en 1942, grand appartement avenue des Champs-Elysées, client du casino de Monte-Carlo[4].

Surveillé de près depuis fin 1944 par les services de police, Fabiani est inculpé le par le juge Frapier[4], puis il part à Londres organiser une exposition et revient ; le , il est arrêté pour « prévention de commerce avec l'ennemi et délit de recel », à la suite d'une plainte des frères Paul et Pierre Wertheimer : selon Le Figaro, Fabiani aurait racheté des œuvres d'art confiées par ceux-ci à la garde d'un certain Jacques E[h]rlich. La défense du marchand est assurée entre autres par René Floriot[10]. Le , E[h]rlich et Fabiani sont remis en liberté provisoire. Le , Fabiani est condamné par les Comités de confiscations de profits illicites du département de la Seine à une amende pour irrégularités fiscales de 136 millions de francs ; d'autre part, 36 millions lui sont directement prélevés[11]. Le non-lieu est rendu le suivant ; par ailleurs, Fabiani fut également « inculpé d’atteinte à la Sûreté extérieure de l’État en même temps que Gérard Raphaël (Belge), Rosner Ignacy, Rochlitz Gustave, Dequoy Roger et Dutey Jean-Paul ». La procédure instruite par le juge Frapier a fait l’objet d’une décision de classement en date du au sujet de l’indignité nationale. Quant à l'amende, Fabiani fait appel et parvient à la ramener à 3,658 millions pour 7,316 millions au titre des confiscations. Au , elle n'était toujours pas payée[4].

Le , les caisses de la collection Vollard entreposées au Canada sont ramenées en France par Fabiani qui récupère 75 % des lots, et le galeriste Édouard Jonas, représentant Jeanne et Léontine Vollard, obtient lui, 25 %. Plus tard, Jonas accuse Fabiani d'avoir écarté des aquarelles de Paul Cézanne de l'inventaire, ce que ce dernier réfute. Il faudra attendre pour que l'institution canadienne reconnaisse avoir conservé en sa possession au moins une aquarelle, Groupe d'arbres, estimée alors à près de 20 millions de dollars[6],[12].

En 1976, Fabiani, qui continue à élever des chevaux[13], publie chez Julliard son autobiographie, Quand j'étais marchand de tableaux[2].

Postérité

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI